Forte augmentation du nombre d’enfants réfugiés et migrants en Europe

Publié le 18 novembre 2015 | Modifié le 19 septembre 2018

Qui sont-ils et que faire pour les plus vulnérables ?

Genève le 13 novembre 2015 – Avec des chiffres records d’enfants réfugiés et migrants – 700 par jour qui recherchent l’asile en Europe – l’UNICEF a identifié 5 groupes d’enfants vulnérables et se mobilise pour adapter ses actions à leurs besoins.

Depuis l’été 2015, le nombre d’enfants et de femmes a régulièrement augmenté, sans ralentir à mesure que l’hiver approche. Le nombre total d’enfants demandeurs d’asile dans l’Union européenne est sans précédent (214 000 au total entre janvier et septembre cette année, selon les dernières données d’Eurostat), tout comme celui des enfants sur les routes. En juin, seulement une personne sur 10 réfugiés et migrants était un enfant, à Gevgelija à la frontière de la Grèce et de l’ex-république yougoslave de Macédoine. En octobre, les enfants représentaient un tiers des réfugiés et migrants enregistrés à la même frontière.

« Ces jeunes gens sont déterminés à avoir une vie meilleure, mais leur avenir est en équilibre lorsqu’ils font le voyage vers l’Europe. Nous ne pouvons pas les laisser tomber, » a déclaré Marie-Pierre Poirier, Coordinateur spécial de l’UNICEF pour la crise des réfugiés et migrants en Europe. « La grande question pour nous est : sommes nous prêts, l’Europe peut-elle faire face, serons-nous capables de donner à ces enfants l’avenir pour lequel ils risquent leur vie ? »

En Suède, 24 000 mineurs non accompagnés ont demandés l’asile, un chiffre plus élevé que le total des enfants non accompagnés ayant demandé l’asile l’année dernière dans toute l’Europe.

Les actions suivantes sont déjà mises en œuvre par les gouvernements, l’UNICEF, le HCR, la Croix-Rouge, les personnels humanitaires de protection et les travailleurs sociaux nationaux, mais elles doivent être intensifiées d’urgence.

1.    Bébés et jeunes enfants : une préparation à l’hiver accélérée est nécessaire pour éviter les maladies et les décès ; éviter les changements soudains et imprévus dans les procédures aux frontières.
2.    Enfants handicapés ou avec des besoins spécifiques : quels que soient leurs handicaps, physique, psychologique, ces enfants ont besoin de structures adaptées et de services spécialisés.
3.    Enfants perdus : afin d’empêcher les enfants d’être séparés de leur famille ou accompagnant durant leur périple, il s’agit d’effectuer un suivi par des agents de protection de l’enfance et des interprètes et d’utiliser des moyens pour identifier les membres d’une même famille et les réunir si besoin.
4.    Enfants abandonnés : ceux qui n’ont pas les moyens financiers, les contacts ou les réseaux de soutien pour trouver de l’argent, tombent aux mains de trafiquants, de gangs criminels et sont exposés à la violence, aux abus sexuels et à l’exploitation ; ils ont besoin de protection et de soins, comme un tuteur qualifié et désigné par les services de protection de l’enfance.
5.    Adolescents non accompagnés sur les routes : ce sont majoritairement des garçons âgés de 14 à 17 ans, beaucoup viennent d’Afghanistan, et ne veulent pas être identifiés comme des enfants non accompagnés ou séparés. Il peut être dans leur intérêt de leur permettre de continuer leur voyage et ainsi de leur éviter d’autres préjudices. Là où les enfants restent dans des centres d’hébergement pendant des mois en attendant que leur procédure de demande d’asile soit traitée, l’UNICEF plaide en faveur de mesures pour augmenter leur sécurité (toilettes séparées, éclairage, présence continue de personnel).

La crise des migrants et réfugiés ne ressemble à aucune autre et pose des défis uniques en termes de réponse aux besoins des enfants et des familles sur les routes, qui parfois ne restent que quelques heures dans les centres de transit. Pour ceux qui font tout leur possible pour venir en aide aux réfugiés et migrants durant leur périple, ce sont de nouveaux défis à surmonter pour les protéger contre les abus et les violations de leurs droits.

« Lorsque les pays progressent et deviennent membres de l’Union européenne avec un PIB fort, il y a la notion qu’ils n’ont plus besoin d’aide, mais la crise des réfugiés et migrants est en train de changer l’Europe et la façon dont nous fonctionnons, » a affirmé Marie-Pierre Poirier. « Réfugiés ou migrants, tous les enfants ont besoin de protection. L’UNICEF est prêt à augmenter son partenariat avec les gouvernements à leur demande et en fonction de l’évolution de cette crise imprévisible. »

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