Investir en faveur des enfants pauvres sauve plus de vies

Publié le 27 juin 2017 | Modifié le 28 juin 2017

Si la communauté internationale n’accélère pas ses progrès en matière de mortalité infantile, d’ici à 2030, près de 70 millions d’enfants mourront avant leur 5e anniversaire.

NEW YORK, le 28 juin 2017 – Les investissements ciblant la santé ainsi que la survie des enfants et communautés les plus démunis présentent un meilleur rapport coût-efficacité que les approches traditionnelles. En effet, ils permettent de sauver presque deux fois plus de vies pour chaque million de dollars É.-U. dépensé que des investissements équivalents en faveur de groupes de population moins défavorisés, d’après une nouvelle analyse de l’UNICEF.

Le rapport Réduire les écarts : L’importance des investissements en faveur des enfants les plus pauvres présente des éléments de preuve irréfutables venant appuyer une hypothèse audacieuse émise par l’UNICEF en 2010 : les coûts supplémentaires engendrés par les mesures permettant à des interventions à fort impact en matière de santé d’atteindre les plus démunis seraient compensés par l’obtention de meilleurs résultats.

« Les résultats sont incontestables : investir en faveur des enfants les plus pauvres est juste en principe et justifié en pratique puisque cette approche permet de sauver davantage de vies pour chaque dollar dépensé », explique Anthony Lake, Directeur général de l’UNICEF. « À une période où chaque dollar compte, ces résultats sont d’une importance capitale pour tous les gouvernements qui œuvrent pour mettre un terme aux décès d’enfants évitables. Investir de manière équitable dans la santé des enfants permet également de leur assurer un meilleur avenir et de rompre le cycle intergénérationnel de la pauvreté. Un enfant en bonne santé est en effet plus enclin à apprendre à l’école et à mieux gagner sa vie une fois adulte. »

Faire baisser la mortalité 3 fois plus rapidement

Si les progrès en matière de mortalité infantile ne s’accélèrent pas, d’ici à 2030, près de 70 millions d’enfants mourront avant leur cinquième anniversaire.

L’étude, qui se fonde sur les nouvelles données tirées des 51 pays qui enregistrent à eux seuls environ 80 % des décès de nouveau-nés et d’enfants de moins de 5 ans, montre que dans ces pays, une plus grande couverture des interventions essentielles ciblant les communautés pauvres a permis de réduire la mortalité infantile environ 3 fois plus rapidement dans ces groupes que dans le reste de la population.

Mais surtout, l’étude est parvenue à démontrer à l’aide de ces données et d’outils de modélisation que les interventions à destination des enfants des groupes pauvres permettent de sauver 1,8 fois plus de vies par million de dollars investi.

Pour parvenir à cette conclusion, 6 interventions majeures en matière de santé ont été utilisées comme indicateurs afin d’évaluer l’accès aux interventions à fort impact en matière de santé maternelle, néonatale et infantile : le recours à des moustiquaires imprégnées d’insecticide pour dormir, l’initiation précoce à l’allaitement, les soins prénatals, la vaccination complète, l’assistance qualifiée à la naissance et la sollicitation de soins pour les enfants souffrant de diarrhée, de fièvre et de pneumonie.

Plus précisément, l’étude a permis de conclure que :

  • l’accès aux interventions à fort impact en matière de santé et de nutrition s’est amélioré plus rapidement ces dernières années chez les groupes pauvres, ce qui a eu pour résultat d’améliorer l’équité de manière significative ;
  • pendant la période étudiée, la baisse absolue des taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans associés à l’amélioration du taux de couverture des interventions a été près de 3 fois plus rapide au sein des groupes pauvres que parmi les groupes non pauvres ;
  • les groupes pauvres enregistrant un taux de natalité plus élevé que le reste de la population, la baisse du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans dans ces communautés s’est traduit par 4,2 fois plus de vies sauvées par million d’habitants ;
  • sur le 1,1 million de vies sauvées dans les 51 pays concernés au cours de la dernière année de l’étude (différente selon les pays), environ 85 % sont issus de groupes pauvres ;
  • bien que les investissements nécessaires par habitant pour améliorer la couverture des interventions au sein des communautés pauvres soient plus élevés que ceux requis pour atteindre le reste de la population, ils permettent de sauver quasiment 2 fois plus de vies par million de dollars investi.

Des mesures concrètes pour réduire les inégalités

Toujours d’après le rapport, des pays aux taux de mortalité infantile élevés tels que l’Afghanistan, le Bangladesh et le Malawi ont pu constater une nette amélioration de la situation après la mise en œuvre de stratégies centrées sur les plus démunis. En effet, entre 1990 et 2015, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a reculé de moitié en Afghanistan et de 74 % au Bangladesh et au Malawi.

Ces résultats arrivent à une période cruciale, alors que les gouvernements continuent d’œuvrer pour atteindre les Objectifs de Développement durable, dont l’une des cibles est de mettre fin aux décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de cinq ans à l’horizon 2030. Investir dans la santé et la survie des enfants permet également de soutenir la réalisation d’autres objectifs mondiaux de développement tels que l’élimination de la pauvreté (ODD 1).

Aussi le rapport Réduire les écarts appelle-t-il les pays à adopter des mesures concrètes pour réduire les inégalités, parmi lesquelles : la ventilation de données afin d’identifier les enfants laissés de côté ; l’intensification des investissements dans des interventions éprouvées afin de prévenir et traiter les principaux facteurs de décès chez les enfants ; le renforcement des systèmes de santé de sorte à rendre les soins de qualité plus accessibles ; l’innovation pour trouver de nouveaux moyens d’atteindre les enfants marginalisés ; et, enfin, la surveillance des écarts en matière d’équité en ayant recours à des enquêtes menées auprès des ménages et aux systèmes d’information nationaux.

 

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