150 000 Yéménites toujours isolés

Publié le 14 septembre 2009 | Modifié le 24 décembre 2015

Les agences humanitaires n’ont toujours pas accès à des milliers de familles bloquées dans la province de Saada. Dans cette zone de combats entre armée et rebelles, les enfants ont besoin d’eau, de vivres, de protection.

«Cela fait quatre semaines que les derniers conflits ont débuté dans la province de Saada, explique Sigrid Kaag, directrice régionale de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Les agences humanitaires n’ont toujours pas accès à la grande majorité des déplacés et aux personnes coincées dans les zones de combats. Le nombre de blessés n’est toujours pas connu mais nous nous attendons à ce qu’il soit très élevé.»

L’Unicef et d’autres agences des Nations unies sont en discussion permanente avec le gouvernement yéménite pour la création de corridors humanitaires. Mais pour l’instant, pas de grande avancée. Le 24 août dernier, des travailleurs humanitaires ont réussi à atteindre Amran, à 90 kilomètres de la ville de Saada et ont ainsi pu prendre en charge des déplacés qui venaient d’y trouver refuge. Mais l’accès à Saada est toujours bloqué. Les différentes agences des Nations unies ainsi que les ONG espèrent que les différentes parties du conflit permettront au plus vite à l’assistance humanitaire d’accéder en sécurité aux civils affectés.

Les enfants en première ligne

« Nous pensons que la majorité de ces populations déplacées sont des enfants, poursuit Sigrid Kaag. Leur accès aux services essentiels (…) est très limité dans ces conditions. Ils ont besoin d’abris. Ils ont besoin de nourriture. Ils ont besoin d’eau potable. Toutes les parties à ce conflit doivent protéger les enfants des maladies et de la violence… » A Saada, les enfants vivent dans la pénurie. En plus d’être coupée de l’assistance humanitaire, la ville n’est plus approvisionnée en nourriture et autres secours indispensables.

Au Yémen, les seuls enfants qui ont pour l’instant pu être pris en charge sont ceux qui ont réussi à fuir jusqu’aux gouvernorats de Hajja, Amran ou Al Jawf. L’Unicef se mobilise notamment pour leur apporter de la nourriture, de l’eau potable et une protection.
 
Si un corridor humanitaire s’ouvre jusqu’à Saada et si les fonds nécessaires sont réunis, l’Unicef pourra soigner 250 000 personnes atteintes de malnutrition aiguë, dont 75 000 enfants.
 

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