Yémen : des enfants toujours en danger !

Publié le 25 février 2010 | Modifié le 24 juin 2015

Le froid frappe aujourd’hui les familles déjà affectées par le conflit qui ravage le nord du pays.

Les 250 000 déplacés vivent dans le besoin.

Ahlam enseignait la lecture et l’écriture aux adultes lorsqu’elle habitait Saada. Elle a dû fuir avec sa famille durant le mois du Ramadan, à cause des combats. « Nous avions une maison à Saada, explique-telle. Mais nous avons du partir avec seulement nos vêtements sur le dos. Nos enfants n’ont pas l’habitude de ces hivers si froids, et nous n’avons pas de vêtements chauds pour eux. »

Ahlam et les siens ont trouvé refuge à Amran. Elle partage une maison de 4 chambres avec 9 autres familles, soit 50 personnes en tout. Ces familles louent ce logement depuis 2 mois grâce à l’argent obtenu en vendant l’or des femmes. Mais ces déplacés sont aujourd’hui à court d’argent et ne peuvent plus payer le loyer de février. Le propriétaire menace de les expulser.

Les enfants courent pieds nus. Ils sont nombreux à souffrir d’infections respiratoires, en plus de la malnutrition.

Comme Ahlam, plus de 250 000 personnes déplacées par le conflit depuis 2004 continuent de vivre loin de chez elles, malgré le récent cessez-le-feu. Au sein des camps pour déplacés ou réparties dans des communautés d’accueil, dans les gouvernorats d’Amran et d’Hajjah.

 

Des conditions de vie déplorables

 

Depuis que le conflit l’a poussée à quitter sa maison de Saada pour se réfugier à Amran, Fatma prie jour et nuit pour pouvoir retourner chez elle. Pour rejoindre deux de ses filles restées là-bas. L’une d’entre elles a 10 enfants. Et vit toujours dans cette zone dangereuse du Yémen.

Au 23 décembre, dans la seule ville d’Amran, 20 000 personnes étaient déplacées, comme Fatma. Cette mère de famille est arrivée ici il y a 5 mois, lorsque les combats au nord du pays se sont intensifiés. Elle partage aujourd’hui un appartement avec des proches, tous déplacés comme elle. Les 5 familles, soit 28 personnes, cohabitent dans un espace très limité, complété par des tentes dans la cour, pour que tous puissent avoir une place pour dormir.

L’une des autres filles de Fatma, Shohra, 15 ans, travaille pour améliorer les conditions d’hygiène de leur communauté de déplacés. Après avoir reçu un kit de promotion de l’hygiène distribué par Oxfam, partenaire de l’Unicef, la jeune fille a décidé de rendre visite aux familles déplacées pour leur expliquer comment protéger les enfants des maladies liées à l’insalubrité de l’eau, comme la diarrhée.

«J’explique aux mamans et aux enfants qu’il faut se laver les mains avant et après avoir mangé, après être allé aux toilettes, avant de préparer le repas…», explique-t-elle fièrement.

 

 

L’Unicef sur le terrain

 

L’Unicef aide les enfants déplacés au Yémen, notamment en distribuant des vêtements chauds. Plus de 20 000 enfants ont ainsi déjà reçu des habits pour l’hiver. Avec ses partenaires, l’Unicef fournit également  20 litres d’eau potable par personne et par jour dans les camps de déplacés d’Al-Mazrak. Sans oublier le soutien psycho-social, la distribution de matériel scolaire et l’aide à la prise en charge des enfants déplacés souffrant de malnutrition.

Les enfants qui vivent dans les zones affectées par les combats, comme ceux déplacés, ont aujourd’hui besoin de protection, de vivres, de soins, d’eau potable, d’assainissement.

Soutenir nos actions