Nigéria : Près de 250 000 enfants souffrent de malnutrition sévère dans l'état de Borno

Publié le 19 juillet 2016 | Modifié le 20 juillet 2016

D’après l’UNICEF, près de 250 000 enfants sont sévèrement touchés par la malnutrition dans l’état de Borno, au nord-est du Nigéria, et sont en danger de mort. La crise humanitaire provoquée par Boko Haram continue à s’étendre dans la région.

ABUJA/DAKAR/NEW YORK/GENEVE, 19 Juillet 2016 – Alors que de plus en plus de zones dans le nord-est du pays deviennent accessibles à l’aide humanitaire, la crise nutritionnelle affectant les enfants révèle son ampleur. L’agence des Nations Unies pour les enfants appelle tous les partenaires à se joindre à la réponse humanitaire et les donateurs à subvenir aux besoins financiers de manière urgente.

Sur les 244 000 enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère dans l’état de Borno, l’UNICEF estime que 49 000 d’entre eux – près d’1 sur 5 - mourront s’ils ne sont pas pris en charge.

«  En moyenne, ce sont 134 enfants qui mourront chaque jour des conséquences liées à la malnutrition aigue sévère, si les interventions ne sont pas revues à la hausse rapidement » estime Manuel Fontaine, Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, de retour d’une visite dans l’Etat de Borno. « Nous avons besoin que tous nos partenaires et donateurs se mobilisent pour empêcher la mort d’autres enfants. Personne ne peut surmonter une crise de cette ampleur seul. » 

En visitant les sites récemment accessibles, auparavant sous le contrôle de Boko Haram, Manuel Fontaine a pu voir des villes détruites accueillant des familles déplacées, le manque d’accès à l’hygiène, à l’eau et à la nourriture, et des milliers d’enfants affaiblis ayant désespérément besoin d’aide. 

« Il y a encore 2 millions de personne auxquelles nous n’avons pas encore accès dans l’état de Borno, ce qui veut dire que la véritable ampleur de cette crise reste à découvrir » explique Manuel Fontaine. « Il y a des organisations sur le terrain qui font un travail remarquable, mais aucun de nous n’est en mesure de travailler à hauteur du besoin. Il faut en faire plus ! »

L’UNICEF travaille avec ses partenaires pour identifier et traiter les enfants souffrant de malnutrition mais également pour améliorer l’accès à l’eau et l’assainissement. La réponse humanitaire de l’UNICEF inclut également l’accès aux soins médicaux, la vaccination, l’éducation et le soutien psychologique des enfants affectés par la violence.

Début 2016, l’UNICEF a lancé un appel de 55,5 millions de dollars pour répondre aux besoins humanitaires dans le nord-est du Nigéria, mais n’a reçu à ce jour que 23 millions de dollars, soit 41% des besoins. Durant les prochaines semaines, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance va pouvoir accéder à de nouvelles zones avec des besoins humanitaires importants et s’attend à voir augmenter d’autant les besoins financiers.
 

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