Roms et privés d’école ?

Publié le 26 janvier 2010 | Modifié le 22 décembre 2015

En France, plusieurs milliers d’enfants roms ne sont aujourd’hui pas inscrits à l’école. Un collectif milite pour le droit à l’éducation de ces jeunes. Le point sur cette mobilisation avec le président de ce collectif, Michel Fèvre.

Qu’attendez-vous de la part des autorités? Une loi ?

Ce qu’on espère, c’est simplement l’application de la  loi qui existe déjà. Tous les enfants doivent pouvoir être inscrits à l’école. Y compris les enfants roms.
Il n’y aucune raison pour que ces enfants n’entrent pas dans les écoles.  Nous pouvons trouver des solutions ensemble. Le pire pour eux, c’est quand il n’y a rien, aucune solution, même provisoire. 

Combien sont-ils à ne pas aller à l’école ?

Aujourd’hui en France,  on estime que  4 000 à 5000 enfants roms sont ainsi en dehors des écoles - entre ceux qui ne sont pas scolarisés du tout et ceux qui abandonnent. Nous pensons qu’il leur faut une scolarisation, un accueil au périscolaire et dans les centres de loisirs, comme pour tous les autres enfants. Il ne faut pas les exclure sous prétexte qu’ils n’ont pas la même culture. Nous voulons arriver à convaincre que le droit ne se divise pas !

Quelles réponses obtenez-vous?

ll y a beaucoup de flou autour de ce sujet de la part des autorités. C’est incroyable d’entendre, comme en 2009, dans un ministère de l’Education : « Est-ce qu’ils ont vraiment envie d’aller à l’école?». Nous espérons que le discours va changer.

Il vous faut donc combattre des idées reçues ?

Les roms ont envie que leurs gamins aillent à l’école ! Ils sont sédentarisés, on n’a pas une juste image d’eux. Les familles sont volontaires, en général.  Parfois, les problèmes pour la scolarisation des enfants viennent de leurs conditions de vie : s’ils n’ont pas l’eau potable chez eux, ils ne peuvent pas se laver et leurs camarades se moquent d’eux.

Dans d’autres familles, la scolarisation peut être compliquée car les enfants donnent des coups de main pour gagner de l’argent… Le pire, c’est quand tout ce travail pour la scolarisation a été fait et que la famille est finalement expulsée…Ensuite, la famille revient en France, en général dans une autre zone, et il faut de nombreuses semaines avant que l’enfant puisse retrouver les bancs de l’école. Après ce type d’événements, ces jeunes sont en rupture, en dehors des dispositifs. Ils n’ont pas accès à l’aide sociale à l’enfance. Certains risquent d'être attirés dans des  circuits déliquants, parce qu'ils n'auront pas été protégés assez tôt !  Il y a du boulot pour briser les idées reçues mais on va y arriver. Il est possible de faire avancer tout ça.

Quelles difficultés pressentez-vous pour la scolarisation des ces enfants ?

Si l’on craint l’absentéisme de ces jeunes, il est important de rappeler qu’il est possible de travailler avec leurs familles comme nous le faisons avec d’autres jeunes et leurs familles. Une fois que la scolarité est mise en place, nous avons une légitimité auprès des familles.

 

En savoir plus

Les membres du collectif

AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville) – ATD Quart Monde – CGT Educ’Action – CLIVE (Centre de Liaison et d'Information Voyage-Ecole) – DEI-France (Défense des Enfants International) – FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) – FERC-CGT (Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture) – ICEM-Pédagogie Freinet (Institut Coopératif d’Ecole Moderne) – Imediat – Intermèdes – Ligue de l’enseignement – RESF (Réseau Education Sans Frontière) – Sud Education – SNUipp-FSU – Solidarité Laïque
Et les membres du Collectif National Droits de l’Homme Romeurope : ABCR (Association Biterroise Contre le Racisme) – ALPIL (Action pour l’insertion
sociale par le logement) – AMPIL (Action Méditerranéenne Pour l’Insertion sociale par le Logement) – ASAV (Association pour l’accueil des voyageurs) – ASET (Aide à la scolarisation des enfants tsiganes) – ASFR (Association de Solidarité avec les Familles Roumaines) – CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués) – CLASSES (Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien des Enfants des Squat) – CAM (Comité d’Aide Médicale) – FNASAT-Gens du voyage – CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) – Hors la Rue – LDH (Ligue des Droits de l’Homme) – Liens Tsiganes – MDM (Médecins du Monde) – MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) – Mouvement catholique des gens du voyage – PARADA – PROCOM – Rencontres tsiganes – RomActions – Réseau de solidarité avec les Rroms de St Etienne – Romeurope Val-de-Marne – Secours catholique – SICHEM (Service de Coopération Humanitaire pour les Etrangers et les Migrants) – Une famille un toit 44 – URAVIF (Union régionale des associations voyageurs d’Ile-de-France) ...

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