Une première mondiale pour sortir de l’ombre les femmes victimes d’excision

Publié le 23 janvier 2015 | Modifié le 01 février 2016

Les 27 et 28 janvier 2015, l’UNICEF est le partenaire principal de la première consultation internationale sur la prise en charge des femmes excisées, à la Sorbonne à Paris. Un événement réunissant des experts, médecins et acteurs sociaux, qui s’inscrit dans le long combat de l’UNICEF pour sensibiliser et mobiliser le public contre les mutilations génitales féminines.

Le colloque « Prise en charge des femmes excisées » est un événement inédit car c’est la première consultation internationale d’experts consacrée à la prise en charge en matière de santé et de droits.  La Sorbonne accueillera près de 125 chercheurs et professionnels de santé, et une centaine d’acteurs sociaux et militants de la lutte contre l’excision. Pendant deux jours, les 27 et 28 janvier 2015, le colloque va établir un état des lieux des savoirs et pratiques en médecine, santé et sexualité sur les mutilations sexuelles féminines. Les échanges permettront ainsi une transmission des connaissances entre professionnels pour former un réseau d’experts.
En tant que présidente de l’UNICEF France, et médecin gynécologue de formation, Michèle Barzach fera par ailleurs une allocution en guise d’introduction du colloque.
C’est en sa qualité de grand défenseur des droits des filles et des femmes que l’UNICEF s’associe à cet événement et met à profit son savoir, ses publications, et son expertise pour les médecins et spécialistes.

La France, pionnière dans la prise en charge des femmes excisées

Selon un rapport de 2013 publié par l’UNICEF, 125 millions de filles et de femmes ont été victimes de mutilations sexuelles. Bien que la majorité d’entre elles vivent dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, on estime que 5% de ces femmes mutilées vivent en Europe, dont environ 53 000 femmes résidant en France d’après les estimations. Les mutilations génitales féminines sont donc aussi une problématique majeure qui concerne la France et dont le gouvernement en a fait une question de santé publique depuis 2005. La France est pionnière dans la prise en charge des femmes excisées, elle a été le premier pays à rembourser les frais chirurgicaux de réparation. Forte du soutien des pouvoirs publics, Paris s’impose même comme la scène de la mobilisation internationale contre l’excision.

Le combat historique de l’UNICEF contre l’excision

30 millions d’autres filles risquent d’en être victimes au cours des dix prochaines années, selon l’UNICEF qui est un acteur historique de la lutte contre les mutilations génitales féminines.  L’UNICEF est par ailleurs à l’origine de l’inscription du 6 février comme la Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines.
 
L’UNICEF s’est fixé pour but de mettre fin à l’excision d’ici à 2020. Un objectif ambitieux qui pourra être atteint grâce à tous, y compris en France. D’où l’importance de l’organisation d’un tel colloque pour sensibiliser le public.
 
Le travail de l’UNICEF, en matière de lutte contre les mutilations génitales féminines, comporte deux niveaux :

 

  • La sensibilisation de la population pour faire changer les mentalités et habitudes, grâce à des programmes de terrain
  • Le plaidoyer auprès des instances officielles pour faire changer les lois et les structures

L’UNICEF travaille avec les autorités des 29 pays dans lesquels les mutilations génitales constituent un véritable danger pour les filles, afin de bannir définitivement ces pratiques douloureuses et traumatisantes. L’éducation joue aussi un rôle très important. La baisse des mutilations sexuelles étant proportionnelle au niveau de scolarisation des mamans.
 
Pour en savoir plus :
Tous nos articles sur l’excision
Le rapport 2013 de l’UNICEF sur l’excision et les mutilations génitales (PDF)
Le site officiel de la première consultation internationale « Prise en charge des femmes excisées »
Reportage vidéo de victimes de mutilations génitales féminines en Côte d'Ivoire

 

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