Venir en aide aux déplacés d’Irak : « Une course contre la montre »

Publié le 22 août 2014 | Modifié le 19 septembre 2017

La crise en Irak, ce sont plus d’1,4 million de déplacés et de réfugiés, des espaces d’accueil saturés et des conditions de vie dramatiques. C’est pourquoi l’assistance de la communauté internationale doit être immédiate et de très grande ampleur selon Bastien Vigneau, coordinateur d’urgence pour l’UNICEF.

L’UNICEF est présent au quotidien en Irak auprès des déplacés et des réfugiés fuyant les différents foyers de conflits ou de violences et ce depuis des années.
 
Bastien Vigneau, coordinateur d’urgence pour l’UNICEF, témoigne de la situation dramatique dans le nord de l’Irak. Bastien est à Dohuk, dans le Kurdistan irakien, où il organise la réponse d’urgence de notre organisation pour venir en aide aux enfants et leurs familles. « C’est une course contre la montre. Nous connaissons des pics de déplacement de population de 15 000 personnes par jour. Dans la seule ville de Dohuk, la population a augmenté de moitié après l’arrivée de 400 000 déplacés irakiens et de 200 000 réfugiés syriens ».
 
Si certains déplacés s’installent dans des camps ou des écoles, comme à Dohuk où 700 établissements sont occupées par des familles, d’autres sont obligés de trouver un abri de fortune dans des espaces publics comme dans des parcs, des immeubles en construction ou même sous les ponts. « Ce sont des conditions de vie absolument abominables. Pour identifier les enfants en situation de détresse, nous y envoyons des ‘facilitateurs’  qui évaluent en temps réel les besoins. L’UNICEF peut ensuite donner une réponse et venir en aide à ceux qui en ont besoin. Ce sont nos yeux et nos oreilles… »
 
Car l’UNICEF agit en masse et à plusieurs niveaux pour les déplacés irakiens. D’abord, avec une aide de première nécessité : « l’eau est évidemment une priorité. Certains déplacés ont parcouru les montagnes pendant parfois plus d’une semaine, sans ombre, par 45°C. Les enfants sont déshydratés et subissent une fatigue extrême. Nous leur donnons de l’eau, des kits d’hygiène ainsi que des biscuits riches en protéines. » Les enfants les plus vulnérables sont ciblés en priorité : « nous avons activé des équipes médicales mobiles pour identifier les enfants en situation de détresse et nous approvisionnons les centres de soins en matériel médical et kits de médicaments élaborés avec d’autres agences. »
 
L’UNICEF est également en charge de l’accès à l’eau et de l’assainissement dans les structures d’accueil, tout comme de la mise en place d’espaces de protection des enfants. « On y crée des activités récréatives pour des groupes de 20 à 25 enfants. Les conditions de vie dans les structures d’accueil restent vraiment difficiles, on profite donc de ces espaces pour détecter les enfants qui ne parlent pas ou qui semblent être particulièrement vulnérables pour leur apporter une aide et des soins spécifiques ».
 
En plus d’avoir vacciné plus d’un million d’enfants contre la poliomyélite ces derniers jours, l’UNICEF a commencé la distribution de plus de 15 000 vêtements et chaussures pour les enfants et adolescents. « C’est aussi une affaire de dignité. La plupart sont partis sans aucun vêtement de rechange… Nous prévoyons d’en distribuer beaucoup plus à l’avenir. »
 
Lorsqu’on lui demande s’il est dangereux pour l’UNICEF d’intervenir dans le cadre de cette urgence, sa réponse est claire : « Ca a été et cela reste aujourd’hui une situation extrêmement dangereuse. Nous intervenons dans la région du Sinjar, à l’est d’Erbil et dans le gouvernorat de l’Est, qui sont trois zones disputées. Mais nous n’avons pas le choix, on continue. »
 
L’appel de fonds pour répondre à la crise irakienne doit être révisé début septembre. Si l’on ne connait pas encore le montant final, pour Bastien Vigneau, une chose est sûre : « les besoins vont être absolument énormes. »

Pour leur venir en aide, l'UNICEF a besoin de vous.
 

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