Dans les mines de diamants…

Publié le 06 novembre 2009 | Modifié le 31 mars 2016

En République démocratique du Congo, de nombreux enfants travaillent dans les mines de diamants. Ils mettent leur vie, leur santé et leur avenir en danger. Alessandra Dentice, responsable de la protection des enfants au bureau de l’Unicef en RDC, nous parle de ce phénomène dramatique.

Combien d’enfants travaillent actuellement dans les mines de RDC ?
Nous ne savons pas précisément combien d’enfants sont impliqués dans ce travail. Une étude de 2006 donnait environ 43 880 enfants dans les mines dans la zone Sud , avec 12 000 dans le Kasaï Occidental, 11 880 dans le Kasai Oriental et 20 000 dans le Katanga. Mais cela reste très flou aujourd’hui. Certains de ces enfants travaillent dans les mines toute la journée, d’autres vont à l’école une partie de la journée. D’autres encore travaillent dans les commerces autour de ces exploitations minières. Et il y a aussi des mines plus à l’est, dans la zone de conflits !

Quels risques pour ces enfants qui descendent dans les mines ?
Ils sont dans une situation de risque extrême. Sous terre, ils manquent d’air, ils développent des maladies des poumons, des emphysèmes… Ils descendent parfois jusqu’à 70 mètres de profondeur! Ces enfants évoluent dans de toutes petites galeries et les exploitants leur donnent simplement de l’aspirine pour tenir. Certains de ces enfants deviennent ensuite accros à ce médicament ou à d’autres. Et l’avenir de ces jeunes travailleurs est compromis : ils sont nombreux à ne pas aller à l’école.

Mais il faut aussi parler de la prostitution dans ces zones. Des filles mineures se prostituent. Elles ont pour clients les hommes qui travaillent dans ces mines de diamants. 

Comment aider ces enfants ?
Travailler avec ces enfants est très difficile car le tissu socio-économique est fragile. Ces régions sont très pauvres, le travail à la mine pour les enfants va donc de soi dans de nombreuses familles et communautés. Il y a donc tout un travail de plaidoyer et d’information à faire pour montrer qu’il existe d’autres opportunités pour les enfants. Nous essayons donc aujourd’hui d’aller plus loin qu’une simple prise en charge – éducative, médicale, psychosociale - de ces jeunes. Il faut  dialoguer avec les chefs de village, qui sont souvent les autorités principales de gestion des mines. Leur expliquer que ce travail à la mine est un vrai danger pour les enfants. C’est un travail de très longue haleine.

Vous parlez d’autres opportunités pour ces régions?
Nous travaillons en ce moment avec la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) pour développer les opportunités agricoles en RDC. Nous travaillons avec les autorités, les partenaires dans le pays pour développer ce secteur. Il faut lutter contre la fragilité économique qui touche le pays et donc les enfants.

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