«Un pauvre abri fabriqué avec de petites branches»

Publié le 14 juillet 2009 | Modifié le 31 mars 2016

Depuis la reprise et l’intensification des combats entre forces gouvernementales et insurgés en mai dernier, 211 000 personnes ont fui Mogadiscio. Ces déplacés vivent aujourd’hui dans le plus grand dénuement.

Si la Somalie occupe en ce moment les pages de nombreux journaux après l’enlèvement de deux «conseillers» français, la situation humanitaire dans le pays mérite également une attention toute particulière. Les Somaliens continuent de souffrir des affrontements violents dans la capitale, Mogadiscio. Les familles ne peuvent rester chez elles, obligées de fuir pour se protéger. Depuis le 7 mai dernier, plusieurs centaines de civils ont été tués dans les combats qui opposent les forces gouvernementales aux milices armées. Fuyant parfois sans autre bagage que les quelques vêtements qu’ils ont sur le dos et une natte pour dormir, les civils se retrouvent dans des campements de fortune. La majorité de ces déplacés a trouvé refuge sous des arbres aux environs de la capitale et le long du corridor d'Afgoye, un des plus gros sites de déplacés au monde, à 30 km à l'ouest de Mogadiscio. Sahra Ahmed Dahir vit dans cette situation précaire. «Je reste avec mes 6 enfants sous ce pauvre abri que j'ai fabriqué avec de petites branches d'arbre et de vieilles feuilles de plastique que j'ai ramassées», explique cette jeune femme de 24 ans.
Certaines personnes ont dû fuir plusieurs fois les combats. Passant d’un abri à un autre. Au total, on estime à plus de 1,3 million le nombre de déplacés en Somalie. Les combats se sont étendus dans d’autres régions, comme Jowhar et Mahadai, causant de nouveaux mouvements de populations. «Ces déplacements nous affectent beaucoup, moi et mes enfants», déclare ainsi Shino Ali, mère de famille de 45 ans. «Nous n'avons pas de logement, pas de nourriture, pas d'école pour mes enfants et pas de services de santé
Aide humanitaire difficile
Sur le terrain, les déplacés ont besoin d’abris, d’eau, de vivres et d’objets essentiels de la vie quotidienne (vêtements, matériel de cuisine, savon…). Mais le manque total de sécurité gêne considérablement les secours.
L’Unicef et ses partenaires ont pu distribuer des fournitures d'urgence à plus de 6000 ménages, soit 47 000 personnes déplacées autour de la capitale. Bâches, couvertures, bidons, savon et moustiquaires ont ainsi amélioré le quotidien des familles. «Même dans les circonstances présentes, ne pas intervenir ce n'est pas une option», souligne Maulid Warfa, administrateur des secours d'urgence de l'Unicef en Somalie. Les équipes continuent donc d’aider les personnes déplacées, notamment en essayant de fournir de l’eau potable au plus grand nombre, et en menant des actions de prévention et de traitement de la malnutrition chez les enfants.
La situation humanitaire pourrait encore s’aggraver en Somalie, la sécheresse au nord ouest du pays menace actuellement 1,4 million de personnes.

Des centaines de civils tués et blessés

Plus de 100 personnes ont été tuées entre le 1er et le 20 juillet dans les affrontements qui touchent la capitale. Près de 300 blessés dans les combats ont été admis durant la même période à l’hôpital Keysaney de Mogadiscio. Des civils atteints par des armes. Plusieurs centaines de personnes ont perdu la vie depuis la reprise et l’intensification des affrontements entre forces gouvernementales et insurgés dans la capitale somalienne en mai dernier.
Pour éviter d’être touchées par ces combats, de nombreuses familles préfèrent fuir. Entre le 19 juin et le 10 juillet, les violences à Mogadiscio ont fait environ 77 000 déplacés. Un grand nombre d’entre eux a pris la route pour rejoindre le corridor d’Afgoye. Une zone qui accueille déjà 400 000 personnes depuis 2007. Dans des conditions toujours très précaires.

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