Soudan du Sud: des enfants tentent de survivre à cette crise oubliée

Publié le 11 mars 2016 | Modifié le 23 mai 2016

Le financement humanitaire pour le pays le plus jeune du monde est en forte baisse, selon l'UNICEF, ce qui met la vie de dizaines de milliers d'enfants en danger.

JUBA, Soudan du Sud, le 11 mars 2016 — Malgré un appel d'urgence de 155 millions de dollars de l'UNICEF en 2016 pour financer des interventions vitales au Soudan du Sud, comme le traitement de la malnutrition, des soins de santé et l'approvisionnement en eau potable pour plus de 5 millions d'enfants affectés par la crise, seulement 27 millions de dollars (soit 18% des besoins) ont été reçus.
Cet écart de 128 millions de dollars signifie que 3,3 millions d'enfants ne seront pas vaccinés contre la rougeole, 260 000 enfants affectés par ce conflit ne feront pas leur rentrée scolaire, et tout effort à la réunification familiale de 7 300 enfants sera interrompu. Les provisions nutritionnelles viendront à manquer dès août.

"Cette crise oubliée menace la vie de dizaines de milliers enfants, dit Jonathan Veitch, Représentant UNICEF du Soudan du Sud. "Le fait est que sans soutien financier adéquat, nous ne pourrons simplement plus fournir les services nécessaires à la survie de ces enfants souffrant de malnutrition, diarrhée, paludisme, et autres maladies évitables par vaccination."

L'appel de fonds de 2016 de l'UNICEF inclut le financement de traitements pour plus de 166 000 enfants souffrant de malnutrition sévère, pour l'éducation de plus de 500 000 enfants, et pour la libération et la réintégration de 16 000 enfants ayant été recrutés dans des groupes armés. Presque 100 groupes partenaires comptent sur le financement et le soutien de l'UNICEF, et seront obligés de réduire leurs services dans les communautés les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre. Cela inclut la plupart de nos partenaires pour la nutrition et la protection des enfants.

La violente crise du Soudan du Sud entre dans sa troisième année et les combats se sont propagés dans des zones pourtant calmes auparavant, dans l'ouest du pays telles que Wau et Équatoria-Occidental, où l'UNICEF n'avait pas prévu d'avoir à intervenir. De plus, le pic de la saison de la soudure arrive en mai et amènera avec lui un risque de famine pouvant affecter plus de 40 000 personnes de l'État Unité déjà fortement touchées par la violence.

En plus de ces besoins immédiats, le nombre croissant de familles urbaines si pauvres qu'elles ne peuvent se procurer même un seul repas par jour à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires est inquiétant. Dans la capitale de Juba, les taux de malnutrition chez les enfants sont trois fois plus élevés que dans les zones rurales alentours. 

"Pour la première fois depuis le début de cette crise, les enfants sont en danger non pas par manque d'accès ou de capacité, mais par manque de financement," ajoute Veitch. "L'aide humanitaire est maintenant le seul obstacle entre la survie et le dénuement total. Si nous voulons donner un avenir aux plus jeunes de la nation la plus jeune du monde, il nous faut plus de financement immédiatement."

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