Nigéria : de plus en plus d’enfants utilisés comme "bombes humaines" notamment par Boko Haram

Publié le 22 août 2017 | Modifié le 05 septembre 2017

L’UNICEF est extrêmement préoccupé par une augmentation effroyable de l’utilisation cruelle et calculée d’enfants, en particulier de filles, comme « bombes humaines » dans le nord-est du Nigeria. Au cours des dernières années, des enfants ont été utilisés de cette façon à maintes reprises et, cette année, leur nombre est déjà quatre fois supérieur à celui de l’an passé.

Depuis le 1er janvier 2017, 83 enfants ont été utilisés comme « bombes humaines » : 55 d’entre eux étaient des filles le plus souvent âgées de moins de 15 ans, 27 étaient des garçons, et l’un était un bébé attaché à une fille.

Utiliser des enfants de cette manière est une atrocité. Les enfants utilisés comme bombes humaines sont avant tout des victimes, et non des coupables.

Le groupe armé connu sous le nom de Boko Haram a parfois, mais pas toujours, revendiqué ces attaques qui ont pour cible la population civile.

L’utilisation d’enfants dans de telles attaques crée d’autant plus la suspicion et la peur à l’égard des enfants qui ont été libérés, rescapés ou qui se sont échappés du groupe armé Boko Haram. De nombreux enfants captifs qui ont réussi à s’enfuir font par conséquent face au rejet lorsqu’ils tentent de réintégrer leur communauté, ce qui aggrave leur souffrance.

Tout cela se déroule dans le contexte d’une crise massive de déplacements et de malnutrition, une combinaison également mortelle pour les enfants. Actuellement, 1,7 million de personnes sont déplacées en raison de l’insurrection dans le nord-est; 85 pour cent d’entre elles se trouvent dans l’État de Borno, où ont lieu la plupart de ces attaques.

Le nord-est du Nigeria est l’une des régions parmi quatre pays où se profile le spectre de la famine, jusqu’à 450 000 enfants risquant de souffrir de malnutrition sévère aiguë cette année.

L’UNICEF apporte un soutien psychosocial aux enfants qui ont été détenus par le groupe armé Boko Haram, et travaille également avec les familles et les communautés afin de les encourager à accepter les enfants à leur retour. Cela comprend un soutien à la réinsertion sociale et économique pour les enfants et leur famille.

L’UNICEF soutient également des activités de réconciliation dans le nord-est du Nigeria, menées par des chefs communautaires et religieux respectés, y compris des femmes influentes, afin de promouvoir la tolérance, l’acceptation et la réintégration.

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