VIH/SIDA : les enfants trop souvent oubliés des actions de lutte, de prévention et de traitements

Publié le 30 novembre 2020

Chaque minute et quarante secondes, un enfant ou un jeune de moins de 20 ans était nouvellement infecté par le VIH/SIDA en 2019.

Un bilan épidémique désastreux pour des millions d’enfants

Des améliorations en matière de lutte contre le VIH/SIDA ont beau avoir été réalisées ces dernières décennies – par exemple, entre 2010 et 2019, on constate une diminution de moitié du nombre d’infections au VIH/SIDA chez les enfants de moins de 5 ans infectés pendant la grossesse, la naissance ou l'allaitement, ces progrès sont encore bien trop lents.

D’après les dernières données du rapport « Reimagining a resilient HIV response for children, adolescents and pregnant women living with HIV » publié par UNICEF à l’occasion de Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA, il apparaît que les interventions visant à lutter contre ce virus ont tendance à oublier les enfants.

Beaucoup trop d'enfants et d'adolescents sont encore infectés par le VIH/SIDA (chiffres pour l'année 2019) :

  • 150 000 enfants âgés de 0 à 9 ans ont été nouvellement infectés par le VIH-SIDA, portant à 1,1 million le nombre total d’enfants séropositifs de cette tranche d’âge.
  • 170 000 adolescents âgés de 10 à 19 ans, dont 130 000 adolescentes, ont été nouvellement infectés par le VIH/SIDA, portant à 1,7 million le nombre total d’adolescents séropositifs.

Trop d’enfants et de jeunes ne sont encore pas pris en charge. En effet, les efforts de prévention et de traitement destinés aux enfants restent parmi les plus faibles au sein des principales populations affectées. En 2019, à peine plus de la moitié des enfants dans le monde avaient accès à un traitement qui leur sauverait la vie, une couverture bien moins importante que celle dont bénéficiaient les mères (85 %) et l’ensemble des adultes séropositifs (62%).

Près de 110 000 enfants sont morts du VIH/SIDA cette même année.

« Pendant que le monde se bat contre une pandémie, des centaines de milliers d’enfants continuent d’être victimes des ravages de l’épidémie de sida. […] Il n’existe toujours pas de vaccin contre le VIH. Les enfants continuent d’être infectés à des taux alarmants et de mourir du sida. Et la situation était déjà critique avant que la COVID-19 n’interrompe les services vitaux de traitement et de prévention du VIH, mettant en danger d’innombrables vies supplémentaires. » rappelle Henrietta Fore, directrice générale d’UNICEF

Une situation encore aggravée par la pandémie de COVID-19

La pandémie de COVID-19 a encore ralenti les progrès et exacerbé les inégalités d’accès aux services vitaux contre le VIH/SIDA pour les enfants, les adolescents et les femmes enceintes du monde entier. Ces populations ont été confrontés à des défis supplémentaires pour accéder aux soins, en raison de facteurs tels que le confinement et l’interruption des services, mais aussi la peur et la désinformation, ou encore manque d'équipement de protection individuelle (EPI) dans les établissements, …

Au cours des mois de confinement quasi-mondial (avril-mai 2020), les traitements contre le VIH/SIDA et les tests de charge virale pour les enfants dans certains pays ont chuté de 50% à 70% et la mise en place de nouveaux traitements a baissé de 25 % à 50 %. Les services de dépistage du diagnostic précoce chez le nourrisson ont diminué d'environ 10 %.

Face à cette situation dégradée, UNICEF travaille sans relâche sur le terrain pour adapter et garantir un meilleur accès au traitement et à d'autres services pour les femmes et les enfants vivant avec le VIH et le SIDA : des solutions technologiques numériques telles que la gestion de cas de télémédecine ou soutien télé-psychosocial, l'éducation sanitaire par messagerie sociale, radio locale et télé-soutien virtuel, …

Le ralentissement réel de progrès adéquats signifie que les objectifs mondiaux fixés pour mettre fin au VIH/SIDA chez les enfants et les jeunes femmes d'ici 2020 ne seront probablement pas atteints.

Alors que nous réinventons un monde pour les enfants et les adolescents vivant avec le VIH/SIDA dans le contexte du COVID-19, UNICEF appelle tous les gouvernements à être résilients et à protéger, soutenir et accélérer les progrès mondiaux en matière de VIH pour les enfants, les adolescents et les femmes enceintes vivant avec le virus.

Il est impératif de maintenir les services de santé essentiels et de renforcer le soutien des agents de santé de première ligne et les efforts des communautés elles-mêmes.
 

Vous pouvez vous aussi vous mobilisez en faveur des enfants. En offrant des Happy Box « Kit de 50 tests VIH », vous contribuez concrètement à venir en aide aux enfants et lutter contre la propagation du virus. Des parents ignorant leur séropositivité peuvent transmettre à leur insu, le virus VIH à leur futur enfant, ces tests sont la première étape pour ensuite pouvoir les traiter et éviter que leur enfant naisse avec une maladie dévastatrice.