« Tu ne peux pas dormir la nuit »

Publié le 07 janvier 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Hassan Abdi Elmi, Somalien de 16 ans déplacé à cause du conflit qui touche Mogadiscio, raconte son quotidien. Et son parcours, de la violence hier à la pauvreté aujourd’hui.

Il vit aujourd’hui dans le camp de Bossaso, une ville côtière du nord-est de la Somalie. Il a dû quitter Mogadiscio, la capitale. Trop violente, trop dangereuse. Hassan Abdi Elmi raconte son histoire au  jeune reporter Mostafa Mohamad Adurrahman dans le cadre d’un programme Unicef de participation des jeunes. Hassan a quitté Mogadiscio il y a un an. « Il  y a de la violence tout le temps. Des tirs en permanence. Tu ne peux pas dormir la nuit. Il y a des bombardements et des coups de feu. » Sa vie de déplacé est très dure aujourd’hui. Mais il ne veut pas retourner vers la violence de Mogadiscio.

Pour l’instant, l’adolescent travaille pour aider sa famille, Hassan n’a « pas d’argent pour aller à l’école ». « Je lave des voitures, explique le jeune garçon. Parfois lorsque je finis une voiture, on ne me donne pas d’argent, le client me dit qu’il ne peut pas me payer. D’autres fois, les enfants du coin me volent mon matériel, alors je ne peux pas travailler. »

Et lorsque le jeune reporter lui demande ce qu’il sait des droits de l’enfant, la réponse ne se fait pas attendre. « Je n’ai jamais entendu parler de ces droits de l’enfant… Mais je pense que le droit à la santé doit en faire partie. »

Quel avenir ?

En Somalie, environ 1,55 million des 8 millions d’habitants sont aujourd’hui déplacés. A cause de la guerre, de la sécheresse ou de la pauvreté. La majorité de ces déplacés vit dans des installations temporaires sur des terrains privés. Ces familles subissent des abus de la part des propriétaires. Elles payent des loyers et vivent dans des quartiers très denses sans services de base. Dans la majorité des cas, ces déplacés n’ont par exemple pas accès à des toilettes. 

Les autorités municipales n’ont pas de ressources pour fournir de l’eau potable et développer l’assainissement dans ces logements et camps de fortune. Les maladies liées à l’insalubrité de l’eau s’y développent donc facilement. Aujourd’hui, de nombreuses agences humanitaires, dont l’Unicef, sont présentes en Somalie et œuvrent pour aider ces populations. Mais, pour l’instant, la demande dépasse les ressources disponibles.

A Bossaso, où vit désormais le jeune Hassan, 27 camps de déplacés ont vu le jour au fil des ans. 40 000 personnes venant d’autres régions du pays y ont aujourd’hui trouvé refuge. Dans ces conditions de vie très précaires, tous les déplacés ne perdent cependant pas espoir.  Lorsqu’on demande à Hassan ce dont il rêve, le garçon y a déjà réfléchi. « J’aimerais être utile à ma mère, mon père, mes frères et sœurs…J’aimerais devenir homme d’affaires.»

Découvrez l’interview audio en anglais d’Hassan par le jeune reporter Mostafa Mohamad Adurrahman en cliquant ici.

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