Zimbabwe : l'UNICEF a besoin de fonds pour aider les déplacés

Publié le 25 juillet 2005 | Modifié le 31 mars 2016

La petite Taniya dans le camp de transit où elle vit avec sa famille depuis la destruction de leur maison.

D’épais nuages de poussière s’élèvent dans l’air, entraînant un irrépressible plissement des yeux des plus jeunes enfants. Au milieu de cela, Taniya, âgée de trois ans, est figée et larmoyante. Sa douleur provient de cette fumée, ce n’est cependant pas la seule raison de ses larmes.

Il y a trois semaines, sa maison familiale a été détruite, conséquence de la volonté du gouvernement de nettoyer les villes, et de combattre le marché noir présent au Zimbabwe. Ainsi, des dizaines de milliers d’habitations et de magasins- notamment des maisons et des places de marché- ont été détruits. Cette opération a tout particulièrement touché ceux qui vivaient déjà dans la précarité. Les estimations récentes font état de 250 000 personnes ayant perdu leur domicile.

La famille de Taniya n’a jamais été aisée ; la cabane, fabriquée par son père, était constituée de deux pièces. Ce dernier avait économisé pendant huit mois afin de pouvoir acquérir le matériel nécessaire à la construction de la maison, et l’a montée en trois semaines. Quinze secondes ont suffi à la détruire.

Depuis, Taniya vit dans un camp de transit de l’autre côté de Harare, qui compte quatre cents réfugiés. Chiffre qui a augmenté depuis. Certaines familles, comme celle de Taniya, sont arrivées avec un peu plus que ce qu’elles pouvaient porter. D’autres ont utilisé leurs derniers dollars zimbabwéens pour louer un camion, et se trouvent alors dans le camp avec des miroir de courtoisie, des lits doubles et des cuisinières. Des rangées de bâches plastifiées, en lambeaux, offrent une intimité bien relative et protègent des vents nocturnes presque glacés.

Les agences d’aide répondent avec difficulté aux demandes grandissantes d’alimentation en eau, d’installations sanitaires, de bâches, de nourriture et d’assistance médicale des nouveaux arrivés. Selon l’ONU, les opérations engagées par le gouvernement - qui ont lieu au moment où l’aide versée aux Zimbabwéens est drastiquement réduite – ne font qu’augmenter la résolution de la Communauté Internationale, d’isoler le Zimbabwe. Cette situation rend alors la vie de Taniya encore plus difficile.

« Les donateurs ont un droit légitime de connaissance de la gouvernance et des droits humains au Zimbabwe, comme partout ailleurs », dit le Dr Festo Kavishe, à la tête de l'UNICEF au Zimbabwe, qui organise la réponse humanitaire. « Cependant, en différant désespérément les aides nécessaires aux besoins primaires de santé et d’éducation, ceux qui sont concernés restent dans le manque ». « Nous savons que le Zimbabwe n’attire pas beaucoup de dons, cependant il est difficile d’expliquer à ces personnes aimables, éduquées et résolues, pourquoi ils payent le prix des erreurs de leurs politiciens ».

Tout cela arrive alors qu’une série de facteurs complexes et corrélés, imposent déjà une pression énorme sur une grande partie des Zimbabwéens. Le Sida et la sécheresse ont entraîné le plus haut taux mondial de mortalité infantile alors qu’un quart de la population est touchée par le virus. Pendant que les chiffres croissent de façon épouvantable, que les politiciens ont fait leur temps, Taniya s’agrippe à ce qui lui reste, une poupée en plastique. La protégeant de la poussière, elle lui offre la protection que ses parents ne peuvent plus lui offrir.
 

A ce jour, l'UNICEF au Zimbabwe a :

  • distribué 10 000 couvertures
  • distribué 12 km de bâches en plastique pour construire des abris temporaires
  • distribué 18 citernes à eau d'une capacité de 5 000 litres, 200 réservoir d'eau et 1 500 seaux
  • distribué 55 000 litres d'eau potable par jour
  • mis en place des cliniques mobile et des activités de soutien psychologique aux déplacés
  • installé 120 toilettes dans les communautés
  • distribué 2 500 savonnettes
  • distribué du matériel de cuisine  

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