Sommet de la Terre à Johannesbourg 2003

Publié le 30 septembre 2003 | Modifié le 26 mai 2015

Les enfants sont les premières victimes des maladies ou accidents mortels liés à l'environnement, et représentaient l'essentiel des 4,7 millions de décès de ce type en 2000, a indiqué dimanche Gro Harlem Brundtland, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Près du tiers des maladies dans le monde peuvent être attribuées à un facteur environnemental, et "plus de 40% de ces maladies affectent des enfants de moins de 5 ans, qui ne représentent pourtant que 10% de la population mondiale", a déclaré Mme Brundtland à la presse au sommet de la Terre de Johannesburg. Les maladies liées à un danger environnemental tuent toutes les 45 minutes l'équivalent d'un avion gros-porteur rempli d'enfants, a-t-elle indiqué.

Les morts liées à un environnement degradé se répartissaient (chiffres 2000) en 1,3 million de décès dus aux diarrhées, 2 millions à des maladies respiratoires, 1 million au paludisme et à d'autres maladies infectieuses, et 400.000 à des blessures accidentelles.

Une industrialisation accrue, un manque de contrôle de la pollution, un déversement sans répit de déchets, et un usage inconsidéré de produits chimiques "affectent directement l'environnement dans lequel vivent les enfants d'aujourd'hui", a dit Mme Brundtland.

"Or les enfants sont très vulnérables aux dangers de l'environnement parce qu'ils respirent plus d'air, consomment davantage de nourriture et d'eau, par rapport à leur poids, que les adultes. Leurs systèmes immunitaire, digestif, reproductif et nerveux sont plus vulnérables que ceux des adultes", a-t-elle rappelé.
Dans les régions les plus pauvres, un enfant sur cinq ne vivra pas au-delà de son cinquième anniversaire, a-t-elle ajouté, appelant le sommet de Johannesburg à faire de la prévention des décés d'enfants liés à l'environnement une des priorités sociales et politiques de la décennie à venir.

Elle a en particulier interpellé les pays riches, dénonçant leur contribution "abominablement basse" à l'aide publique au développement. "Je n'ai jamais compris pourquoi tant de pays industrialisés ne sont même pas capables d'atteindre la moitié de l'objectif de O,7%" du PIB consacré à l'aide au développement.

Mme Brundtland présentait à Johannesburg une initiative pour mobiliser partenaires privés, publics, collectifs, et individus en un "large mouvement participatif", pour donner aux autorités et communautés locales les moyens d'une action renforcée dans ce domaine.

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