Sahel : agir dès maintenant pour éviter une tragédie et briser le cycle de la malnutrition

Publié le 06 avril 2012 | Modifié le 19 avril 2016

Paris, 6 avril 2012 – Alors que la malnutrition atteint des niveaux d’urgence dans toute la région du Sahel, menaçant la vie de plus d’un million d’enfants, l’Unicef appelle à une mobilisation immédiate pour éviter le pire. En déplacement dans l’ouest du Tchad, Anthony Lake, directeur général de l’Unicef, demande que redouble d’efforts maintenant pour mettre fin à la crise.

« Dans une région toujours fragile, les familles et les enfants ont été affaiblis par les sécheresses de 2005 et 2010. De mauvaises récoltes, la hausse des prix alimentaires et les déplacements de population liés à l’insécurité dans plusieurs pays ont fait basculer la région dans la crise », a déclaré Anthony Lake au cours de sa visite. Le coup d’Etat et la rébellion au Mali ont provoqué le déplacement de 200 000 personnes à l’intérieur du pays, ainsi qu’au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie. Ces personnes déplacées s’ajoutent aux populations nécessitant une aide d’urgence.

Dans les huit pays du Sahel affectés, quelque 15 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. L’Unicef a renforcé ses équipes et mis en place des centaines de centres de récupération nutritionnelle. Depuis le mois de janvier, la malnutrition aiguë sévère ne cesse de
progresser : des dizaines de milliers d'enfants ont déjà été soignés, et ils sont de plus en plus
nombreux à être admis chaque jour dans nos centres, alors que la période de soudure ne fait que
commencer.

Au Tchad, l’Unicef, en lien avec le Ministère de la Santé, a permis l’ouverture de 261 centres de
récupération nutritionnelle et prévoit d’en doubler encore le nombre au cours des deux prochains mois. Au Burkina Faso, l’Unicef s’appuie sur un réseau de 17 000 travailleurs communautaires formés à la prévention et à la détection de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans directement dans les villages. Dans ce pays, 100 000 enfants sont menacés de malnutrition aiguë sévère et 400 000 de malnutrition aiguë modérée.

L'aide alimentaire traditionnelle et les céréales ne suffisent pas à sauver les vies de ces enfants. Il faut des produits spécifiques pour les soigner. Grâce à l’Unicef, des produits thérapeutiques prêts à l’emploi sont disponibles pour les 6 premiers mois de l’année. Mais il faut dès maintenant réunir les financements pour assurer la continuité des soins jusqu’à la fin de l’année. « Nous savons ce qu’il faut faire pour sauver la vie de ces enfants. 75 euros suffisent pour traiter et sauver un enfant qui souffre de malnutrition aigue sévère », a déclaré David Gressly lors d’une conférence en ligne hier.

L’alerte a été donnée dès le mois de décembre 2011, mais la réponse n’est toujours pas à la hauteur des besoins. L’Unicef n’a pour l’heure reçu qu’environ la moitié des 90 millions d’euros nécessaires pour aider les enfants et les femmes de cette région. Cette semaine, l’Unicef a lancé une campagne d’alerte internationale dans les médias et sur les réseaux sociaux pour sensibiliser le public à l’intervention d’urgence et faire agir les gouvernements en faveur des enfants au Sahel. L’Unicef France lance un appel à la générosité pour financer le déploiement de ses interventions.

En savoir plus

Un million d'enfants en danger de mort

 

Pour revoir la conférence en ligne, cliquez ici.

 

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