Zambie : bébés et mamans, protégés du sida grâce à un legs

Publié le 29 août 2013 | Modifié le 31 mars 2016

« Je cède mes biens à l’UNICEF pour les enfants du Tiers-Monde ». En inscrivant son souhait dans son testament, Lucienne* a participé à hauteur de plus de 100 000€ à un programme de lutte contre le VIH/sida en Zambie, et contribué ainsi à sauver des milliers de vies !

Certains racontent leur histoire, la raison de leur choix. « Je n’ai pas pu avoir d’enfants, alors je veux faire profiter de mon petit patrimoine à ceux qui sont démunis ». « J’ai l’immense bonheur d’être maman de deux enfants, que j’ai élevés dans l’esprit de charité ; aujourd’hui, ils comprennent tout à fait qu’une partie de mes biens ira aux enfants d’Afrique »
 
Lucienne*, elle, n’a laissé sur son testament que cette phrase, d’une écriture appliquée, presque enfantine : « Je cède mes biens à l’UNICEF pour les enfants du Tiers-Monde ». Comme si c’était une évidence, qu’il n’y avait rien d’autre à dire. Cette Bretonne, originaire d’une petite commune du Finistère, s’est mariée, a eu des enfants. Mais la vie a fait qu’ils sont partis avant elle. A son décès en 2010, son patrimoine de 113 473 euros est donc revenu aux enfants défavorisés, comme elle le souhaitait.

 
110 000 enfants séropositifs en Zambie

 
Pour respecter le vœu de Lucienne, l’UNICEF France a affecté son legs à un programme, en Zambie, de prévention de la transmission du virus du VIH/Sida de la mère à l’enfant (PTME) et de prise en charge des nouveaux nés séropositifs. Ce pays détient en effet l’un des taux de prévalence les plus élevés au monde (13,5%), avec en population la plus touchée les femmes enceintes : 16,4% de prévalence… Lorsqu’une mère séropositive n’est pas prise en charge, elle a jusqu’à 40% de risques de contaminer son enfant. Avec prise en charge spécifique, le risque tombe à moins de 5% ! Par ailleurs, parmi les nouveau-nés déjà infectés (ils seraient 110 000 aujourd’hui en Zambie), 1/3 mourront avant leur premier anniversaire, 50% avant leurs 2 ans, et 75% ne fêteront jamais leurs 5 ans… C’est pourquoi la prise en charge de la maman, et du bébé, est indispensable à leur survie à tous les deux !
 
Grâce à la générosité de Lucienne, ce programme lancé par l’UNICEF en 2010 dans deux districts du centre de la Zambie (Chibombo et Kabwe, soit plus de 500 000 habitants) a pu se poursuivre. Son objectif : faire en sorte que les centres de santé puissent prendre en charge les mamans séropositives, leurs bébés, et les enfants déjà contaminés, et que tous aient accès aux soins dont ils ont besoin.
 

-60% de bébés exposés au VIH !

 
Depuis la mise en place du programme, la part de femmes enceintes séropositives recevant des ARV (antirétroviraux) dans les zones ciblées par le projet, est passée de 44% seulement, à 85% en 2012 ! De même, entre 2008 et 2012 dans ces zones, le nombre de nourrissons exposés au VIH a baissé de 60% !
 
Comment ces résultats ont-ils été obtenus ? Le budget total de ce programme – 600 000€ sur 3 ans (2010-2013) – a permis de fournir du matériel aux laboratoires et aux centres de santé, de former du personnel, de sensibiliser les décideurs et la population… Quelques exemples concrets :
 
* Achat et mise en place de 5 machines d’évaluation de la charge virale (très chères mais cruciales, elles permettent de définir le niveau de contamination du patient, d’aider à choisir les traitements adaptés, etc.)
* Fourniture de matériel : 60 hémoglobinomètres, 400 kits de dépistage VIH, 2000 kits pour femmes enceintes, 300 kits sages-femmes, 20 kits chirurgicaux obstétriques… Ainsi que 24 motos pour que les agents de santé puissent se déplacer auprès des patients.
* Séances de sensibilisation auprès des chefs et agents de santé (qui peuvent désormais eux-mêmes sensibiliser chacun environ 200 membres de la communauté), ainsi qu’auprès des leaders communautaires traditionnels ; tous se sont engagés à inciter les parents (pères inclus !) à se rendre aux consultations prénatales, à ne plus accoucher seuls mais assistés médicalement, etc.
* Formation d’agents de santé et d’agents communautaires au dépistage, à la PTME, à la prise en charge des bébés séropositifs, et plus largement à la prise en charge des tout-petits (malnutrition…)
 

Une ligne sur un testament, des milliers de vies sauvées

 
Lucienne a-t-elle pensé à tout cela en rédigeant son testament au profit de l’UNICEF et des « enfants du Tiers Monde » ? A-t-elle imaginé tout ce qui serait rendu possible grâce à sa générosité ? Sûrement que non... Mais elle avait une idée précise de ce qu’elle voulait transmettre à ces enfants : la vie. L’UNICEF a respecté son vœu et grâce à elle, des milliers de vies d’enfants et de mamans peuvent être sauvées chaque année.
 
 
*Le prénom a été changé.

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