Cira, 16 ans : obligée de travailler dans la boue pour survivre

Publié le 12 juin 2019

Au Mali, le travail des enfants prive des milliers d’enfants de la chance d’aller à l’école. Pour Cira, le quotidien consiste à travailler comme orpailleuse sans aucun espoir d’amélioration.

« Les difficultés, j’ai l’habitude », confie Cira Kanote avec bravoure. Cette adolescente de 16 ans porte sur son dos sa fille Daby tout en inspectant le fond d’une rivière boueuse pour y déceler des pépites d’or. Il y a deux ans, on l’a mariée à un homme de 36 ans qui l’a quittée sans la prévenir pour aller travailler dans un autre pays. Depuis, Cira vit avec sa belle-famille dans des conditions très précaires.

Des filles privées de scolarité

Chaque matin, avant l’aube, elle doit balayer la maison et préparer le petit-déjeuner. Ensuite, elle part travailler comme orpailleuse dans la boue. Son histoire n’a rien d’inhabituel dans cette région du Mali : dans le village d’où elle est originaire, toutes les filles sont mariées ou fiancées avant l’âge de 18 ans. Quasiment aucune n’a fini l’école primaire.

« J’aimais l’école », déplore Cira. À l’époque où elle y allait, elle espérait pouvoir travailler dans la santé. Elle sait qu’elle aurait pu être utile dans son village où il n’y a aucun centre médical. Pendant la saison des pluies, lorsque les routes sont inondées, il n’y a aucun moyen d’aller se faire soigner. La jeune fille ne voit même pas cela comme un problème : vu que c’est son quotidien depuis toujours, elle considère cela comme normal.

Changer la donne

Cira ne se plaint même pas. Tout juste reconnaît-elle que le travail d’orpailleuse, qui l’oblige à être courbée pendant des heures dans la boue sous un soleil de plomb, est parfois ardu. C’est du bout des lèvres qu’elle concède qu’elle porte des charges trop lourdes. Pour offrir à Cira et à toutes les autres jeunes dans la même situation une chance de s’en sortir, UNICEF a distribué 14 000 kits éducatifs à Kayes, au nord-ouest de Bamako. Le simple fait d’avoir des cahiers et des stylos peut inciter les parents à envoyer leurs enfants à l’école.

Nous avons également implanté 60 centres éducatifs dans la région, avec des tables et des bancs pour que des jeunes comme Cira reviennent à l’école. Un programme en neuf mois a été élaboré pour leur permettre de rattraper leur retard. Mais il faudrait faire tellement plus pour enrayer le travail des enfants et donner à chacun d’entre eux la possibilité de bâtir son avenir. La place de Cira est à l’école, pas dans une rivière aurifère.

Aidez-nous à changer la vie de Cira : faites un don à UNICEF.

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