Survivre en Haïti : un combat quotidien pour les enfants

Publié le 22 mars 2006 | Modifié le 31 août 2015

« Il y a peu d’endroits dans le monde où il est plus difficile d’être un enfant en bonne santé, a déclaré Adriano González-Regueral, Représentant de l’UNICEF en Haïti. Alors que Haïti ne recense que 2% des naissances en Amérique latine et dans les Caraïbes, il comptabilise 19% des décès d’enfants de moins de cinq ans dans la région. Il a de loin le taux de mortalité le plus élevé des moins de cinq ans, avec 117 enfants qui meurent pour 1000 naissances. »
 
SOS Enfants : Haïti
est la 2e étude de la série SOS Enfants, qui présente les principales difficultés auxquelles sont confronté les enfants des pays en crise. Elle rapporte que pour des milliers de jeunes Haïtiens, la vie est un combat quotidien. Dans les zones rurales, les enfants ne disposent d’aucun service de base ; ils doivent marcher pendant des heures rien que pour arriver au dispensaire le plus proche ou à une source d’eau. Dans les villes, la violence et la maltraitance les enferment dans un engrenage d’où il est quasiment impossible de sortir.
 
« Nous saluons l’engagement qu’a pris le nouveau Président Préval d’améliorer la vie des enfants de son pays, a affirmé M. González-Regueral. Les dirigeants politiques peuvent favoriser le type de changements nécessaires pour qu’une éducation de base et des soins médicaux décents ne soient plus une question de chance pour les enfants mais deviennent la norme ».

SOS Enfants : Haïti détaille les menaces qui pèsent sur la santé et le bien-être des enfants haïtiens :

- Soins de santé insuffisants : le taux de vaccination contre la rougeole (qui est hautement contagieuse et souvent mortelle) est bien plus bas en Haïti que dans le reste de la région, plus bas même qu’en Afrique subsaharienne. Un peu plus de la moitié des enfants sont vaccinés contre la rougeole. Deux tiers d’entre eux n’ont pas accès à des installations sanitaires de base.

- Dégradation de l’environnement : à peine 3% du pays sont encore couverts de forêts, ce qui aggrave considérablement les effets des tempêtes. On a déploré 3 000 victimes pendant la saison des ouragans, rien qu’en 2004.

- Scolarisation insuffisante : alors que l’éducation offre l’espoir d’une vie meilleure, de nombreux ménages ne peuvent se permettre d’envoyer leurs enfants à l’école, car les frais scolaires sont trop élevés. Seuls 55% des enfants en âge d’aller à l’école primaire sont scolarisés. La plupart des filles ne le sont que pour une moyenne de deux ans. Un tiers des adolescents de 15 à 24 ans est analphabète.

- Violence et maltraitance : il y a des milliers d’enfants des rues dans tout Haïti. Beaucoup d’entre eux sont obligés de se battre pour le compte de gangs ou de devenir membres de la sous-culture des « restaveks » qui vivent dans de véritables conditions de servage. Ils sont 300 000 enfants à travailler ainsi comme domestiques sans contrepartie monétaire. Les trois quarts de ces enfants sont des filles.
 

LES ACTIVITÉS DE l’UNICEF EN HAÏTI comprennent une aide à la vaccination de routine, l’amélioration de la nutrition, et des campagnes de rentrée des classes afin d’encourager la scolarisation des enfants. Les programmes de l’UNICEF en Haïti, qui a la plus forte population d’orphelins de la région, permettent d’aider les enfants qui ont perdu un de leurs parents ou les deux, ainsi que ceux que le VIH/SIDA a rendus vulnérables. L’UNICEF fournit aux ménages haïtiens des trousses sanitaires contenant des bidons d’eau, des tablettes de purification de l’eau et du savon qui font partie d’un ensemble de fournitures d’urgence.

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