Violence domestique : un impact à long terme sur la vie des enfants

Publié le 31 juillet 2006 | Modifié le 29 décembre 2015

Un nouveau rapport global révèle l'impact de la violence domestique sur les enfants : les plus jeunes sont quelquefois les plus grandes victimes de cette violence.

Une étude globale publiée le 1er août 2006 par l’Unicef et Body Shop International révèle que vivre entouré de violence domestique provoque sur les enfants un impact dévastateur et durable.

Le rapport définit la violence domestique comme l’abus physique, sexuel ou mental exercé par un parent ou par une personne chargée de la prise en charge d’un enfant. Le rapport conclut que vivre l’expérience de la violence domestique, que ce soit en la voyant, en l’entendant ou en y étant exposé d’une autre manière peut impacter sur le développement physique, émotionnel et social, aussi bien durant l’enfance que plus tard dans la vie.

Dans la grande majorité des cas, la violence domestique est perpétrée contre les femmes. Globalement, une femme sur trois a été battue, contrainte à des relations sexuelles forcées, ou abusée d’une quelconque manière par quelqu’un qu’elle connaît, y compris son mari ou un autre homme de sa famille. Dans le monde, une femme sur quatre a été abusée durant sa grossesse. Le rapport met l’accent sur les faits les moins connus : l’impact sur les enfants exposés à cette violence.

Basé sur des statistiques mondiales issues de l’étude du Secrétariat général des Nations unies sur la violence à l’encontre des enfants, le rapport estime qu’au moins 275 millions d’enfants sont actuellement exposés à la violence domestique. Le fait que la violence domestique soit sous-rapportée et que plusieurs pays n’aient pas la moindre donnée sur le sujet rend difficile de chiffrer l’importance des enfants qu’elle affecte.

« La violence domestique peut avoir un impact négatif durable sur les enfants, a affirmé Ann Veneman, la directrice générale de l’Unicef. Il est primordial que les enfants grandissent dans un environnement stable et en parfaite sécurité, débarrassé de la violence ».

Body Shop International aide à mener une action contre la violence domestique en lançant sa campagne 2006 Stopper la violence à la maison, qui se focalise sur les enfants en les considérant comme des victimes oubliées.

DBE Anita Roddick, fondatrice de Body Shop, a ajouté : « Notre rapport montre que les plus petits sont quelquefois les plus grandes victimes de cette violence. Protéger les enfants devrait être la préoccupation majeure de chaque personne travaillant à en finir avec la violence domestique. Nous pressons chacun de se rallier à cette campagne globale ».

Le rapport révèle que les enfants qui vivent avec la violence domestique ne sont pas seulement confrontés à la détresse d’être cernés par la violence, mais sont en plus davantage menacés que les autres de devenir eux-mêmes victimes d’abus. On estime que 40% des enfants victimes d’abus signalent également des cas de violence domestique chez eux.

Même lorsque les enfants ne subissent pas eux-mêmes d’abus physiques, leur exposition à la violence domestique peut avoir des effets graves et durables. L’impact commence tôt : les études montrent que les enfants plus jeunes sont plus menacés à cette exposition que les plus âgés, ce qui peut détériorer leur développement mental et émotionnel à une période décisive de leur croissance.

Alors qu’ils grandissent, les enfants qui sont exposés à la violence domestique continuent à faire face à toute une série de menaces allant des difficultés scolaires à celles concernant leurs aptitudes à la vie sociale, en passant par la dépression, l’anxiété et d’autres problèmes psychologiques. Ils courent un plus grand risque par rapport aux psychotropes, aux grossesses précoces et au comportement délinquant, selon le rapport.

Le rapport montre également que la meilleure façon de prédire si le cycle de la violence va se perpétuer ou non – avec les enfants pour victimes ou pour futurs auteurs d’actes de violence – dépend de la possibilité pour eux de grandir dans un foyer violent ou non violent. La recherche démontre que la proportion d’abus est plus élevée à l’encontre des femmes dont les maris ont été abusés quand ils étaient enfants ou qui ont vu leurs mères abusées. Beaucoup d’études ont aussi découvert que les enfants issus de foyers violents manifestent des comportements plus agressifs, des actes de brutalité, et risquent trois fois plus souvent d’être impliqués dans des bagarres.

Le rapport insiste pour que les gouvernements et les sociétés accordent davantage d’attention aux besoins spécifiques des enfants qui vivent dans des ménages affectés par la violence domestique. Il identifie des pistes afin d’assurer un meilleur contrôle et un enregistrement systématique de la prévalence de la violence domestique, afin de faire la lumière sur cette réalité cachée.

Les gouvernements ont un rôle vital à jouer pour briser le cycle de la violence domestique et protéger les plus jeunes victimes de cette violence. Il leur est demandé avec insistance :

  • d’améliorer la prise de conscience de l’impact de la violence domestique sur les enfants, à travers des campagnes d’éducation publique et des efforts pour remettre en question les modes de pensées et les habitudes qui pardonnent la violence,
  • de créer des politiques publiques et des lois qui protègent les enfants ; les gouvernements doivent promulguer et appliquer les lois et les politiques qui rendent criminelle la violence domestique et protègent toutes ses victimes,
  • d’améliorer les services sociaux qui s’attaquent à l’impact de la violence sur les enfants dans les ménages ; les interventions de soutien auprès des enfants exposés à la violence domestique aident à minimiser les risques à long terme pour ces enfants et doivent prendre de l’ampleur et être financées de façon adéquat.

La campagne Body Shop Stopper la violence à la maison a pour but d’améliorer la prise de conscience du problème et d’encourager les gouvernements à prendre des mesures de protection et de soutien des enfants exposés à cette forme de violence.

The Body Shop Plc a plus de 2000 magasins de cosmétiques et d’articles de toilette haut de gamme à travers le monde. L’entreprise est engagée dans la protection de l’environnement et le respect des droits de l’homme. Actuellement, près de 3 millions d’euros ont été réunis dans le cadre de la campagne globale Body Shop. La campagne Stopper la violence à la maison en fait partie : elle a débuté en 2003, elle est présente maintenant dans plus de 35 pays.

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