Marie : la tragique histoire d’une enfant forcée à tuer au Soudan du Sud

Publié le 30 avril 2018 | Modifié le 07 mai 2018

Kidnappée avec son frère par un groupe armé, Marie a été obligée de combattre alors qu’elle n’était qu’une enfant.

Marie*, en photo ci-dessus, sort tout juste d’un match de volleyball avec d’autres enfants du Centre financé par l’UNICEF où elle vit. L’adolescente de 16 ans a beaucoup transpiré, mais elle est loin d’être à court d’énergie. Elle est souriante, forte, en pleine forme. Elle semble confiante et heureuse. Mais quand elle raconte son histoire, son sourire disparaît.

Des enfants arrachés à leur famille

Un jour, alors qu’elle avait 8 ans, son frère et elle sont allés chercher de l’eau. Un groupe armé a profité du fait qu’ils étaient seuls et loin de chez eux pour les enlever. Marie ne savait rien d’eux. La première semaine, elle et son frère ont été emprisonnés dans un endroit cerné de barbelés pour les empêcher de s’échapper. L’emprise de ses ravisseurs était si grande que l’idée même de fuir paraissait lointaine et irréalisable pour les deux enfants. La pensée de son père inquiet n’a toutefois jamais quitté Marie.

Pendant plus de trois ans, elle est restée dans la brousse avec les hommes armés. Tandis que son frère a été employé comme domestique dans la maison d’un des soldats, elle a été formée au maniement d’armes à feu. Elle a rapidement rejoint une unité de combat, et a dû prendre d’assaut des villages. Puis elle a dû piller. Et finalement tuer.

Des traumatismes infligés aux enfants

Un souvenir la hante aujourd’hui encore. Le groupe armé qui l’avait kidnappée a capturé une famille. Par pure cruauté, les combattants se sont livrés à des actes terribles. « Ils ont forcé la mère à tuer ses propres enfants, confie Marie. Ensuite, le père a dû tirer sur la mère. Et après, ils m’ont dit de tuer le père. Je l’ai fait. » Elle ne parvient pas à retenir ses larmes.

C’est pour elle et tous les autres enfants enlevés par des groupes armés que l’UNICEF se mobilise. Ces enfants privés d’éducation sont traumatisés après avoir passé des années à être les témoins d’exactions. Parfois, certains ont été obligés à en commettre et sont donc stigmatisés, rejetés. Les centres de transit implantés par l’UNICEF et ses partenaires aident ces enfants à prendre un nouveau départ.

Désormais hébergée dans un centre où elle bénéficie d’un accompagnement psychosocial, Marie se projette à nouveau dans l’avenir. Et son ambition n’a pas de limites. « Un jour, je serai présidente, affirme-t-elle fermement en essuyant ses larmes. Et je ferai une loi qui interdit de forcer les enfants à faire la guerre. »

Pour offrir à Marie et à tous les autres enfants du Soudan du Sud un avenir loin de la violence, faites un don à l’UNICEF.

*Son prénom a été modifié.