Séisme en Indonésie : l'Unicef au secours d'une population traumatisée

Publié le 29 mai 2006 | Modifié le 31 août 2015

5 100 morts, 33 400 blessés et plus de 120 000 déplacés. Depuis samedi, l'Unicef est auprès des victimes du tremblement de terre, et fournit notamment de l'eau et des moyens d'assainissement.

Interview d'Edouard Beigbeder, coordinateur des secours d'urgence de l'Unicef, qui évoque entre autres l'effet psychologique des désastres successifs qu'ont connu les enfants indonésiens depuis un an.

Trois jours après la catastrophe, reste-t-il encore des zones inaccessibles ?

Non. Il y a un volume logistique important. Toutes les zones sont accessibles. Les dernières ont été atteintes hier, lundi 29 mai.

Le tsunami avait fait beaucoup de morts, mais moins de blessés à secourir que d’autres catastrophes. Le tremblement de terre de samedi dernier, et ses nombreux blessés, constitue-t-il une situation particulière ?

Aujourd’hui on compte environ 5 100 morts, 33 400 blessés (dont 17 500 grièvement) et plus de 120 000 déplacés, sans doute 130 000. Le rapport morts/blessés est donc de 1 pour 6, celui des morts/déplacés est de près de 1 pour 25. C’est une situation de catastrophe naturelle.

Vous avez eu l’occasion jusqu’à présent de parler du traumatisme que ce séisme entraîne chez les enfants. Que voulez-vous dire ?

En près d’un an, la population a subi quatre grands désastres. On a beaucoup parlé du tsunami, mais il y a eu aussi un tremblement de terre, qui a fait moins de victimes que celui de samedi dernier parce qu’il a touché une région moins peuplée, mais qui était tout de même d’une magnitude élevée. Il y a eu l’éruption du volcan voisin, qui a obligé à déplacer 20 000 personnes. Et à présent ce nouveau séisme. On se trouve finalement face à des gens en situation précaire. Ils ont perdu des proches, des amis, des membres de leur famille ou de leur communauté. Leurs maisons ou leurs biens ne sont plus utilisables ou ont carrément disparu. Certains sont à la rue. La conséquence sur les enfants est telle que certains n’ont plus le goût de rire, de jouer. Ils ont un comportement apathique.

Quelle est la réponse de l’Unicef ?

Nous avons mis en place un centre d’accueil pour les enfants et nous sommes sur le point d’en établir un 2e. Il y en aura trois en tout. Le but de ces centres est de permettre aux enfants d’exprimer leurs émotions, à travers des jeux, des dessins et les autres supports utilisés par les professionnels du soutien psychosocial.

Concernant l’urgence après le séisme, vous avez parlé de la priorité mise sur l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Où en êtes-vous ?

Hier nous avons eu 4 camions et 40 000 litres d’eau distribués. Aujourd’hui, nous avons 23 camions et 360 000 litres d’eau. L’Unicef mène une grosse opération d’approvisionnement en eau par camions citernes. D’ailleurs il faut que je vous laisse : je pars faire le point tout de suite avec nos partenaires sur cette action.

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