Sahel : sauvons 1,2 million d’enfants de la malnutrition !

Publié le 18 juillet 2013 | Modifié le 31 mars 2016

Grâce à vos dons l’année dernière, plus de 900 000 enfants malnutris ont pu être sauvés au Sahel. Et le travail de fond pour aider les familles à mieux faire face aux crises nutritionnelles a pu continuer. Mais le contexte reste difficile, et aujourd’hui, 1,2 million d’enfants sont à nouveau menacés. « Si on arrête maintenant notre soutien, les efforts investis ne serviront pas le changement » explique Patricia Hoorelbeke, spécialiste nutrition UNICEF pour la région Afrique Centre et Ouest…

L’année dernière, une crise nutritionnelle au Sahel menaçait plus d’1 million d’enfants. Quelle est la situation aujourd’hui ?

 
Patricia Hoorelbeke : Malheureusement, on estime à nouveau qu’1,2 million d’enfants risquent de souffrir de malnutrition aigüe sévère en 2013. Les admissions dans les centres de santé sont déjà en hausse, nous sommes vraiment inquiets. Mais les donateurs ne doivent pas se dire « tout ça n’a servi à rien », bien au contraire. L’année dernière, plus de 900 000 enfants ont pu être sauvés grâce à leur générosité et désormais, deux fois plus de centres de santé peuvent prendre en charge les enfants malnutris par rapport à fin 2011 ! Et « crise » ou pas, il ne faut pas lâcher ; tous les efforts paient même si cela prend du temps.
 

Quelles sont les raisons de cette crise nutritionnelle ?

 
Pour de nombreuses familles au Sahel, le quotidien est toute l’année très difficile du fait de la pauvreté, de l'environnement rude, et du faible accès aux services tels que la santé, l'eau, l'assainissement et l'éducation - autant de raisons qui sont à la cause de la malnutrition.
S’ajoute à cela qu’en ce moment, ces familles ont du mal à s’approvisionner. En cause notamment, certaines mauvaises productions agricoles, mais surtout les problèmes d’insécurité dans la région, notamment au Mali et au Nigéria. Par exemple, beaucoup de Nigériens qui avaient l’habitude d’aller travailler dans le nord du Nigéria pour compléter les revenus de leur famille ne s'y sont pas rendus cette année… Et une partie des marchandises qui proviennent normalement des pays d’Afrique du Nord ne peuvent plus transiter par le Mali à cause du conflit. Résultat : moins de denrées disponibles, et des prix en hausse !
 

Les dons permettent-ils de prévenir les crises à venir ?

 
Ils y participent oui : au-delà de la prise en charge de la malnutrition, l’UNICEF travaille à renforcer la « résilience » à tous les niveaux, c'est-à-dire la capacité d’une famille, d’une communauté, d’un pays, à s’adapter pour mieux résister aux chocs. On pense souvent « sécheresse » en cas de crise nutritionnelle, mais aujourd’hui, le niveau de pauvreté est tel qu’un seul petit « choc » (augmentation des prix, paludisme, problèmes d’eau, etc.) provoque des situations de crise et peut tout faire basculer… Et entre les situations de conflit, le changement climatique et la crise mondiale des prix, le contexte ne va pas aller en se stabilisant. C’est pourquoi il faut s’adapter pour faire face.
 

Comment renforce-t-on la "résilience" ?

 
A l’échelle des familles et des communautés, l’UNICEF et ses partenaires font de la prévention et de la sensibilisation : allaitement, alimentation de l’enfant suivant son âge, gestes d’hygiène, prévention des maladies liées à l’eau… A l’échelle du pays, nous menons des campagnes de vaccination pour protéger les enfants des maladies qui souvent, ajoutées à un problème d’alimentation, font tomber les tout-petits dans la malnutrition. Nous travaillons également avec nos partenaires (FAO, ONG) à rendre les aliments disponibles, notamment en encourageant la production locale d’aliments adaptés. Par ailleurs, nous travaillons avec le gouvernement pour renforcer le système de santé, et le rendre plus équitable - trop de soins sont encore inabordables pour les familles.
 

Voit-on déjà des résultats positifs de ces actions "long-terme" ?

 
Et bien pour commencer, nous n’avons pas seulement sauvé la vie de 900 000 enfants en 2012 ; nous avons aussi protégé leurs cerveaux ! La malnutrition a un impact sur le développement cognitif ; ces enfants peuvent désormais devenir des adultes qui seront allés à l’école, pourront participer pleinement à la vie active… Nous avons ainsi protégé la génération de demain qui portera le développement du pays ! Par ailleurs nous avons renforcé 6000 centres de santé, qui sont désormais capables d’identifier les enfants malnutris et apporter les traitements adéquats.
 
Cela étant dit, il est trop tôt encore pour voir un résultat sur les enquêtes nationales. Mais cela va venir ! Les familles s’investissent beaucoup pour tenir bon et s’adapter ; si nous arrêtons maintenant notre soutien, nous risquons de perdre les efforts investis ces dernières années. Si nous continuons en revanche, nous pourrons espérer sortir du cercle vicieux des crises nutritionnelles.

En savoir plus

Besoin de 106 millions €

 
Pour répondre aux besoins des enfants des pays du Sahel affectés par la crise humanitaire, l’UNICEF a lancé un appel de fonds de 208 millions €, pourvu à ce jour à 56% seulement.
Merci de soutenir nos actions !

L’UNICEF France a débloqué 400 000€ de son fonds d’urgence pour le Sahel depuis début 2013.

A lire aussi :
Bilan des actions au Sahel en 2012

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