"Unissons nous pour les enfants contre le sida" : un an et demi de mobilisation

Publié le 22 mars 2007 | Modifié le 06 juillet 2015

Les enfants sont la face cachée du sida : la campagne de l’Unicef coïncide avec une prise de conscience mondiale.

Les enfants sont la face cachée du sida : la campagne de l’Unicef coïncide avec la prise de conscience mondiale.

La campagne Unissons-nous pour les enfants contre le sida a été lancée en octobre 2005. Elle s’est donnée quatre priorités :

  • procurer un traitement adapté aux enfants séropositifs,
  • prévenir la transmission parmi les jeunes,
  • prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant (PTME),
  • protéger les orphelins et enfants rendus vulnérables par le VIH/sida.

1. Où en est-on un an et demi après le lancement de la campagne ?

Les progrès réalisés sont encourageants mais inégaux. Pour Jacques Hintzy, président de l’Unicef France, « Les traitements pédiatriques étaient totalement inexistants : les choses changent depuis 2005. En ce qui concerne les autres priorités de l’Unicef, je crois que la prévention chez les jeunes restera difficile, je pense que l’accès aux services de prévention de la transmission de la mère à l’enfant sera réalisé, mon inquiétude principale porte sur la protection des orphelins : il y a 15 millions d’enfants orphelins à cause du sida dans le monde, ils sont confrontés – comme d’ailleurs les autres enfants orphelins – à des difficultés de nutrition, de scolarisation, d’équilibre psychosocial, d’exploitation et de spoliation ».

Prenant l’exemple du Cambodge, Jacques Hintzy ajoute : « 50% des enfants qui en ont besoin sont sous traitement antirétroviral. Il faut donc continuer la montée en puissance. Mais sachant que l’on part de zéro, on a ici une bonne illustration du démarrage lié à la campagne soutenue par l’Unicef ».

Des efforts ont été faits de la part de certains gouvernements, notamment les gouvernements français, brésilien, chilien, norvégien et anglais qui, depuis septembre 2006, ont instauré une taxe sur les billets d’avion internationaux, UNITAID, dont les bénéfices sont dédiés, entre autre, à l’achat des traitements pédiatriques ARV. Les prévisions de cette collecte sont de 300 millions de dollars par an.

D’autre part la Clinton Foundation HIV/AIDS Initiative et la Baylor International Pediatric AIDS Initiative ont permis de fortement augmenter la proportion d'enfants sous traitement dans les pays les plus touchés. Et surtout la Clinton Foundation HIV/AIDS Initiative a permis de baisser considérablement le prix des traitements pédiatriques ces derniers 12-18 mois (0,16 $ par jour, soit 60 $ par an).

Par ailleurs, un certain nombre de pays ont adopté une méthode innovante grâce au test sanguin DBS qui permet le dépistage du VIH chez les tous petits, avant 18 mois. Ainsi en Afrique du Sud, la nouvelle méthode permet de sauver les nourrissons des zones rurales éloignées en démarrant leur traitement le plus tôt possible. De plus, le test est rapide et ne nécessite pas de chaîne du froid : quelques gouttes de sang sont prélevées sur un buvard et envoyées dans un laboratoire ; là, le buvard est dissout et le sang testé en seulement une quinzaine d’heures.

Les efforts ne doivent pas se relâcher. Quelques chiffres, au niveau mondial :

  • Nombre d’enfants de moins de 15 ans morts du sida en 2006 : 380 000.
  • Nouveaux cas d’infections parmi les enfants de moins de 15 ans en 2006 : 530 000.
  • Enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH/sida : 2,3 millions.
  • Jeunes de 15/24 ans vivant avec le VIH/sida : 10 millions.
  • Nombre d’orphelins de moins de 18 ans : 15,2 millions.

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2. Quels sont les programmes financés par l'Unicef France contre le VIH/sida ?

L’Unicef France s’est engagé à dédier à la lutte contre le VIH/sida une part toujours plus importante de son soutien direct aux programmes de terrain, passant de 30% en 2005 à près de 55% en 2006, soit un budget total de 15 millions d’euros.

Actuellement, l’Unicef France soutient 23 programmes de lutte contre le VIH/sida dans 18 pays différents.

Etre présent, là où les besoins sont essentiels

Le choix de l’Unicef France s’oriente sur les pays où les besoins sont criants et où notre soutien peut faire une réelle différence. En Ouganda, par exemple, nous soutenons le développement des soins pour les enfants infectés par le VIH/sida dans le nord du pays, qui est la région où les services de santé sont les moins développés à cause de la guerre et où les conditions de développement de l’épidémie sont dangereusement réunies. Au Kenya et au Mozambique, l’aide directe de l’Unicef France s’est dirigée vers des programmes particulièrement innovants faisant le lien entre état nutritionnel des enfants et traitements du VIH/sida. Les enfants vivant avec le VIH/sida, en effet, ont des besoins nutritionnels plus élevés et nécessitent un suivi particulièrement précis. Ainsi au Mozambique, le programme financé par l’Unicef France vise l’amélioration du statut et du suivi nutritionnel des 10 000 enfants infectés ou exposés au VIH/sida.

S’inscrire dans la durée pour faire la différence

Dans un pays comme le Cambodge, l'Unicef France a décidé d’avoir une approche plus globale et de s'attaquer, à long terme, à l'ensemble des dimensions de la lutte contre le VIH/sida. Ainsi, nous sommes fortement présents sur l'accès aux traitements et le développement de soins médicaux pour les mères et les enfants infectés par le VIH/sida. Mais nous soutenons dans un même effort, la prévention de la transmission auprès des jeunes et le soutien des familles que le VIH/sida a rendu particulièrement vulnérables. Dans ce pays qui compte actuellement plus de 12 000 enfants infectés, notre soutien a débuté en 2002 et sera maintenu fortement au moins jusqu’en 2008. Nous avons le même type d'approche globale au Lesotho où l'Unicef France est l'un des tout premiers partenaires des équipes de terrain de l'Unicef en ce qui concerne la lutte contre le sida chez les mères et les enfants.

4 exemples de programmes Unicef France : au Mozambique, au Kenya, en Haïti et au Lesotho

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