Fin de l’épidémie d’Ebola en Guinée

Publié le 30 décembre 2015 | Modifié le 31 mars 2016

Près de deux ans après le décès du premier enfant victime de la fièvre hémorragique à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, l’UNICEF salue l’annonce de la fin de l’épidémie en Guinée, tout en indiquant que les milliers d’enfants rendus orphelins par la maladie ou ayant survécu devront bénéficier d’un soutien constant.

Paris, le 29 décembre 2015 - « Il convient de rappeler que les enfants ont été fortement touchés par Ebola. Une fois infectés, ils étaient plus vulnérables et couraient plus de risques de mourir. Plus de 22 000 enfants ont perdu un de leurs parents ou les deux, en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone. Ils sont traumatisés et continuent d’être stigmatisés dans leurs communautés. Pour des milliers de filles et de garçons, les conséquences de cette épidémie ne prennent pas fin aujourd'hui. Ils resteront avec eux tout au long de leur vie, et nous devons nous aussi nous engager à rester auprès d’eux », a déclaré le Dr Mohamed Ag Ayoya, Représentant de l'UNICEF en Guinée.

En Guinée, 6 220 enfants ont perdu un de leurs parents, ou les deux, ou la personne qui s’occupaient d’eux, tandis que 230 ont survécu et 519 sont décédés de la maladie à virus Ebola.

La fin de l’épidémie a été déclarée aujourd’hui en Guinée par l’Organisation Mondiale de la Santé et le Gouvernement. La Sierra Leone avait franchi cette étape en novembre et le Libéria devrait emboîter le pas à la mi-janvier.

Un des grands défis maintenant concerne la reconstruction et le renforcement des systèmes de santé, qui ont été profondément impactés par l’épidémie d’Ebola. En Guinée, le taux de vaccination des enfants de moins d’un an a baissé de 30 %, les hospitalisations ont diminué de 54 % et les accouchements assistés de praticiens habilités ont baissé de 11 % entre janvier et août 2014, selon le Ministère de la Santé.

Pour le Dr Mohamed Ag Ayoya, « la faiblesse des systèmes de santé a alimenté l’épidémie dans les trois pays. Et aujourd’hui, le système sanitaire guinéen est encore plus fragilisé. »

L’UNICEF s’est engagé dans la riposte contre l’épidémie depuis le début, en fournissant des équipements essentiels, en déployant des mobilisateurs sociaux pour sensibiliser les communautés, en fournissant de l'eau et des services d’assainissement, en apportant un soutien aux orphelins et aux autres enfants affectés, et en s'assurant que toutes les filles et tous les garçons puissent poursuivre leur scolarité. L’expérience dans les trois pays les plus touchés a montré qu’avec une bonne préparation, les enfants peuvent aller à l’école dans un contexte d’épidémie.

Cette épidémie a révélé par ailleurs l’importance de l’implication des communautés, qui doivent être au cœur de toute intervention d’urgence. L’UNICEF et ses partenaires ont mis place en place des réseaux communautaires afin de s’assurer que les populations prennent les devants.

En Guinée, l’absence de médias de masse ? permettant la diffusion de messages de sensibilisation dans une vingtaine de langues et dialectes a contribué à la propagation des rumeurs et de la peur. Pour y remédier, l'UNICEF a construit six nouvelles stations de radio communautaires et en a réhabilité vingt-trois. Ces stations continuent à diffuser des programmes dans les langues locales et à impliquer les communautés à travers les clubs radio et les émissions d’appels des auditeurs. A Forécariah, une préfecture qui a été particulièrement touchée par Ebola, les programmes radiophoniques de sensibilisation ont joué un rôle important pour mettre fin à l’épidémie.

« Grâce au soutien généreux de nos donateurs, l'UNICEF et ses partenaires continueront à appuyer la reconstruction du système de santé. Le long chemin qu’il reste à parcourir nécessite un suivi fort et soutenu pour s’assurer que le virus Ebola ne trouvera plus de refuge en Guinée », affirme le Dr Ayoya.