Se raccrocher à sa vie d’enfant

Publié le 29 juillet 2016 | Modifié le 19 septembre 2017

Samira a 12 ans. Elle fait partie des 1,2 million de réfugiés et migrants ayant fui leur pays pour échapper aux dangers. Grâce à vos dons, l’UNICEF tente de lui redonner un semblant de normalité dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Par Aleksandar Dimishkovski, consultant pour l’UNICEF en Ex-République yougoslave de Macédoine. Extraits

‘Quand j’ai rencontré Samira Azizi pour la première fois, elle était folle de joie de retrouver sa mère avec un bébé, une petite fille de trois jours –  dernier membre de la famille Azizi et nouvelle sœur de Samira. Sa mère venait tout juste de rentrer au Centre de transit pour réfugiés et migrants de Tabanovce, quatre jours seulement après avoir donné naissance à son cinquième enfant dans un hôpital voisin, à Kumanovo.

Cette pétulante fille afghane de 12 ans, qui fait partie des centaines de milliers d’enfants et de familles migrants, a immédiatement pris le bébé dans ses bras et a l’a présenté à tous ses amis de Tabanovce.

Samira et ses frères et sœurs ont passé les quatre dernières journées dans un espace ami des enfants soutenu par l’UNICEF, pendant que leur mère se trouvait à l’hôpital. Bien qu’ils aient été sous la garde provisoire du personnel du centre de transit, Samira s’est occupée de son jeune frère et de sa jeune sœur.

Depuis le début 2015, environ 1,2 million de réfugiés et de migrants fuyant la guerre, les violences et l’instabilité en Syrie, en Afghanistan, en Irak et dans de nombreux autres pays ont franchi la Méditerranée pour chercher la sécurité en Europe. Beaucoup d’entre eux sont des femmes et des enfants qui ont entrepris la périlleuse traversée de la mer pour passer de la Turquie à la Grèce avant de se rendre dans l’Ex-République yougoslave de Macédoine en direction de l’Europe du Nord et l’Europe de l’Ouest.

Une odyssée qui va du danger à l’incertitude

Assise sur l’un des toboggans de la cour de récréation du centre de transit, Samira raconte son histoire.
« Nous nous sommes enfuis d’Afghanistan parce que, là-bas, ce n’est pas sûr. Autour de nous, tout était en train d’être détruit et c’était vraiment angoissant. Nous sommes allés en Iran mais ce n’était pas mieux. Alors nous avons décidé de nous rendre en Europe pour trouver un endroit meilleur, un endroit plus sûr », dit Samira.

Sur son chemin, sa famille a rencontré de nombreuses difficultés dont elle se souvient parfaitement. Mais le plus terrifiant a été de traverser la mer Égée où tous ont failli se noyer.

« Nous avons été sauvés de la noyade par la police turque. »

En février, après quelques semaines de périple, ils ont finalement atteint la Grèce et sont passés en Ex-République yougoslave de Macédoine.

Rétablir un sentiment de normalité

Pour abriter les centaines de réfugiés et de migrants immobilisés comme Samira, le centre de transit de Tabanovce a dû devenir un site d’hébergement du jour au lendemain. L’UNICEF a également dû adapter son intervention pour y inclure une éducation non formelle.

Chaque jour, les enfants peuvent participer à tout un éventail d’activités de loisirs, d’ateliers pratiques, de cours de langues et de rattrapage scolaire organisés par l’UNICEF et ses partenaires. Depuis qu’elle réside à Tabanovce, Samira se rend chaque jour à l’espace ami des enfants et a saisi toutes les chances pour étudier. Qu’il s’agisse des cours d’arabe, d’anglais, de macédonien ou de musique, Samira fait tous les efforts possibles pour ne pas les manquer.

Ce qui lui manque le plus de chez elle est son école. Samira a effectué quatre années d’études primaires en Afghanistan et une partie d’une année scolaire en Iran. Participer à des activités et des programmes réguliers à l’espace ami des enfants de Tabanovce lui a donné un sentiment de normalité.

« J’ai déjà appris l’alphabet macédonien », dit-elle fièrement.

L’espoir d’un avenir meilleur

L’UNICEF et ses partenaires font en sorte que les enfants du centre de réception pour réfugiés et migrants de Tabanovce puissent toujours vivre une partie de leur enfance.

L’UNICEF et ses partenaires ont été à pied d’œuvre pour restaurer un sentiment de normalité dans le centre grâce à l’éducation non-formelle et à des mesures de protection si essentielles pour des enfants comme Samira. Ces programmes offrent un environnement sûr, chaleureux et stimulant, notamment pour les enfants vulnérables qui ont été confrontés aux épreuves et à l’insécurité.

« Je veux devenir dentiste. C’est pourquoi nous devons poursuivre notre voyage », dit Samira. « Et, après, je veux travailler comme humanitaire. Je veux aller partout où on a besoin d’un médecin [ou d’un dentiste] et aider les gens et les enfants qui sont confrontés à un avenir qui est aujourd’hui notre réalité. »’

L’UNICEF tente de redonner une vie normale aux enfants réfugiés. Grâce à vos dons, des enfants peuvent ainsi envisager un avenir meilleur. Merci !

 

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