Trop peu d'efforts en faveur de la scolarisation des filles

Publié le 07 mars 2004 | Modifié le 04 janvier 2016

« Pour être certains d’améliorer la situation des femmes aujourd’hui et demain, nous devons commencer par ouvrir les écoles aux filles, partout dans le monde », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF Carol Bellamy, deux jours avant la Journée internationale de la femme. « L’éducation est le droit de tout garçon et de toute fille et c’est aussi un élément essentiel du progrès de tout pays. »

En dispensant à toutes les filles une éducation de base, on accomplit une étape décisive vers la réduction de la pauvreté et de la mortalité infantile et vers l’arrêt de la propagation du VIH/SIDA et d’autres maladies évitables, a dit Mme Bellamy.

Parmi les mesures spécifiques à prendre pour favoriser la scolarisation des filles, on note l’abolition des frais de scolarité de quelque sorte que ce soit, l’intégration de politiques d’éducation dans les plans nationaux de lutte contre la pauvreté, l’inclusion de l’éducation des filles aux efforts de développement car elle en est un élément indispensable, et une augmentation du financement apporté par la communauté internationale au secteur de l’éducation.

On compte environ 10 millions de filles non scolarisées de plus que de garçons dans le monde. Quatre-vingt-trois pour cent des filles non scolarisées de la planète habitent en Afrique subsaharienne, Asie du Sud et dans la région de l’Asie de l’Est et Pacifique. Les filles ont un accès plus restreint à l’enseignement primaire, et elles ont moins de chances d’achever leur éducation dans le secondaire à cause des mariages et des grossesses précoces. Obligée de s’occuper des membres plus âgés de sa famille, ainsi que de ses frères et sœurs plus jeunes, la fille sera fréquemment retirée de l’école avant d’avoir achevé ses études.

Etre privé d’école, c’est grave pour tous les enfants, mais pour les filles c’est une catastrophe dont les conséquences sont très difficiles à réparer, a déclaré Mme Bellamy. Les filles qui ne sont pas allées à l’école sont plus exposées à la faim, à la violence, aux abus sexuels et à la traite. Elles risquent plus que leurs camarades scolarisées de mourir en couches et de contracter le VIH/SIDA.

« En privant une fille de l’éducation à laquelle elle a droit, non seulement on anéantit son potentiel mais on diminue la possibilité que les enfants qu’elle aura peut-être un jour, garçons et filles, aillent eux-mêmes à l’école et échappent à une vie de pauvreté », a ajouté Mme Bellamy. « Heureusement, l’inverse est vrai : quand une fille reçoit une éducation, tout le monde y gagne, la fille elle-même, sa famille, sa communauté et son pays. » Mme Bellamy a demandé aux institutions du développement, aux gouvernements, aux familles, aux associations religieuses et à la société civile de redoubler d’efforts en faveur de l’éducation des filles.

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