«Un moment crucial pour le Sri Lanka »

Publié le 04 mars 2010 | Modifié le 11 janvier 2016

Au Sri Lanka, il y a encore quelques mois, 280 000 déplacés s’entassaient dans les camps après la fin des combats entre forces gouvernementales et rebelles tamouls. La majorité d’entre eux ont aujourd’hui quitté ces camps. L’UNICEF aide ces familles à se reinstaller chez elles dans les meilleures conditions possibles. Autre mission de l’UNICEF sur place : réhabiliter et réinsérer les enfants soldats dans la société civile.  Le point avec Philippe Duamelle, représentant de l’Unicef au Sri Lanka.

Quelle est la situation des familles qui ont été déplacées par le conflit au Sri Lanka ?

280 000 personnes vivaient encore récemment dans les camps de déplacés. Certaines familles sont rentrées dans leurs villages, d’autres ont quitté les camps pour vivre chez des proches en attendant pour certaines de pouvoir rentrer chez elles. Et il reste toujours 90 000 personnes dans les camps. Toutes les zones du nord du pays ne sont pas encore accessibles aux populations. Et il reste de nombreuses zones qui doivent encore être déminées.

Nous avons un rôle clé à jouer dans ce processus de retour: il est extrêmement important que les enfants qui rentrent dans leurs villages puissent retourner à l’école. Et nous avons fait le tour des zones que retrouvent en ce moment les déplacés : les services de sante, notamment les maternités et les unités de soins pédiatriques doivent être remis en état de fonctionnement. De même pour les écoles. Nous travaillons donc en partenariat avec le Ministère de l’Education pour réhabiliter les écoles, les équiper en matériel scolaire et fournitures. Nous travaillons aussi avec le Ministère de la Santé pour que les mères et les enfants retrouvent un accès à des soins de santé appropriés.

Le personnel qui assurait avant ces services publics est-il aussi de retour ?

Oui, des enseignants, du personnel médical et paramédical sont de retour. Mais l’Unicef va contribuer à la formation de nouveaux professionnels pour les écoles et les hôpitaux, car les effectifs ne sont pas suffisants. Il est important que les personnes qui rentrent chez elles, qui retrouvent déjà leurs maisons détruites ou endommagées, puissent avoir rapidement accès à ces services de base. Cela aura aussi un impact sur le processus de paix dans le pays. C’est par conséquent un moment crucial pour le Sri Lanka.

Vous parlez de mines autour des maisons ?

Oui, il y a encore de nombreuses mines dans certaines zones d’habitation, dans des forêts, près des puits. Il faudra du temps pour tout déminer, l’armée sri lankaise et des ONG se mobilisent pour réaliser ce travail difficile. L’Unicef sensibilise pour sa part les populations au sujet des risques liés à ces mines et autres engins explosifs. Nous organisons des réunions sur ce thème dans les camps, les écoles… Et des spots sont diffusés à la radio, sans oublier les affiches.

 

Et les enfants soldats démobilisés à la fin des combats, que deviennent-ils ?

Le Sri Lanka encadre la réhabilitation de ces jeunes (voir encadré). Aujourd’hui, 588 de ces anciens enfants soldats sont en cours de réhabilitation dans des centres. 185 d’entre eux sont déjà rentrés dans leurs familles, les autres devraient sortir des centres de réhabilitation assez vite. Dans ces structures, ils suivent des cours ou des formations, acquièrent des compétences, apprennent pour certains à lire et écrire. Ils sont également suivis psychologiquement et médicalement.
Une fois rentrés dans leurs familles, ils vont à l’école, en apprentissage.... Nous travaillons au cas par cas avec ces anciens enfants soldats.

 

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L'Unicef se mobilise pour que les enfants rentrés chez eux puissent aller à l'école.

En savoir plus

Les enfants soldats au Sri Lanka

L’UNICEF et le gouvernement sri lankais ont travaillé ensemble pour développer une législation mettant un terme au recrutement et à l’utilisation d’enfants dans les conflits armés. Et pour leur réinsertion dans la société civile.

  • Le Sri Lanka a ratifié le Protocole facultatif de la Convention internationale des Droits de l’enfant portant sur les enfants recrutés dans les conflits armés.
  • En décembre 2008, le gouvernement a signé un plan d’action pour que les enfants ainsi libérés soient considérés comme des victimes, pas comme des criminels.
  • A la même époque, l’Unicef, le Commissaire général de réhabilitation sri lankais et l’un des groupes armés restants ont signé un accord pour arrêter les recrutements et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés.
  • En février 2009, le Président du Sri Lanka a lancé la campagne « Bring Back the child » («Ramenez l’enfant»)  en partenariat avec l’UNICEF. Objectif: rappeler à tous la tolérance zéro de la part du gouvernement quant au recrutement d’enfants dans les conflits armés.  Une campagne diffusée par radio, télévision, journaux, affiches, posters  à travers le pays.

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