Viser 4 millions de femmes et d’enfants

Publié le 28 octobre 2009 | Modifié le 31 mars 2016

A Madagascar, seuls 48% des parents obtiennent des soins de santé lorsque leur enfant est malade. Les services publics sont affaiblis par la crise politique et l’impact des catastrophes naturelles. La Semaine de la santé de la mère et de l’enfant devrait permettre d’atteindre 4 millions de mamans et de jeunes Malgaches de moins de cinq ans.

Sur l’île de Madagascar, plus de 80 000 enfants meurent chaque année de maladies qui auraient pu être prévenues, avant d’atteindre leur cinquième anniversaire. Diarrhée, infections respiratoires aigues, paludisme. Beaucoup d’enfants n’accèdent pas aux soins essentiels car les infrastructures sont faibles et leurs familles sont pauvres. Dans la capitale Antananarivo, la moitié des enfants de moins de cinq ans accusent un retard de croissance. « Nous sommes sérieusement préoccupés par l'état actuel du secteur de la santé et la capacité du pays à traiter et à prévenir les maladies, particulièrement pour les enfants les plus vulnérables », a déclaré Bruno Maes, représentant de l’Unicef à Madagascar. Pour lui, la Semaine de la santé de la mère et de l’enfant « est importante pour atteindre les enfants et s’assurer qu’ils sont vaccinés, dépistés sur la malnutrition et que leur système immunitaire est renforcé grâce à la vitamine A. »

Une crise politique aux conséquences dramatiques

Depuis le début de la crise en janvier, Madagascar, pays fortement dépendant de l’aide étrangère, a connu une baisse dramatique de son assistance au développement. Comme 86% de l’aide étrangère destinée au pays vient - directement ou indirectement - en appui aux services publics, des services essentiels risquent aujourd’hui de s’évanouir. A titre d’illustration, la réduction du budget destiné au secteur de la santé est estimée à environ 20 ou 30 % du budget initialement prévu pour l’année. Ces déficits financiers ainsi que les incertitudes politiques menacent la continuité et la qualité des services, la disponibilité des médicaments et affectent le moral du personnel de santé.

Ces dernières années, Madagascar a réussi à réduire significativement la mortalité des enfants de moins de cinq ans, passant de 159 décès pour 1000 naissances vivantes en 1997 à 112 en 2007. Une détérioration supplémentaire du système de santé et des autres services sociaux de base vient menacer ces acquis. Bien qu’une assistance humanitaire ait été fournie, elle reste pour l’instant insuffisante face à l’accroissement de la vulnérabilité de la population.

« Nous devons trouver les voies pour sauvegarder les services sociaux de base, poursuit Bruno Maes. Toutes les parties prenantes, aux niveaux national et international, doivent déployer tous les efforts possibles pour atténuer l’impact de la crise sur les populations les plus vulnérables, parmi lesquelles les enfants. »

250 000 enfants menacés

En plus de l’impasse politique, la sécheresse prolongée a mis le sud du pays en danger. Avec l’insuffisance des pluies qui s’étend sur 45 communes, on estime que près de 250 000 enfants de moins de cinq ans sont menacés par l’insécurité alimentaire et la maladie. Une détérioration du secteur de la santé pourrait frapper de plein fouet ces enfants déjà affaiblis par la malnutrition.

« Nous devons faire tout notre possible pour veiller à ce que le droit fondamental des enfants à la survie soit garanti. C’est pour cette raison que nous appuyons - par le biais des structures décentralisées et de l’approvisionnement - la mise en œuvre de cette campagne bi-annuelle pour la santé de la mère et de l’enfant, conclut Bruno Maes. Nous croyons que cette campagne peut temporairement atténuer certaines des conséquences négatives de la faiblesse du système de santé et protéger les enfants de certaines maladies et de la malnutrition. »

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