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Au cours des deux dernières années, les familles de la bande de Gaza ont été déplacées à plusieurs reprises et ont tout perdu. © UNICEF/UNI901340/Nateel
© UNICEF/UNI901340/Nateel

Chaque décision compte pour assurer la survie des enfants de Gaza

New-York, le 26 janvier 2026 – « Carl Skau, du PAM, et moi-même venons de rentrer de Gaza et de Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, où nous avons passé toute la semaine dernière. Je m’adresse à vous aujourd’hui avec à la fois de l’espoir et de l’inquiétude après cette visite.

Il s’agissait de ma cinquième visite dans l’État de Palestine depuis le début de la guerre. Pour la première fois depuis de nombreux mois, des signes laissent entrevoir que le cessez-le-feu, imparfait et fragile mais néanmoins vital, a un impact positif sur la vie de plus d’un million d’enfants.

Depuis la mise en place de l’accord de cessez-le-feu, nous avons constaté des améliorations ayant un impact sur la vie des enfants. Davantage de camions transportant de l’aide humanitaire vitale entrent à Gaza, même si cela ne suffit pas encore à répondre à l’ampleur des besoins.

Les produits commerciaux ont repris leur place sur les marchés, où l’on trouve désormais des légumes, des fruits, du poulet et des œufs. La situation en matière de sécurité alimentaire s’est améliorée et la famine a été endiguée. Des kits récréatifs destinés à aider les enfants à surmonter leur stress et leurs traumatismes ont enfin pu être distribués à des enfants qui n’avaient pas pu jouer librement depuis plus de deux ans. La disponibilité alimentaire a considérablement augmenté dans plusieurs régions.

L’UNICEF et ses partenaires ont fourni de l’eau potable à plus de 1,6 million de personnes, nous avons distribué des couvertures et des vêtements d’hiver à 700 000 personnes pour les aider à affronter le froid hivernal et nous avons récemment réussi à rétablir les services essentiels de soins intensifs pédiatriques à l’hôpital al-Shifa de Gaza.

Alors que les habitants retournent vers leur lieu d’origine, dans la mesure où cela leur est permis, leurs maisons étant pour la plupart détruites, nous leur fournissons des kits d’hygiène et de dignité, des vêtements chauds pour les enfants et des services de santé et de nutrition essentiels.

La deuxième phase d’une campagne de vaccination de rattrapage à l’échelle de Gaza est actuellement en cours et permet de vacciner de nombreux enfants qui n’ont pas pu bénéficier de ces vaccins vitaux pendant la guerre. Depuis octobre dernier, à la suite du cessez-le-feu, 72 centres nutritionnels soutenus par l’UNICEF ont été créés, portant le total à 196 dans toute la bande de Gaza.

Carl évoquera également les résultats obtenus par le PAM et ses partenaires depuis le cessez-le-feu. Ce sont des avancées importantes. Elles montrent ce qu’il est possible de réaliser lorsque les combats cessent, que l’engagement politique est maintenu et que l’accès humanitaire est autorisé.

Mais la situation reste extrêmement précaire et meurtrière pour de nombreux enfants.

Plus de 100 enfants ont été tués à Gaza depuis le cessez-le-feu début octobre. Malgré les progrès réalisés en matière de sécurité alimentaire, 100 000 enfants souffrent toujours de malnutrition aiguë et ont besoin de soins à long terme.

1,3 million de personnes, dont beaucoup d’enfants, sont dans le besoin urgent d’avoir accès à un abri décent. Les familles vivent dans des tentes et des bâtiments bombardés, exposées à de fortes pluies, des vents violents et des températures glaciales. La vie dans ces tentes est véritablement misérable. J’ai rencontré des parents qui doivent bruler des morceaux de plastique et de bois pour réchauffer leurs enfants. Nous avons malheureusement reçu des informations faisant état d’au moins 10 enfants morts d’hypothermie depuis le début de l’hiver.

La situation reste extrêmement critique, la survie des populations est en jeu.

Je tiens à exprimer ma profonde inquiétude quant aux conséquences du retrait de l’enregistrement des ONG internationales, qui risque de compromettre les opérations humanitaires et de limiter considérablement la fourniture et l’intensification de l’aide vitale à Gaza et en Cisjordanie. Nous comptons bien sûr beaucoup sur nos partenaires locaux, mais certains acteurs clés sont vraiment indispensables.

Et pourtant, au milieu de cette précarité et de cette destruction, il subsiste un espoir. L’UNICEF et ses partenaires du secteur de l’éducation soutiennent plus de 250 000 enfants afin qu’ils puissent reprendre leur scolarité. J’ai discuté avec une petite fille nommée Aya dans un centre d’apprentissage temporaire géré par l’UNICEF à Deir El Balah. Elle était plongée dans ses études.

Elle m’a dit qu’elle était très heureuse de pouvoir à nouveau apprendre, d’être avec ses amis et qu’elle rêvait de devenir infirmière pour aider toutes les personnes malades ou blessées pendant la guerre. Elle rêvait de voir Gaza en paix, avec des maisons reconstruites, des écoles qui fonctionnent, des magasins où faire ses courses et des parcs où se promener.

