République Démocratique du Congo : l'Unicef mobilisé auprès des déplacés

Publié le 29 octobre 2008 | Modifié le 31 mars 2016

Il y avait entre 7 et 8 000 personnes déplacées dans les camps de Kibati en-dehors de Goma. En trois jours, leur nombre a grimpé à 50 000. Malnutrition, choléra, rougeole menacent les plus vulnérables, en premier lieu les enfants. Certaines familles, déjà déplacées, fuient pour la deuxième fois.

Malnutrition, choléra, rougeole menacent les plus vulnérables, en premier lieu les enfants. Certaines familles, déjà déplacées, fuient pour la deuxième fois.

Les lourds combats au Nord Kivu, en République Démocratique du Congo, se sont intensifiés ces derniers jours, provoquant le déplacement de dizaines de milliers de personnes vers Goma, la capitale de la province. La plupart des combats se sont concentrés autour de la ville de Kibumba dans le territoire de Rutshuru, d’où près de 40 000 personnes (la plupart déjà déplacées) ont fui vers le nord en direction de Kanyabayonga. D’autres ont fui de la ville de Rutshuru et des villages alentour vers la frontière ougandaise. 

"Une question de vie ou de mort pour les enfants et leurs familles"

La ville de Kibumba elle-même était le lieu de résidence d’environ 17 000 personnes déplacées qui vivaient dans des camps de fortune. Toutes ont été déplacées une fois de plus. Pour Julien Harneis, responsable de l’Unicef dans l’est de la RDC : « Les conséquences de ces déplacements répétés sont dévastatrices pour les femmes et les enfants. Dans de telles conditions, le risque d’épidémies de choléra et de rougeole s’intensifie et le nombre de cas de malnutrition des enfants menace de grimper. Si aucun répit ne survient dans les combats et les déplacements, ce sera une question de vie ou de mort pour les enfants et leur familles ».

Pour lutter contre le risque de choléra et de maladies dues au manque d'hygiène et d'eau potable, "Nous sommes dans l'attente d'un lot de matériels d'assainissement et de traitement d'eau, ainsi que de moto-pompes envoyé par l'Unicef-Rwanda", indique Jaya Murthy, chargé de communication du bureau Unicef de Goma.

L'aide aux déplacés, en particulier à ceux qui se trouvent dans la localité de Kabati, à 15 km de Goma, est aussi alimentaire : "Le PAM (Programme alimentaire mondial) nous a fourni des biscuits que nous acheminons aujourd'hui à Kibati avec nos médicaments pour distribuer à environ 24 000 déplacés, poursuit Jaya Murthy. Mais les biscuits que nous distribuons ne serviront que 6 000 enfants alors qu'il y a dans les camps, églises et écoles 40 à 50 000 déplacés regroupés à Goma et Kibati".

L’Unicef a positionné des stocks de matériel domestique et des secours tels que des couvertures et des bâches plastique dans l’est du pays : les partenaires de l’Unicef, Solidarités et International Rescue Committee, espèrent les distribuer dès que les familles auront pu s’installer dans un endroit sécurisé.

Au moment des combats, compte tenu de l'insécurité, l’Unicef a dû interrompre l'assistance humanitaire aux personnes déplacées dans les camps de Kibati. Jusqu'à présent, des camions citernes approvisionnaient la population en eau potable grâce à un partenariat avec Mercy Corps. Des latrines supplémentaires ont été installées dans le camps et en dehors pour faire face à l’augmentation du nombre de personnes. En partenariat avec Save the Children GB, l’Unicef travaillait aussi à l’identification des enfants séparés afin qu’ils soient placés dans des familles d’accueil jusqu’à ce que leurs parents soient retrouvés. Depuis début octobre, et avant le regain de violence actuel, 193 enfants séparés avaient été identifiés, dont 46 avaient pu être reconduits jusqu’à leur famille. 

L’Unicef rappelle que tous les groupes armés et acteurs du conflit ont le devoir de respecter les droits de l’enfant et de s’assurer que tous les enfants ont accès à la protection de leur famille, aux soins de santé et à l’éducation.

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