République centrafricaine : les taux de malnutrition infantile grimpent en flèche alors que la violence fait rage

Publié le 13 mars 2021

UNICEF et le PAM préviennent que plus d'un district sanitaire sur trois dans le pays est désormais en état d'alerte pour une crise de malnutrition infantile en raison des récentes violences.

Bangui, le 12 mars 2021 – Au moins 24 000 enfants de moins de cinq ans répartis dans 14(1) des 35 districts sanitaires de la République centrafricaine (RCA) sont à risque de malnutrition aiguë sévère suite à la récente flambée de violence dans le pays, ont annoncé aujourd'hui UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM) . Sur ces 14 districts, qui sont désormais en état d'alerte(2) pour une crise de malnutrition infantile, six(3) ne disposent actuellement d'aucune ressource ou capacité pour répondre aux besoins aigus des enfants.

Les deux agences des Nations unies ont également noté que la violence et l'insécurité exacerbent les déplacements de population, entravent l'accès humanitaire et provoquent une hausse des prix des denrées alimentaires.

Cela s'ajoute à l'impact négatif que la pandémie de COVID-19 continue d'avoir sur la sécurité nutritionnelle des enfants dans le pays. Cette année, on estime qu’au moins 62 000 enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë sévère, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2020.

Agir pour éviter le pire

« La situation est extrêmement préoccupante », a déclaré le représentant d'UNICEF en RCA, Fran Equiza. « Sans un accès urgent aux soins dont ils ont besoin, les enfants souffrant de malnutrition sévère sont en danger de mort imminent. Nous devons être en mesure d'atteindre en toute sécurité et dès que possible tous les enfants dans le besoin, en particulier dans les zones les plus touchées par les récentes violences, où les familles ont été forcées de fuir et où l'accès à la nourriture est insuffisant. »

« La détérioration de la situation nutritionnelle est une conséquence des récentes violences post-électorales et nécessite une réponse immédiate et adéquate pour sauver des vies et éviter une catastrophe », a déclaré Peter Schaller, directeur du PAM en RCA.

« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et regarder cette catastrophe se dérouler sous nos yeux. Nous devons pouvoir accéder en toute sécurité à ces enfants, ces jeunes filles et ces femmes pour éviter le pire », a ajouté Peter Schaller.

Malgré l'insécurité croissante, les équipes d'UNICEF et du PAM sur le terrain intensifient leurs efforts pour atteindre les enfants et les mères les plus vulnérables, en prépositionnant des fournitures nutritionnelles pour s'assurer qu'il n'y a pas d'interruption dans la livraison de l'aide, ainsi qu'en déployant des cliniques mobiles pour apporter un soutien sanitaire et nutritionnel aux communautés éloignées et déplacées.

Agir malgré l'insécurité grandissante

« Nous renouvelons notre appel à toutes les parties au conflit pour permettre à UNICEF et à ses partenaires d'accéder en toute sécurité et sans entrave aux enfants les plus vulnérables », a ajouté Fran Equiza.

En 2021, UNICEF a besoin de 15,2 millions(4) de dollars US pour intensifier sa réponse nutritionnelle et fournir des soins essentiels à près de 50 000 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition sévère, ainsi qu’atteindre plus de 800 000 femmes et enfants avec des mesures visant à lutter contre la malnutrition aiguë et chronique, y compris des conseils en matière d'alimentation et une supplémentation en vitamine A.

À ce jour, les programmes restent gravement sous-financés, avec seulement 30 % des besoins - 4 500 868 dollars US - couverts depuis le début de l'année.

Le PAM poursuivra la prévention et le traitement de la malnutrition aiguë modérée chez les enfants âgés de 6 à 59 mois, ainsi que chez les femmes enceintes et allaitantes. Cependant, l'organisation est confrontée à un sérieux manque de financement et a besoin de 9 millions de dollars US pour sa réponse nutritionnelle jusqu'en décembre 2021.

  1. Baboua-Abba, Bouar-Baoro, Gamboula, Sangha Mbaéré, Batangafo, Bossangoa, Ngaoundaye, Nanga-Boguila, Kémo, Kouango-Grimari, Nana Gribizi, Haute Kotto, Bangassou et Ouango-Gambo ;
  2. Un district sanitaire est "en alerte" lorsque l'un des indicateurs de malnutrition déterminés par le système de surveillance nutritionnelle et d'alerte précoce (SNAP) est supérieur au seuil, ou si l'un des indicateurs nutritionnels est supérieur au seuil avec la présence de facteurs aggravants. Ces alertes doivent être vérifiées par une enquête rapide SMART ;
  3. Sangha-Mbaéré, Gambo, Baboua, Batangafo, Hautte Kotto, Bossangoa ;
  4. Le rapport « Action humanitaire pour les enfants » (HAC) 2021 ;