Sports, loisirs et éducation, pour que les collectivités s’engagent dans la lutte contre l’exclusion

Publié le 19 septembre 2017 | Modifié le 19 septembre 2017

Quelles décisions et quelles actions peuvent être facteurs d’épanouissement et de cohésion sociale pour les enfants et les adolescents ? L’éducation par le sport, la culture et les loisirs peuvent-ils être une solution pour lutter contre l’angoisse scolaire, prévenir les phénomènes de repli ? Voici les principales questions qui ont été abordées aujourd’hui, lors de la 13e rencontre des Collectivités amies des enfants, organisée par l’UNICEF France.

Paris, le 19 septembre 2017 - Faisant écho aux résultats de la 3e Consultation nationale des 6-18 ans de l’UNICEF France (Grandir en France, le lieu de vie comme marqueur social), cette rencontre a été l’occasion de traiter de façon concrète comment les collectivités peuvent être un acteur majeur pour lutter contre l’exclusion sociale des enfants et des adolescents, notamment les plus vulnérables, en favorisant leur accès aux sports, aux loisirs et à l’éducation, facteurs de lutte contre les inégalités.

Les Collectivités, acteurs clés de l’éducation

« Nous l’avons déterminé lors de la dernière Consultation nationale des 6/18 ans, un enfant privé d’activités de loisirs va, dès le plus jeune âge se sentir disqualifié par rapport aux autres. Dès l’enfance, il a conscience qu’il n’a pas les mêmes chances de réussite. Vous, collectivités locales avez donc, en tant qu’acteur éducatif de proximité, un grand nombre de clés en votre possession pour accompagner les enfants et les jeunes vers un avenir meilleur, » a tenu à rappeler Jean-Marie Dru, président de l’UNICEF France, à l’ouverture de cette rencontre.
 
L’objectif de cette rencontre annuelle est de valoriser le foisonnement de projets et d’actions que les collectivités mettent en œuvre au quotidien pour le meilleur accompagnement possible des jeunes dans leurs territoires. Elle offre aux élus, agents territoriaux et représentants de l’UNICEF France présents l’opportunité de partager des expériences reproductibles, des innovations locales, qui peuvent passer à l’échelle et nourrir leur réflexion et leur expertise commune sur l’application de la Convention internationale des droits de l’enfant au niveau local en France.

L’expérience française de l’initiative Ville amie des enfants

Pour introduire cette réflexion, il faut souligner l’intervention de Serge Paugam, sociologue spécialiste du lien social, qui accompagne l’UNICEF France, depuis l’origine sur la Consultation nationale des 6/18 ans. Il est l’auteur de l’analyse des résultats, pour permettre à l’UNICEF de fournir aux pouvoirs publics des indicateurs sur la situation des enfants et des jeunes en France en matière d’intégration et de privation, de malaise adolescent ou encore d’inégalité liées au quartier d’habitation. « Notre dernière consultation confirme les inégalités liées à la localisation et le sentiment des enfants de ces quartiers d’avoir moins que les autres, au-delà des privations d’ordre économique. Ils sont attachés à leur quartier. C’est leur refuge, là où se trouvent leurs amis et leur famille, ainsi que des ressources pour surmonter leurs difficultés. Cette étude offre une aide précieuse pour penser différemment les politiques publiques et, pour les collectivités, les actions à mettre en œuvre sur ces territoires,» a-t-il expliqué.
 
A signaler également, la présence d’une délégation, venue tout spécialement du Vietnam, avec Nguyen Thi Thu, vice-présidente du Comité Populaire et adjointe au maire chargée des Affaires sociales de la Ville d’Ho Chi Minh et de Youssouf Abdel-Jelil, représentant du Comité UNICEF Vietnam. En effet, l’expérience française de l’initiative Ville amie des enfants est un modèle duquel ils sont venus s’inspirer, à l’instar de bon nombre de pays à travers le monde.
 
A ce jour, avec 15 nouvelles villes et intercommunalités qui ont intégré le réseau cette année, les Collectivités amies des enfants comptent 227 villes, 14 intercommunalités et 6 départements. « Tâchons, ensemble, de continuer à unir nos forces et à faire faire preuve de la plus grande détermination pour permettre à tous les enfants et adolescents, et en particulier aux plus vulnérables d’entre eux, d’évoluer dans un contexte social, culturel, éducatif, respectueux de leurs besoins et attentes spécifiques, » a appelé Jean-Marie Dru.