Un commerce international plus équitable

Publié le 14 septembre 2005 | Modifié le 19 janvier 2016

Comme le souligne le PNUD dans son rapport mondial sur le développement humain, la plupart des formes d'imposition appliquent un principe proportionnel simple : plus on gagne, plus on paie. Les politiques commerciales des pays riches renversent ce principe. Les barrières commerciales les plus difficiles à surmonter sont érigées devant certains pays les plus pauvres : en moyenne, les entraves au commerce rencontrées par les pays en voie développement exportant dans les pays riches sont trois à quatre fois plus importantes que celles auxquelles les pays riches doivent faire face.

Dans de bonnes conditions, le commerce international pourrait jouer le rôle de puissant catalyseur pour le développement humain et donner une forte impulsion au progrès accéléré dans le sens des ODM mais les règles actuelles sont injustes. Plus que l'ADP, les échanges commerciaux ont le potentiel d'augmenter la part occupée par les pays pauvres dans la prospérité mondiale. Une restriction de ce potentiel par des politiques commerciales inéquitables n'est pas compatible avec un engagement d'atteinte des OMD. L'Afrique sub-saharienne s'est de plus en plus marginalisée : aujourd'hui, avec 689 millions d'habitants, cette région absorbe une part des exportations mondiales moins importante qu'en 1980. Les pays en développement n'ont pas la possibilité de rivaliser à armes égales sur les marchés mondiaux car les pays riches utilisent une multitude de droits de douane, de quotas et de subventions qui restreignent l'accès à leurs propres marchés et protégent leurs propres productions. Les subventions des pays riches freinent également l'essor commercial des pays pauvres. Les pays riches dépensent un peu plus d'un milliard de dollars par an en aides à l'agriculture dans les pays pauvres et un peu moins d'un milliard de dollars par jour en subventions à la surproduction nationale. Les subventions des pays riches détruisent en outre les marchés dont dépendent les petits producteurs des pays pauvres, faisant chuter leurs prix. Cependant, la suppression des subventions agricoles et la libéralisation des échanges commerciaux ne permettront pas à elles seules d'accroître les exportations des pays en développement vers les pays développés. Les pays pauvres butent aussi sur des barrières non douanières, comme des normes sanitaires par exemple qui exigent des investissements importants. Les problèmes persistants tels que la faiblesse des infrastructures et la capacité de production limitée doivent être affrontés.

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