"Vies brisées" : témoignages d’enfants syriens réfugiés

Publié le 27 juin 2013 | Modifié le 24 décembre 2015

« Ils m’ont mis en prison et électrocuté »… Les enfants sont les premières victimes du conflit syrien. Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, des milliers de Syriens traversent chaque semaine la frontière, notamment avec la Jordanie. La moitié d’entre eux sont des enfants dont les vies ont été brisées par la guerre. Nous avons choisi de vous livrer certains de leurs témoignages, recueillis dans les camps et les communautés d’accueil.

« Dès que je suis sorti du bus qui nous a menés ici, j’ai pensé à ma maison en Syrie, à mes amis restés là-bas. Je ne voulais pas partir. J’ai été forcé de le faire à cause des bombardements »
 Jeune garçon de 13 ans du camp de réfugiés de Za’atari

 

La peine, la peur et la colère des enfants syriens

 

« Nous ne disons pas tout à notre mère. Elle pleure tout le temps. Nous avons trois grandes sœurs en Syrie et elles sont seules là-bas. Notre père est mort en Syrie et notre frère se bat avec l’opposition. »
Jeune fille de 11 ans rencontrée à Amman

 
Les événements en Syrie et la fuite pour la Jordanie ont profondément marqué les enfants réfugiés. Des jeunes filles rencontrées au camp de Za’atari ont même déclaré se sentir constamment menacées, pensant en permanence aux images de violences qu’elles ont pu voir en Syrie.
 

Une montée de la violence et du travail des enfants

 

 « J’ai été arrêté en Syrie. J’achetais du pain pour la maison quand ils m’ont arrêté. […] Je suis resté inconscient pendant quatre heures après avoir été frappé. Quand je me suis réveillé, ils m’ont électrocuté. »
 Jeune syrien de 14 ans rencontré à Irbid, Jordanie
 

Les déplacements de population ont mené à l’effondrement des mécanismes de protection traditionnels : femmes et enfants sont exposés à des risques accrus de violence domestique
Les garçons sont également devenus des recrues potentielles de gangs au sein des camps de réfugiés, comme le déplore ce père de famille : « nous avons essayé de parler aux garçons (des gangs), mais ils ont commencé à jurer. Leurs parents ne leur donnent pas d’attention. Si vous prenez un enfant et que vous le poussez à bout, il finira par exploser ».
 

Des conditions d’éducation précaires

 
 « J’ai dit aux autres filles de mon âge qu’elles devraient aller à l’école dans leurs camps, autrement elles perdraient une année. […] Elles me disent qu’elles iront à l’école une fois de retour en Syrie. Je leur réponds : ‘ et si nous sommes ici pour longtemps ?’ » 
Jeune syrienne de 13 ans du camp de Za’atari

 
La plupart des enfants syriens en Jordanie ne vont pas à l’école, bien qu’ils en aient l’envie.
Les conditions d’apprentissage restent difficiles comme en témoigne ce jeune garçon de 11 ans, scolarisé à Amman : « le professeur est méchant. Il nous tape avec un tuyau. Il nous frappe sur la main quand nous arrivons en retard à l’école ».
 

Eau, nourriture et santé, un défi quotidien

 

« Nous avons peur d’utiliser les toilettes car ils peuvent être sales et il peut y avoir des maladies.»
Jeune fille de 16 ans, camp de Za’atari

 
Malgré un approvisionnement suffisant en eau et des tests rigoureux sur sa qualité, certains réfugiés méfiants privilégient l’achat d’eau en bouteille, à un prix souvent excessif.
 
Les femmes et enfants ont peur d’utiliser les douches et installations sanitaires, notamment de nuit, tandis que la nourriture reste une préoccupation majeure pour les réfugiés.
Le camp de Za’atari connaît d’ailleurs un nombre alarmant d’enfants en danger de malnutrition aigüe.
 

L’UNICEF agit en Jordanie

 

« Je peux souhaiter tout et n’importe quoi, mais ça ne me donnera pas ce que je veux. Je veux être un activiste. Je ne crois pas en la guerre. »
Jeune de 15 ans du camp de Za’atari

 
Depuis le début de la crise, près de 55 235 enfants réfugiés en Jordanie ont bénéficié d’un appui psychologique et plus de 44 000 ont intégré des programmes éducatifs de rattrapage.
 
L’UNICEF a fourni un million de doses de vaccins contre la rougeole ainsi que 500 000 doses de vitamine A pour répondre aux besoins présents et futurs.
 
Par ailleurs, plus de 200 000 réfugiés ont maintenant accès à des messages de promotion de l’hygiène, grâce aux actions de l’UNICEF et de ses partenaires. Plus de 172 000 ont désormais accès à de l’eau potable.
 
Aujourd’hui, l’UNICEF a besoin de votre aide pour aider ces enfants à se construire un avenir.
 

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