François Hollande annonce la signature par la France de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles

Publié le 21 février 2017 | Modifié le 22 février 2017

France : Un pas dans le bon sens pour protéger les écoles

Paris, le 21 février 2017 – L’annonce par le Président François Hollande ce matin de l’engagement de la France en faveur de la Déclaration de sécurité dans les écoles (SSD) est un signal fort à la communauté internationale et permet de consolider la protection juridique des enfants et de leur éducation. En approuvant la déclaration, qui a pour but de protéger totalement les écoles en temps de conflit, la France reconnait l’importance des établissements d’éducation pour l’avenir d’un pays.

Cette décision fait suite à plusieurs mois d’efforts de sensibilisation de l’UNICEF France et de Human Rights Watch auprès des pouvoirs publics à l’importance de ce texte pour protéger les enfants pris dans les conflits.

« Quand des militaires attaquent ou occupent des écoles, les élèves et enseignants sont mis en danger, voire empêchés d’accéder à leurs établissements, les privant de leur droit à l’apprentissage », a déclaré Bénédicte Jeannerod, Directrice France de Human Rights Watch. « En affirmant son soutien à cette déclaration, la France peut à la fois mettre à profit son leadership au niveau international et donner des ordres à ses propres troupes afin de protéger les élèves et le personnel scolaire dans les zones de conflit à travers le monde. »

La France devient le 58ème pays et le premier Etat membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies à signer cette déclaration, permettant ainsi d’entrainer d’autres pays à faire de même.

En 2016, Human Rights Watch et UNICEF France ont lancé des campagnes de communication afin d’informer et mobiliser le grand public pour qu’il demande au gouvernement français de signer cette déclaration. Deux films (l’un de Human Rights Watch et l’autre de l’UNICEF) sur la problématique des écoles occupées par l’armée ont notamment été créés et diffusés sur les réseaux sociaux.

« Protéger les écoles peut garantir un meilleur avenir à un pays pris dans un conflit armé », a déclaré Sébastien Lyon, directeur de l’UNICEF France. « Une fois que les combats ont pris fin, avoir une population éduquée et des infrastructures scolaires opérationnelles renforce les efforts de reconstruction et de retour à la normale, et augmente les chances d’une paix durable ».

L’annonce de l’engagement de la France en faveur de cette déclaration intervient au moment où se tient à Paris une conférence internationale co-organisée par l’UNICEF et le Ministère des Affaires étrangères, intitulée « Protégeons les enfants de la guerre », dont l’objectif est de mobiliser l’attention et les efforts de la communauté internationale afin d’intensifier l’action collective pour prévenir et faire cesser les atteintes graves contre les enfants dans les conflits armés.

Actuellement, un enfant sur dix vit dans un pays ou une zone affectés par un conflit armé. Ces dernières années, les écoles ont fait l’objet d'attaques délibérées dans plusieurs crises et continuent d’être occupées, détruites ou utilisées par des armées dans les zones de conflit, privant trop d’enfants de leur éducation. Pourtant, même lors des conflits, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une priorité.

La Déclaration sur la sécurité dans les écoles est un accord non-contraignant proposé au soutien des États lors d'une conférence internationale organisée à Oslo (Norvège) en mai 2015. En vertu de cette déclaration, les écoles pourront être protégées même lorsqu’elles ont été désertées par les enfants et le personnel, afin d’éviter une désorganisation durable du service d’éducation du pays au moment où il en aura le plus besoin, au moment de sa reconstruction.

Les cinquante-sept pays qui se sont déjà engagés en faveur de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles comprennent notamment plus de la moitié des États membres de l'Union européenne, la moitié des États membres de l'OTAN et douze États membres de la Francophonie. 

Plusieurs des pays les plus touchés par les attaques contre les écoles et l'utilisation militaire des écoles ont soutenu la déclaration, notamment l'Afghanistan, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Somalie, le Soudan du Sud et le Soudan. Une deuxième conférence sur la sécurité dans les écoles sera organisée par le gouvernement argentin les 28 et 29 mars 2017.