Un enfant sur douze exposé aux pires formes de travail

Publié le 02 mars 2005 | Modifié le 28 décembre 2015

Le 21 février 2005, le comité britannique pour l’UNICEF a lancé un nouveau rapport portant sur l’exploitation mondiale des enfants par le travail. Ce rapport souligne qu’un enfant sur douze dans le monde (180 millions de jeunes de moins de 18 ans) est contraint aux pires formes de travail – travail dangereux, esclavage, travail forcé, enfants soldats, exploitation sexuelle et activités illicites. 97% de ces enfants vivent dans des pays en voie de développement.

Le rapport révèle que les enfants sont poussés dans le monde du travail et de l’exploitation par la pauvreté et le manque d’éducation, des facteurs aggravés par les effets du VIH/SIDA. Ils deviennent les victimes d’une telle exploitation quand l’environnement dans lequel ils vivent – la famille, la communauté, et l’Etat – n’a pas réussi à les protéger.

Pour éradiquer les pires formes d’exploitation d’enfants, l’UNICEF demande que des mesures immédiates soient prises pour s’attaquer au problème de la pauvreté des enfants. Le directeur de l’UNICEF Royaume Uni, David Bull explique que « l’un des moyens de mettre fin à l’exploitation des enfants, souligné dans ce rapport, est de faire disparaître la pauvreté et d’assurer un engagement pour une meilleure aide internationale. Il y a plus de 30 ans, les pays les plus riches s’engageaient à donner 0,7% de leur PNB à l’aide internationale, mais aujourd’hui, il n’y a plus que 5 pays – le Danemark, la Norvège, les Pays Bas, le Luxembourg et la Suède – qui ont tenu leur promesse. Un milliard d’enfants dans le monde vivent toujours dans la pauvreté et ceci est inacceptable. »

« Nous saluons le fait que le Royaume Uni ait montré l’exemple en s’engageant à atteindre l’objectif de 0,7% d’ici 2013, mais nous souhaitons que cela devienne une promesse ferme, car cela ferait vraiment une différence dans la vie des enfants. D’ici 2013, seulement la moitié des enfants d’Afrique auront suivi l’école primaire et un enfant sur six mourra avant son cinquième anniversaire. Chaque mois qui passe sans que l’aide augmente de façon significative, nous éloigne petit à petit des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

L’année 2005 est une occasion inédite pour le gouvernement du Royaume Uni d’utiliser le sommet du G8 et sa présidence de l’Union Européenne pour lutter contre la pauvreté, la dette, et les injustices commerciales et être un acteur influent sur le plan mondial. C’est une très grande opportunité pour transformer la vie des enfants. »

La pauvreté a un impact direct sur le travail des enfants. Dans les 43 pays du monde où le salaire annuel d’une personne est de 500 dollars ou moins, le pourcentage d’enfants qui travaillent est de 30% à 60%, tandis que dans les pays où le salaire annuel est entre 500 et 1000 dollars, le pourcentage d’enfants qui travaillent est entre 10% et 30%. C’est un cercle vicieux, la pauvreté augmente le travail des enfants et le travail des enfants entretient la pauvreté.

Pour les enfants qui vivent dans cette pauvreté jour après jour, l’éducation est une réalité bien lointaine. Globalement, environ 114 millions d’enfants qui ont l’âge d’aller à l’école primaire ne sont pas scolarisés, ce qui prive un enfant sur cinq d’éducation. Ils sont exposés à l’exploitation et à l’abus et sont privés des connaissances et des qualifications qui pourraient les sortir, ainsi que leurs enfants, du cycle de la pauvreté. 
  
Les statistiques dans le rapport montrent que : 352 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent d’une manière ou d’une autre ; un enfant sur douze dans le monde travaille dans des conditions dégradantes ; 211 millions travaillent dans des familles comme domestiques ou dans des exploitations agricoles, et en Afrique, presque la moitié des enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent.

L’UNICEF travaille avec les gouvernements et les ONG dans le monde pour construire un « environnement protecteur » pour les enfants qui les préserve des abus. Par exemple, nous travaillons à : réduire la pauvreté ; assurer que l’éducation est disponible, gratuite, obligatoire, appropriée et attractive ; changer les attitudes afin que les familles et les communautés connaissent les droits des enfants et comprennent l’importance de l’éducation, réhabilitant les enfants qui ont été exploités et leur donnant des opportunités ; travailler pour instaurer des lois qui interdisent le travail forcé et s’assurer que les employeurs soient poursuivis.

Partout dans le monde, l’exploitation des enfants profite des failles des systèmes de protection de l’enfance. Même au Royaume Uni, les droits des enfants ne sont pas assez pris au sérieux. Alors qu’accepter du travail peut être positif pour les jeunes, le rapport montre que le problème du travail des enfants est encore trop ignoré dans ce pays et les enfants peuvent être exposés à des risques qui sont inacceptables.

Plus précisément, le rapport reconnaît qu’il y a des failles importantes dans le dispositif de protection des enfants étrangers qui sont victimes de trafic au Royaume Uni et sont exploités sur notre territoire. Pour empêcher ceci, l’UNICEF demande une aide plus importante pour s’attaquer aux causes de ce trafic – la pauvreté dans les pays d’origine.

L’UNICEF Royaume Uni appelle également le gouvernement à développer une stratégie nationale contre le trafic d’enfants et recommande qu’une seule agence coordonne tous les efforts contre le trafic. Il reste encore des lacunes dans l’identification, le suivi, les soins et la protection des enfants trafiqués au Royaume Uni.

« Le rapport indique clairement qu’il reste beaucoup de choses à faire pour protéger les droits des enfants dans le monde et empêcher leur exploitation. Nous ne pouvons pas attendre que les enfants grandissent pour réagir. Nous devons construire un environnement protecteur pour tous les enfants afin de prévenir leur exploitation, prendre soins des victimes et plaider pour les droits des enfants avec les familles, les communautés et les Etats. En agissant cette année pour se débarrasser de la pauvreté nous pouvons faire avancer les choses pour mettre fin à l’exploitation des enfants » a conclu David Bull.

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