Sud Soudan : rétablir l'espoir dans une région destabilisée

Publié le 28 janvier 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Les violences reprennent, multipliant les déplacements de population. Le point avec Thomas Davin, de notre bureau régional Afrique du Nord et Moyen-Orient.

Thomas Davin, responsable des urgences au bureau Unicef du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, présente le contexte :

 « Le sud du pays profitait d’une accalmie, des enfants soldats étaient démobilisés, mais en 2009, les violences ont repris. Sur l’année, 350 000 déplacements de personnes ont eu lieu à cause de combats interethniques, attisés par de prochaines échéances électorales et par la pauvreté (pour certains, la guerre rapporte plus d’argent que la paix).

» L’Unicef voudrait convaincre toute la population de « l’utilité » de la paix : campagnes de vaccination, réhabilitation des centres de santé, fournitures de matériel scolaire, etc. Les Nations unies ont mené une mission d’évaluation pour identifier les zones où cette aide peut être cruciale et où les conditions de sécurité sont réunies.

» L’enjeu est déterminant, il faut agir rapidement. Pourtant, le sud du Soudan bénéficie seulement de 30% du budget qui lui était consacré il y a trois ans. C’est une « urgence silencieuse » sur laquelle il n’est pas facile de mobiliser des fonds ».

Douglas Armour, du bureau de l’Unicef de Juba, au Sud Soudan, complète le propos : « Depuis l’accord de paix de 2005, consécutif à vingt ans de conflit, la population attendait avec impatience de profiter des dividendes de la paix. Or les villageois restent très pauvres, la sécheresse décime le bétail, et la région, riche en pétrole, favorise la reprise du conflit.

» L’Unicef veut poursuivre les efforts accomplis : forer des puits afin que l’accès du plus grand nombre à l’eau potable n’attise pas les tensions entre villages, intervenir auprès de la population en faveur de la santé et de la nutrition de l’enfant, soutenir la scolarisation.

» Des enfants fréquentent les camps militaires pour rendre divers services domestiques : ils n’ont parfois pas d’autres ressources pour gagner de quoi se nourrir, et le risque de devenir soldat est accru.

» Malgré les violences récentes, nous espérons encore le retour à l’accalmie. Mais si une flambée de violence devait éclater à plus grande échelle, l’Unicef prépositionne déjà des secours de santé et de nutrition, des moustiquaires pour prévenir le paludisme, et tout ce qui est indispensable à la survie de l’enfant. Pour le moment, les conditions de sécurité nous laissent encore l’accès à tous le territoire. L’an dernier, nous avons mené une campagne de vaccination contre la polio, et nous poursuivons cette année une campagne contre la rougeole entamée l’année dernière, avec distribution de vitamine A, de comprimés de déparasitage, de moustiquaires, le tout accompagné d’une sensibilisation aux bonnes pratiques de santé, d’hygiène, de nutrition ».
 

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