Au cours des derniers mois, nous avons œuvré pour que les enfants puissent reprendre leur scolarité et j’ai été très heureux de voir des dizaines d’enfants dans nos espaces d’apprentissage temporaires, arborant de grands sourires tandis qu’ils recevaient une éducation non formelle. Pour les enfants de Gaza, le retour en classe n’est pas seulement une question d’apprentissage. C’est un élément essentiel pour leur santé mentale et leur soutien psychosocial. Plus de 700 000 enfants d’âge scolaire dans la bande de Gaza sont privés d’éducation formelle depuis octobre 2023 et nous annoncerons cette semaine une grande campagne de retour à l’école.

Des progrès ont été réalisés, mais il reste encore beaucoup à faire.

L’UNICEF et le PAM font partie des principales agences qui viennent en aide aux enfants de Gaza.

Depuis le début du cessez-le-feu, l’UNICEF et le PAM ont acheminé plus de 10 000 camions d’aide humanitaire à Gaza, soit 80 % de l’ensemble des cargaisons humanitaires. Ensemble, nous menons une action nutritionnelle d’urgence. Nous travaillons conjointement sur des activités d’apprentissage, avec le PAM qui fournit des barres nutritionnelles aux enfants fréquentant les espaces d’apprentissage temporaires. Nous collaborons également dans le domaine de l’aide financière numérique, qui a bénéficié à plus d’un million de personnes à ce jour.

Si nous souhaitons véritablement créer un environnement propice pour les enfants de Gaza, un environnement qui les aide à se rapprocher du rêve d’Aya, trois éléments sont essentiels.

  • Tout d’abord, le cessez-le-feu doit être maintenu et progresser. La phase 2 n’est pas seulement une étape politique importante, mais une nécessité humanitaire. Nous sommes reconnaissants que la dépouille de Ran Gvili ait été retrouvée, nous permettant ainsi de progresser vers la phase 2. C’est l’occasion de transformer des améliorations fragiles en quelque chose de plus durable, notamment grâce à une reconstruction massive et à un environnement plus sûr pour les enfants.

Nous avons rencontré les autorités israéliennes et leur avons demandé d’ouvrir davantage de voies pour l’acheminement de l’aide humanitaire et des marchandises. Nous devons permettre aux personnes de circuler en toute sécurité pour se faire soigner, rejoindre leur famille et accéder aux services essentiels.

Nous demandons que le corridor de Rafah soit rouvert à la circulation dans les deux sens, comme annoncé, et qu’il le reste, afin que les enfants nécessitant une évacuation médicale urgente aient de meilleures chances d’être soignés. Il en va de même pour Kerem Shalom, Zikim, Kissofim, Erez Est et Erez Ouest. Tous les points de passage disponibles doivent fonctionner simultanément, avec des couloirs sécurisés via la Jordanie et l’Égypte. Sur le plan interne, la réouverture de la route de Salah Al Din améliorerait considérablement l’efficacité des transports.

Nous avons besoin d’améliorations à grande échelle en matière d’hébergement, notamment de tentes adaptées à l’hiver et de logements temporaires résistants. Nous avons besoin d’espaces d’apprentissage temporaires afin que les enfants puissent reprendre une forme d’éducation. Nous avons besoin de réparations urgentes des réseaux d’eau et d’électricité afin de rétablir les services de base.

  • Deuxièmement, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) représente une réelle opportunité pour améliorer l’accès humanitaire et progresser vers un rétablissement et une reconstruction rapides s’il est pleinement opérationnel et soutenu, donnant ainsi aux Palestiniens les moyens d’agir pour l’avenir.
  • Troisièmement, les opérations humanitaires doivent être planifiables et pouvoir servir à relancer rapidement le rétablissement et la reconstruction. Les fournitures essentielles pour l’eau et l’assainissement, y compris les articles dits à double usage que nous pouvons justifier pleinement, ainsi que les fournitures liées à l’apprentissage et à l’éducation doivent être autorisées. Nous avons aujourd’hui des indications selon lesquelles certains matériels pédagogiques commenceraient à être approuvés. Les acteurs humanitaires des Nations unies sur le terrain disposent également des contacts nécessaires, connaissent les contextes dans lesquels les systèmes sont défaillants et savent ce qu’il faut faire pour y remédier. Ils sont donc les mieux placés pour soutenir les plans de reconstruction et de rétablissement rapide conformément aux normes et standards internationaux.

Le PAM et l’UNICEF sont prêts à intensifier leurs efforts. Nous avons des stocks de fournitures disponibles. Nous avons une équipe formidable qui fait un excellent travail sur le terrain. Nous avons des plans qui peuvent être mis en œuvre immédiatement si l’accès nous est accordé et que nous passons rapidement à la phase deux.

Les enfants de Gaza et de l’État de Palestine, y compris de Cisjordanie, qui connaît également une vague de violence, n’ont pas besoin de compassion. Ils ont besoin de décisions immédiates qui leur apportent chaleur, sécurité, nourriture, éducation et un avenir.

Nous avons une occasion, une fenêtre, pour changer la trajectoire de vie de ces enfants. Nous ne pouvons pas la laisser passer.

Merci ».

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