Situation critique pour près de 25 000 enfants réfugiés et migrants

Publié le 05 mai 2017 | Modifié le 05 octobre 2018

Les enfants réfugiés et migrants bloqués dans les pays de transit européens en souffrance psychologique face à un avenir incertain.

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NEW YORK / GENÈVE, le 4 mai 2017 – Près de 75 000 réfugiés et migrants, dont environ 24 600 enfants, actuellement bloqués en Grèce, en Bulgarie, en Hongrie et dans les Balkans occidentaux risquent de souffrir de détresse psychologique en raison de l’incertitude persistante qui entoure leur situation, alerte aujourd’hui l’UNICEF. Bien qu’ils aient le droit légitime de rejoindre leur famille dans leur pays de destination en Europe de l’Ouest, par exemple l’Allemagne ou la Suède, la plupart des demandeurs d’asile bloqués ne savent pas s’ils pourront continuer leur chemin, ni quand.

La situation est particulièrement critique pour les mères seules et les enfants bloqués en Grèce ou dans les Balkans qui attendent de retrouver les membres de leur famille dans d’autres pays de l’UE. Dans de nombreux cas, ce sont les hommes qui partent en Europe, puis le reste de la famille les rejoint plus tard. Mais avec la fermeture des frontières et la déclaration UE-Turquie de 2016, les personnes parties rejoindre leur famille se retrouvent bloquées dans des pays de transit depuis lesquels elles doivent faire des demandes de regroupement familial. Ce processus prend généralement entre 10 mois et deux ans.

« Nous rencontrons des mères seules et des enfants bloqués en Grèce, en Serbie et en Bulgarie qui n’ont pas vu leur mari ou leur père depuis des mois, voire des années », explique Afshan Khan, Directrice régionale de l’UNICEF et coordonnatrice spéciale pour la crise des réfugiés et des migrants en Europe. « Le processus de regroupement familial est lent, son dénouement, incertain, et c’est cette incertitude qui peut être à l’origine d’une détresse émotionnelle et d’une anxiété conséquentes pour les enfants et les familles ».

L’UNICEF et ses partenaires en Grèce surveillent la santé mentale et les risques de dépression chez les mères seules et les enfants qui attendent un regroupement familial. L’UNICEF fournit également un soutien psychosocial. « Beaucoup de mères seules se sentent coincées et semblent avoir perdu toute forme de motivation », affirme Sofia Tzelepi, une avocate qui travaille avec Solidarity Now, partenaire de l’UNICEF. « Leur état émotionnel affecte leurs enfants ».

La plupart des demandes de regroupement familial proviennent d’enfants et d’individus séparés de leur famille qui sont bloqués en Grèce. Mais à cause du nombre de dossiers et de l’implication d’au moins deux États membres de l’UE, le processus peut s’avérer particulièrement long. En 2016, près de 5 000 demandes de regroupement familial ont été déposées en Grèce, dont 700 par des enfants non accompagnés ou séparés. Seuls 1 107 demandeurs ont pu rejoindre leur destination avant la fin de l’année. Pendant ce temps, le nombre de réfugiés et de migrants bloqués en Grèce, en Hongrie et dans les Balkans occidentaux continue de progresser. Il a augmenté d’environ 60 % au cours de l’année écoulée, passant de 47 000 en mars 2016 à près de 80 000 à la fin du mois d’avril.

« Le meilleur moyen de garantir que les enfants soient protégés est de ne pas séparer les familles. C’est pourquoi le processus de regroupement familial pour les réfugiés et les migrants est si important », explique Afshan Khan. « Puisque le nombre de personnes bloquées ne cesse d’augmenter, il faut que les États membres réduisent les complications procédurales afin que les familles puissent se regrouper aussi rapidement que possible ».

L’UNICEF continue de fournir un soutien psychosocial aux enfants et familles réfugiés et migrants en Grèce et dans les Balkans occidentaux, notamment avec les mesures suivantes :

  •       Grèce : soutien à 11 centres d’assistance aux enfants et aux familles (« points bleus ») et fourniture de services d’aide psychologique et de santé mentale à Athènes et dans cinq sites ouverts dans la région de l’Attique ;
     
  •       Bulgarie : formation de la police des frontières, de la Direction des migrations et des services de protection de l’enfance dans les zones frontalières avec la Turquie à la protection des enfants réfugiés et migrants et soutien psychosocial via des centres d’assistance aux enfants et aux familles nouvellement établies ;
     
  •       Serbie : soutien à des espaces amis des enfants et des services sociaux de l’État dans le pays ;
     
  •      Ex-République yougoslave de Macédoine : soutien psychosocial aux enfants et aux mères dans les centres d’assistance aux enfants et aux familles de Gevgelija et Tabanovce ;
     
  •       Croatie : soutien psychosocial aux enfants via un centre ami des enfants à Zagreb ;
     
  •     Slovénie : appui technique au Gouvernement pour remédier aux principales lacunes du système de protection de l’enfance.

 

Un jeune afghan en train de dessiner dans un centre d'enregistrement Blue Dot (Point Bleu) à Athènes, en Grèce.

© UNICEF/UN057927/Gilbertson

 

 

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