VIH/sida : la transmission mère-enfant n’est plus inéluctable

Publié le 28 novembre 2006 | Modifié le 30 décembre 2015

La campagne mondiale de l’UNICEF "Unissons-nous pour les enfants contre le sida" compte 4 Priorités majeures [voir l’encadré] dont l’une au moins peut et doit être réalisée sans plus tarder : il s’agit de la prévention de la transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant (PTME) avant, pendant et après la naissance. Sans mesures de prévention, 30 à 35% des enfants nés de mères séropositives contractent le virus. L’accès aux services de PTME peut sauver plusieurs centaines de milliers de vies chaque année.

La campagne de l'UNICEF contre le sida compte 4 priorités, dont celle-ci au moins peut et doit être réalisée sans plus tarder.

90% des enfants séropositifs ont été infectés par leur mère à la naissance ou pendant l’allaitement au sein. Ce chiffre atteint à peine 2% en Amérique du nord et en Europe, où les services de Prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME) associent thérapie antirétrovirale, accouchement par césarienne et allaitement artificiel. Or dans les pays les plus touchés par le VIH/sida, moins de 10% des femmes enceintes bénéficient de tels traitements...

Certes, des progrès sont réalisés chaque jour. En République centrafricaine (RCA), par exemple, les mères ont de plus en plus recours aux services de PTME (de 24% de femmes accouchant sous ARV en 2004, on est passé à 40% en 2005) et la lutte contre le sida est devenue une réalité dès que la communication en faveur des programmes de PTME a ciblé autant les hommes que les femmes.

En Zambie, où aucune femme ne bénéficiait de traitement il y a encore deux ans, 20 000 futures mères séropositives ont accès aux PTME sur les 70 000 qui en auraient besoin.

Mieux, au Botswana, la PTME est devenue une marque « grand public » parce que la communauté entière se mobilise contre la maladie et que le gouvernement consacre 25% de son budget à la santé (contre 5% seulement à l’armée). Mais la mobilisation est loin d’être générale pour la majorité des femmes séropositives enceintes, à qui l’on ne propose aucun traitement !

700 000 enfants ont été infectés par le VIH en 2005 et 570 000 sont morts à cause du sida. Sans mesures de prévention, 30 à 35% des enfants nés de mères séropositives contractent le virus à la naissance.

"L'accès aux services de PTME sera réalisé"

Les traitements antirétroviraux peuvent pourtant réduire le taux de transmission du VIH de la mère à l’enfant pendant la grossesse, le travail et l’accouchement. Il peut s’agir d’un traitement d’un mois à la zidovudine (AZT) pendant les dernières semaines de la grossesse ou d’une seule dose de névirapine administrée à la mère lors de l’accouchement, suivie d’une seule dose à l’enfant dans les 72 heures qui suivent sa naissance.

S’ils n’ont pas été davantage généralisés, c’est que leurs prix restent élevés. S’y ajoutent d’autres entraves comme l’éloignement des centres de santé, l’absence de tests (et de matériel réfrigéré pour l’analyse de sang), l’indispensable régularité des traitements... mais ces causes ne devraient pas être insurmontables, dès lors qu’il s’agit de la vie de tant d’enfants. Seules des ressources disponibles et une volonté généralisée permettraient, très vite, de sauver ces enfants.

Revenant sur les quatre priorités de la campagne Unissons-nous pour les enfants contre le sida, le président de l’Unicef France, Jacques Hintzy, livre son sentiment : « Les traitements pédiatriques étaient totalement inexistants avant la campagne de l'Unicef, mais depuis 2005, les choses changent. En ce qui concerne les autres priorités, mon inquiétude principale porte sur la protection des orphelins, je crois que la prévention auprès des jeunes restera difficile mais que l’accès aux services de prévention de la transmission de la mère à l’enfant sera réalisé ».

Vendredi 1er décembre 2006, c’est la journée mondiale contre le sida

En savoir plus

4 priorités

L’Unicef a établi 4 priorités pour sa campagne mondiale de lutte contre le VIH/sida. Ces objectifs doivent être atteints d’ici 2010 :

  • Prévenir les nouvelles infections chez 10 millions de jeunes à travers des programmes de prévention, de sensibilisation et de dépistages volontaires et gratuits.
  • Prévenir 1,3 million de transmissions de la mère à l’enfant par des traitements adaptés (trithérapies) pour les femmes enceintes et une offre de dépistage volontaire et gratuit dans les services d’obstétrique.
  • Procurer des traitements à 800 000 enfants en développant des formulations pédiatriques adaptées aux jeunes enfants des pays pauvres.
  • Protéger et assister 30 millions d’orphelins et d’enfants vulnérables à cause du sida par des services appropriés et un suivi communautaire de santé, nutrition, scolarité, et protection contre les abus et toute forme d’exploitation.

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