Urgence pour les enfants du Niger !

Publié le 15 mars 2010 | Modifié le 31 mars 2016

En 2010, près de 7,8 millions de Nigériens, soit plus de la moitié de la population, seront ou sont déjà  confrontés à une situation d’insécurité alimentaire.

Comme la plupart des pays de la bande sahélienne, le Niger fait aujourd’hui face à une situation sérieuse de pénurie alimentaire. En raison d’une pluviométrie insuffisante, dans le temps et dans l’espace, la production agricole est en baisse de 25%  par rapport à l’année précédente. Dans les régions les plus affectées, certaines familles n’ont déjà plus de réserves et vendent leurs animaux et leurs semences. Les enfants, les plus vulnérables, sont en danger.

Malnutrition sévère : au moins 300 000 enfants à risque…

Au Niger, la prévalence de la malnutrition est restée élevée au cours des cinq dernières années (12,3%), avec environ 2% des enfants de moins de 5 ans qui souffrent de malnutrition aigüe sévère. Près de la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique.

Aujourd’hui, le nombre d’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aigüe sévère risque d’augmenter au cours des prochains mois. Ainsi, on estime à au moins 318 000 le nombre de cas de malnutrition aigüe sévère attendu en 2010.

Les estimations pour 2010 donnent également au moins 1,2 million d’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aigüe modérée et 300 000 femmes enceintes ou allaitantes à risque de malnutrition.

Pourquoi cette malnutrition ?

A la pénurie alimentaire s’ajoute le faible accès aux services de santé.

Et les mauvaises pratiques d’alimentation du jeune enfant jouent également un rôle important. Ainsi, au Niger, moins de 10% des mères pratiquent l’allaitement exclusif jusqu’aux six mois de leur enfant, pratique qui réduit considérablement les risques de malnutrition du bébé. Quant à la qualité et la fréquence des aliments de compléments donnés aux enfants de plus de six mois, elles sont largement inadéquates. L’Unicef va poursuivre sa mobilisation dans ces différents domaines.

L’Unicef et le Programme alimentaire mondial (PAM) préparent une opération de distribution d’aliments spécifiques pour 500 000 enfants âgés de 6 à 23 mois vivants dans les zones les plus affectées du Niger, et ce pour une période de quatre mois. 

Pour réussir à gérer les cas de malnutrition sévère, l’appui aux services de santé publics doit être renforcé et les ressources humaines mises en adéquation avec les besoins. Plus de 800 centres de santé sont à présent impliqués dans le traitement des cas de malnutrition aigüe : il  est essentiel que le personnel de santé soit doté des compétences indispensables à la prise en charge de ces enfants. L’Unicef appuie les autorités sanitaires dans la formation du personnel soignant.

Une réponse mieux préparée qu’en 2005…

La précédente situation sérieuse de pénurie alimentaire au Niger date de 2005. Mais le pays est aujourd’hui mieux préparé. Le gouvernement, l’Unicef et les ONG partenaires ont mis en place un dispositif qui permet de mieux anticiper les situations d’urgence et ainsi, de mieux répondre aux besoins. Le Niger s’est en effet doté d’un protocole national de prise en charge et de mécanismes de dépistage des enfants malnutris sévères.

En 2005, une poignée de centres de récupération nutritionnelle existait à travers le pays, dans lesquels le nombre des patients ne cessait d’augmenter. En 2010, plus de 800 centres sont ouverts à la population, intégrés dans les structures de santé ; environ 350 d’entre eux sont appuyés par des ONG qui possèdent un savoir-faire reconnu.

Mais tous les fonds sont loin d’être réunis pour répondre à cette situation d’urgence.

 

Un appel à l’aide internationale

Le coût global du plan de réponse envisagé par le gouvernement pour lutter contre la crise alimentaire dans sa globalité est de 187 millions de dollars (soit plus de 136 millions d’euros). Il faut encore trouver 125 millions de dollars, soit 91 millions d’euros. Étant donné la situation actuelle au Niger, le soutien apporté par les différentes agences des Nations Unies, les ONG et les associations est essentiel pour sauver des vies. « Le Niger a besoin d'un soutien international massif, pour faire face à la situation, a déclaré le Premier ministre du Niger, Mahamadou Danda. Nous souhaitons mettre un terme définitif à la précarité alimentaire, en créant les conditions d'une production alimentaire sous notre maîtrise. »
 

 

En savoir plus

De nouveaux critères… pour mieux traiter

Avec l’adoption des nouveaux standards de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le nombre d’enfants malnutris à prendre en charge augmente fortement. Ainsi, près de deux fois plus d’enfants ont été pris en charge au Niger dans quelque 800 centres de récupération nutritionnelle et à domicile entre le 1er janvier et le 21 février 2010 par rapport à la même période en 2009 – 24 000 contre 14 500. Cela reflète l’utilisation de ces nouveaux standards par presque tous les acteurs de la nutrition opérant au Niger en 2010, alors qu’il n’y avait qu’un seul partenaire utilisant les standards de l’OMS à la même période de 2009.

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