Derrière les coulisses logistiques de la première organisation humanitaire pour l’enfance

Publié le 07 octobre 2016 | Modifié le 25 novembre 2016

Comment être capable de donner aux enfants une réponse adaptée en cas d’urgence en 72 heures ? Comment fournir des vaccins à plus de la moitié des enfants du monde ? Ou encore, des médicaments antiviraux à 54 pays ? 
Toutes ces questions et bien d’autres encore, ont été abordées lors de la visite de la Division des approvisionnements de l’UNICEF située à Copenhague au Danemark.
Laissez-vous embarquer dans cette visite pour observer le fonctionnement de l’UNICEF et toute la logistique liée à nos actions.

Lors de la 112e édition du Congrès des notaires, qui s’est déroulée à Nantes en juin 2016 et à laquelle a participé l’UNICEF France, il a été organisé un quizz portant sur les missions de l’UNICEF. Parmi une centaine de notaires participants, une dizaine d’entre eux ont été sélectionnés pour participer à une mission de découverte du centre logistique UNICEF de Copenhague. Ce groupe de notaires accompagné de trois membres du service Libéralités et Assurances-vie du comité français pour l’UNICEF, et de la directrice de l’Annuaire Officiel du Notariat, notre partenaire, a participé à cette aventure le 23 septembre 2016.

Le but de cette visite était de faire découvrir à ces professionnels du droit, comment l’UNICEF répond en temps et en heure aux urgences humanitaires et aux problématiques de santé, de protection et de développement des enfants, partout dans le monde

Les actions de l’UNICEF sont, tant pour les professionnels que pour le grand public, souvent méconnues, insuffisamment relayées dans les médias et reléguées à un niveau international de la part le statut de l’organisation, et de ce fait éloignées du quotidien des français.

C’est pourquoi, il nous a semblé important d’ouvrir les portes de ce centre logistique à quelques privilégiés qui pourront ainsi témoigner de l’ampleur des moyens mis en œuvre pour répondre aux attentes toujours plus pressantes et croissantes des enfants sur le terrain.

Toutes ces opérations ne peuvent se réaliser que grâce aux fonds collectés et à la générosité publique.

Le programme de notre visite était dense. Ayant décollé de Paris à 7h15, le réveil fut plutôt matinal ! 4h du matin pour certains, un peu plus tard pour d’autres,… sachant que la plupart des notaires venant de province, avaient commencé leur trajet la veille au soir.

Nous avons été accueillis avec chaleur par le personnel local de la division des approvisionnements, chargée de superviser les opérations logistiques de l’UNICEF dans le monde. Après un discours explicatif sur les missions et actions de l’UNICEF – et un petit déjeuner bien mérité – nous avons démarré la visite. 

La taille du centre est impressionnante… équivalente à 3 terrains de football, soit 23 300 m2 ! Il héberge seul 5% de l’intégralité des fournitures de l’UNICEF. 
Les notaires posaient de nombreuses questions avec curiosité: comment sont stockés les vaccins ? Peut-on acheter un kit de première enfance pour nos enfants ? Est-ce que l’UNICEF est la seule organisation à utiliser et gérer ce centre ? 
Tous ces matériels, médicaments et kits sont stockés et rangés dans des cartons ou des caisses métalliques suivant un classement savamment organisé et automatisé. A l’automatisme des machines s’ajoute la gestion informatique des stocks qui génère un ballet incessant de mouvements du personnel UNICEF et des marchandises en partance ou à réceptionner en vue de les réorienter.

La recherche et le développement derrière chaque fourniture : rien n’est laissé au hasard !

Il est surprenant, de découvrir que le choix de chaque fourniture est étudié : même les couleurs de certains outils didactiques sont pensés pour servir au plus grand nombre d’enfants. Il est préférable d’utiliser la couleur jaune plutôt que le blanc pour les enfants ayant des difficultés de vision.

Citons en exemple, l’achat des moustiquaires. En effet, l’UNICEF fournit des moustiquaires de trois couleurs différentes : blanc, bleu et vert, car dans certains pays il y a des superstitions liées à la couleur. 

Un autre exemple marquant est le développement des ballons de football très résistants, pour permettre aux enfants de jouer même sur des terrains très accidentés.  

Il faut également souligner la passion avec laquelle Joan Howe, spécialiste en communication de la Division d’approvisionnement,  a expliqué toute la recherche pédagogique ayant abouti au développement et à la création de l’école en boîte -un kit contenant des fournitures et du matériel destinés à un enseignant et 40 élèves. Cette description a particulièrement marqué Maître Clotilde PALOT, notaire à Bray sur Somme « La boîte pour l’école, c’est assez fabuleux. Je n’avais pas pensé que c’est tout à fait différent quand on a son propre cahier, ses propres crayons, cela donne une identité aux enfants. »

De l’économie d’échelle au développement durable 

L’UNICEF cherche à acheter des vaccins en négociant au maximum les prix, de manière à faire des économies d’échelle et optimiser au mieux l’utilisation des fonds provenant de nos donateurs et bienfaiteurs. Toutefois, pour l’UNICEF, il est nécessaire et prioritaire aussi d’acheter ces vaccins à des pays en voie de développement afin d’alimenter leur économie, tout en respectant des standards de qualité très stricts. « Nous pouvons décider de payer un vaccin un peu plus cher, s’il s’agit d’un nouveau laboratoire que nous souhaitons aider à se développer. » expliquait Joan. 

Maître Philippe PEMONT notaire à Amiens confie à ce sujet : « J’ai été particulièrement impressionné ! Cela a changé ma façon de voir les associations parce qu’en fait j’ai découvert une entreprise. Une entreprise dont le but est de faire des économies de manière à aider les enfants. Jusque là ma vision de l’association, c’était uniquement des gens qui étaient là pour promouvoir, récolter des fonds.  Aujourd’hui j’ai vu des gens qui agissent et qui font les choses pour les enfants, pour les populations qui souffrent terriblement.  J’ai été vraiment impressionné par le travail, l’organisation, dont parfois certains gouvernements devraient s’inspirer ».

Une expérience chargée de sens 

À la fin de la visite, Joan partage avec nous son expérience sur le terrain « L’école en boîte est emballée dans une boîte qui ressemble à une caisse de munitions. Un jour, nous avons été arrêtés par un groupe d’enfants armés qui nous a demandé d’ouvrir ces boîtes. Ayant été formés auparavant à prendre au sérieux les enfants soldats, nous avons obéi. Quand ils ont découvert les livres, les cahiers, les couleurs et les jeux à l’intérieur des boîtes, ils ont laissé tomber leurs armes. C’était des enfants avant tout… ». C’est à ce moment là que cette mission de découverte prend tout son sens, où notre travail derrière les coulisses de l’UNICEF trouve une valeur unique et où la  générosité de nos donateurs et de nos bienfaiteurs porte ses fruits. 

Car comme le disait justement Malala Yousafzai,  Prix Nobel de la Paix, « Un enfant, un enseignant, un livre et un stylo peuvent changer le monde ». 

Crédits photos : © UNICEF_COPENHAGUE_2016/KimBalle

Média

Soutenir nos actions