RDC : l'UNICEF et ses partenaires au secours de 6000 personnes déplacées, dans le sud de l'Ituri

Publié le 13 février 2006 | Modifié le 31 mars 2016

Plus de 6000 personnes ont fui les combats et la violence dans le sud Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), se rendant ainsi totalement dépendants de l’aide internationale. Alertés par le contingent pakistanais de la mission des Nations unies au Congo (MONUC), l’UNICEF et ses partenaires ont mis en place un convoi pour venir en aide aux populations touchées.

Bien que la sécurité dans l’Ituri se soit améliorée ces derniers mois, les opérations militaires entre les forces armées gouvernementales et les milices dans le sud de la région ont conduit à de massifs déplacements de population. De récents affrontements et des incendies perpétrés par les milices ont conduit les habitants à fuir de chez eux et à chercher refuge près du village d’Aveba, 70 kilomètres au sud de Bunia, la capitale régionale. Les troupes pakistanaises de la MONUC ont une base à Aveba : plus de 6000 personnes ont trouvé refuge près de ce camp.

Le conflit isole complètement le village d’Aveba et ses environs du reste du monde : l’endroit est inaccessible, hormis par hélicoptère ou bien par la route avec la protection d’un escorte de la MONUC. Lundi 6 février, l’UNICEF a participé avec ses partenaires à une mission d’assistance par hélicoptère jusqu’à Aveba. Vue du ciel, Aveba comptait effectivement plusieurs maisons incendiées, ce qui confirmait les témoignages de la plupart des personnes déplacées ayant fui leur domicile. Parmi ces personnes, certaines vivent à présent dans des maisons encore intactes, dans une église, mais beaucoup d’entre elles n’ont plus de toit et se mettent à l’abri sous les arbres, sans aucune protection contre le soleil et la pluie. Parmi elles, l’écrasante majorité est composée de femmes et d’enfants. Comme l’a déclaré Massimo Nicoletti Altimari, le chef du bureau de liaison de l’Unicef à Bunia : « La situation est inquiétante et le peu de nourriture disponible disparaît rapidement. Se déplacer au-delà d’un rayon de 3 kilomètres est dangereux pour la population d’Aveba, ce qui lui interdit d’aller jusqu’à ses fermes ».

48 heures après la mission d’assistance, un convoi de quatre camions transportant des secours quittait Bunia pour rejoindre Aveba, avec une importante escorte armée composée des forces pakistanaises et sud-africaines de la MONUC. Les camions transportaient 40 tonnes de nourriture fournies par le PAM ainsi que des biscuits nourrissants BP5 pour enfants, du matériel de cuisine et des bâches en plastique fournis par l’UNICEF. En un jour, l’Unicef et son partenaire, l’ONG italienne CESVI, après avoir franchi la zone de combat, étaient capables de distribuer les premiers secours à 900 familles, soit environ 5 400 personnes. L’aide devrait permettre la survie des personnes déplacées pour environ un mois.

Dans les semaines à venir, l’Unicef s’attend à ce que davantage de gens arrivent à Aveba depuis Tchei et d’autres villages voisins. La pression sur l’aide sociale et sur la santé risque de s’intensifier. Massimo Nicoletti Altimari insiste : « Les opérations de secours doivent se poursuivre dans les prochaines semaines pour éviter le désastre. La population a déjà souffert trop et trop longtemps ».

Rappelons en effet que malgré les accord de paix de 2003, la violence perdure dans le pays, particulièrement dans l’est. Cette instabilité fragilise la société. On peut citer quelques illustrations concernant l’année 2005 :

  • 46% seulement de la population a accès à l’eau potable (83% dans les villes et 29% dans les zones rurales),
  • près de la moitié des décès des enfants de moins de 5 ans est due à la malnutrition,
  • le taux de mortalité maternelle est de 1 300 pour 100 000 naissances vivantes,
  • le taux de prévalence du VIH est de 4,5%,
  • 20 000 enfants sont associés à des forces et des groupes armés.

 

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