Au Yémen, malgré le conflit, l’UNICEF aide les enfants à retourner à l’école

Publié le 24 juillet 2015 | Modifié le 24 juillet 2015

Sana, 24 juillet 2015 – Le conflit au Yémen a un impact dévastateur sur le système éducatif du pays – et sur les possibilités pour des millions d’enfants d’accéder à l’éducation.

Plusieurs mois de bombardements intensifs et de combats de rue ont entrainé la fermeture de plus de 3 600 écoles et conduit les élèves et leurs familles à se réfugier dans des régions du pays plus sûres. Au moins 248 écoles ont été directement endommagées par le conflit ; 270 autres servent de lieu d’hébergement pour les personnes déplacées et 68 sont occupées par des groupes armés.

Pour éviter que les enfants ne soient privés d’éducation, l’UNICEF soutient des classes de rattrapage pour plus de 200 000 élèves – sur les quelque 1,8 million d’enfants dont la scolarité est interrompue depuis plus de 2 mois. Les classes de rattrapage sont destinées aux élèves du secondaire qui doivent passer l’examen national à la mi-août afin d’obtenir le Certificat scolaire Basique ou Secondaire.

« Donner une éducation aux enfants du Yémen est crucial, pour leur propre avenir mais également pour celui de leurs familles et de leur communauté » a rappelé Julien Harneis, le représentant de l’UNICEF au Yémen. « Nous faisons tout ce qui est possible pour que les enfants puissent retourner à l’école et ne ratent pas complètement leur année scolaire. Nous exhortons toutes les parties au conflit à respecter la sécurité des écoles pour donner une chance aux enfants de pouvoir étudier ».

Le Ministère de l’Education collabore à la mobilisation des enseignants nécessaires, dont certains ont du également fuir la violence. Si les écoles sont endommagées ou sont utilisées comme refuges ou par les groupes armés, des espaces temporaires sous tentes seront mis en place.

Depuis le début du conflit, l’UNICEF travaille avec ses partenaires pour faciliter l’intégration des élèves dont les familles sont déplacées, afin qu’ils puissent passer leurs examens dans toutes les écoles où la sécurité est assurée.

L’UNICEF fournit aussi du matériel scolaire pour les enseignants et les élèves, dont des cahiers, des stylos, des sacs car pour de nombreuses familles dont les revenus sont en baisse et les marchés ont été détruits ou fermés, rendant difficile l’achat des fournitures scolaires nécessaires.

La prochaine année scolaire devrait débuter le 5 septembre, mais tout dépendra de la situation sécuritaire. Dans les écoles qui pourront ouvrir, les élèves bénéficieront de cours de rattrapage pour récupérer le temps perdu à cause du conflit.

« J’ai vu des enfants essayant d’écrire sur le sol, parce qu’ils ont vraiment envie d’étudier » a raconté Jameelah Sailan, la directrice de l’école pour filles de Arwa dans le gouvernorat de Saada. « Beaucoup de parents nous disent combien ils sont inquiets pour leurs enfants qui ne vont plus à l’école. Ils espèrent que la guerre va finir et qu’ils pourront reprendre leur vie et que leurs enfants pourront continuer à aller à l’école et avoir un brillant avenir » a ajouté Jameelah Sailan.

Avant le conflit, le taux net de scolarisation au Yémen était de 79%, bien que 2 millions d’enfants ne soient pas scolarisés en raison du niveau de pauvreté, de la discrimination, de la faible qualité de l’enseignement et du conflit.

L’UNICEF lance un appel de fonds de 11 millions de dollars pour soutenir la réhabilitation des écoles détruites et endommagées, l’approvisionnement en matériel scolaire, la formation des enseignants et des agents communautaires pour dispenser un soutien psychosocial et pour mettre en place la campagne de retour à l’école.