Secourir les enfants ivoiriens

Publié le 30 mars 2006 | Modifié le 31 mars 2016

Alors que près de 2,8 millions de dollars ont été pourvus, il manque 13 373 090 dollars pour atteindre la somme que l’Unicef estime nécessaire dans le pays pour 2006. L’appel humanitaire consolidé (Consolidated Appeals Process) 2006 réclamait en effet pour les femmes et les enfants de Côte d’Ivoire 16 164 878 dollars. La somme réclamée par l’Unicef aujourd’hui correspond à la part manquante de ce montant.

Le manque de moyens entraînerait une réduction du périmètre de l’ensemble des actions. Les activités d’accès à l’eau potable, de vaccination, de soins, de prévention du paludisme mais aussi du VIH/sida seraient menacées. La réhabilitation d’écoles et les activités liées à l’éducation en général pourraient être affectées. Et le risque d’enrôlement dans les forces armés pourrait se densifier.

Aujourd’hui, la mortalité infantile augmente, les violations des droits des enfants se banalisent. Pourtant la reprise du processus de paix laisse l’espoir d’un développement des activités humanitaires.

Situation actuelle

La crise politico-militaire actuelle sépare le sud du pays, tenu par le gouvernement, et le nord, tenu par les « forces nouvelles » (FN). Les casques bleus et les soldats français sont déployés largement sur la zone de jonction. Le cessez-le-feu n’est pas complètement respecté. La précarité de la situation met en danger la survie et le bien-être des femmes et des enfants à travers le pays.

Le système de santé a gravement pâti de la crise : il manque en particulier de personnel qualifié. A cela s’ajoutent des défaillance dans la nutrition et dans la surveillance des maladies qui expliquent la hausse de la mortalité infantile. Des cas de méningite ont causé plusieurs décès avant que l’Unicef ne mène une campagne de vaccination ciblée.

L’accès à l’eau potable est réduit en raison de pompes détruites ou endommagées et d’absence de personnel public dans la zone tenue par les FN.

Selon les dernières estimations, 40 000 enfants vivraient avec le VIH/sida en Côte d’Ivoire, chiffre qui risque d’augmenter si la crise se prolonge : le sida en effet se nourrit de la précarité, des violences et du manque d’accès à la santé et à l’éducation.

Le manque de récoltes et de réserves alimentaires, ainsi que les déplacements massifs de populations, ont sérieusement affecté la situation nutritionnelle des femmes et des enfants. On estime que la malnutrition chronique touche plus de 20% des enfants de la zone nord et la malnutrition aiguë (sévère et modérée) 11% d’entre eux.

Le secteur de l’éducation est touché par un déficit de personnel enseignant et par la destruction des infrastructures. Des demandes sont faites pour que les examens puissent avoir lieu.

Le manque de fonctionnaires dans le Nord empêche le fonctionnement de la justice, l’application des droits des femmes et des enfants, en particulier contre le viol, mais ce manque de fonctionnaires affecte aussi l’enregistrement des naissances.

Au mois de janvier, de nouvelles manifestations contre la présence internationale ont eu lieu. Cette situation rend plus difficile les programmes menés sur place, bon nombre d’activités ont été interrompues, du personnel a été rapatrié, et des interventions ont été affaiblies par la difficulté d’accès à certaines parties du pays.

La réponse de l’Unicef en ce début d’année

Malgré la situation, l’Unicef et ses partenaires locaux, nationaux et internationaux, se bat pour l’essentiel : accès à l’eau, soins de santé et éducation. Les activités de protection se concentrent sur la prévention, la démobilisation et la réinsertion.

Education

- Campagnes de rescolarisation « Retour à l’école » récemment conduites dans le nord : assiduité en hausse de 40%, assiduité en hausse également pour l’éducation des filles.
- Dans le nord, les examens devraient être rétablis après deux années d’absence. 93 000 enfants ont été convoqués.

Santé

- Intervention contre la méningite : 24 953 personnes ont été vaccinées, limitant les cas à 75 malades et à 23 morts.
- Vaccinations de base dans 36 districts.
- Instauration de chambres froides.
- 156 235 vaccinations contre la fièvre jaune (limitant la maladie à un seul cas).
- Soins de santé à des femmes et des enfants.
- Plan d’action annuel établi entre l’Unicef et le gouvernement contre le VIH/sida, prévention et information en particulier auprès des groupes armés.
- Suivi nutritionnel pour 176 000 enfants de moins de 5 ans et 40 000 femmes enceintes et allaitantes, complété par la distribution de sels iodés.
- Approvisionnement en nourriture thérapeutique dans le centres de nutrition.

Eau

- 700 pompes de villages réhabilitées sur les 1175 endommagées et identifiées, et réactivation des comités de direction dans une série de villages du Nord représentant 412 040 personnes.
- Formation de 10 maçons pour la construction de latrines.

Prévention, démobilisation, réinsertion

- Actions de plaidoyer auprès des FN. L’Unicef est impliqué dans l’application de la résolution 1612 contre l’enrôlement des enfants dans les forces armées

Autres

- Campagnes à la radio et à la télévision contre les mutilations génitales féminines et l’excision.
- Promotion de l’enregistrement des naissances.

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