Rosemary, 17 ans : « Après ma grossesse, je n’avais qu’une envie, retrouver les bancs de l’école »

Publié le 01 juin 2021

En raison de la pandémie de Covid-19 et des fermetures des écoles au Malawi, des jeunes filles se sont retrouvées victimes de mariages et de grossesses précoces. Grâce à un programme d’UNICEF, Rosemary a pu retrouver les bancs de l’école. Elle raconte son histoire.

En mars 2020, les écoles du Malawi ont fermé pendant six mois en raison de la Covid-19 et cela a eu un impact direct sur les jeunes filles. Rosemary, 17 ans, fait partie des 12 995 adolescentes qui sont tombées enceintes pendant la fermeture des écoles en 2020. Au total, 44 874 filles ont été contraintes de se marier.
« Ma mère ne pouvait pas subvenir aux besoins de toute la famille, alors je me suis mise en couple avec un homme âgé de 22 ans qui venait de rentrer d’Afrique du Sud, et puis je suis tombée enceinte. J'étais dévastée. Je ne voulais pas devenir mère si jeune.  Ma grossesse venait perturber mon rêve de devenir infirmière », se confie la jeune fille. Au cours de son deuxième mois, Rosemary fait une fausse couche.
Au sein de l’école de Rosemary, à Mangochi, une ville du sud du Malawi, Makumba travaille au sein du comité de l’école avec un groupe de mères pour soutenir les jeunes filles ayant abandonné les cours et les convaincre d’y retourner. Ce comité a soutenu Rosemary tout au long de sa grossesse et a continué à lui rendre visite régulièrement malgré la fermeture de l’école.
 « J'avais désespérément besoin de retourner en classe. Lorsque Mme Makumba m'a rendu visite et m'a demandé si je souhaitais retourner à l'école, j'ai directement voulu saisir cette chance », explique-t-elle.

La Covid-19 menace les droits des filles

L’histoire de Rosemary n’est pas isolée. Au Malawi, près de la moitié des filles se marient avant leur 18ème anniversaire et un tiers des filles tombe enceinte avant l’âge de 19 ans.
Les fermetures des écoles, les insécurités économiques, la perturbation des services, l’augmentation de la pauvreté accroît les risques de mariage pour les filles les plus vulnérables. Selon nos estimations, 10 millions de filles supplémentaires dans le monde risquent d’être mariées durant leur enfance à cause de la Covid-19, menaçant d’anéantir des années de progrès.

L’action d’UNICEF dans la lutte contre les mariages précoces

Le suivi de mentorat dispensé par le comité fait partie du programme conjoint des Nations Unies sur l'éducation des filles. UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’UNFPA (l’agence directrice des Nations Unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive) mettent en œuvre le programme au Malawi à Mangochi mais aussi dans la région centrale du pays à Dedza et à Salima pour améliorer l’accès des filles à l’éducation et lutter contre les violences sexuelles et les pratiques néfastes qui obligent les filles à abandonner l’école.

Depuis le début de la pandémie, 6 millions d’adolescents dans 45 pays ont bénéficié d’interventions de prévention et de prise en charge en lien avec le mariage des enfants grâce à des programmes conjoints avec l’UNFPA.

UNICEF continue d’agir au quotidien pour que les droits des filles soient respectés, où qu'elles soient. Aucune fille ne devrait voir son enfance être volée par un mariage précoce ou une grossesse non désirée. Parce que chaque enfant mérite une enfance, nous n’abandonnerons jamais.

Depuis le début de la pandémie, 6 millions d’adolescents dans 45 pays ont bénéficié d’interventions de prévention et de prise en charge en lien avec le mariage des enfants.