L’histoire de Laxmi, jeune népalaise heureuse de retourner à l’école

Publié le 07 juillet 2015 | Modifié le 31 août 2015

Cinq semaines après le séisme qui a ébranlé le Népal, les enfants reprenaient le chemin de l’école. Ce jour-là, le 31 mai 2015, l’UNICEF était présent pour accompagner les enfants népalais dans leur retour à l’école. Nous vous racontons cette journée inoubliable, tant les enfants étaient heureux de reprendre leur scolarité, avec l’histoire de Laxmi, 16 ans, symbole d’un pays qui retrouve progressivement une vie normale.

Le dernier jour du mois de mai a été très différent des précédents pour Laxmi Giri, 16 ans. Elle s’est levée, a commencé sa matinée en balayant le sol de son abri temporaire comportant deux chambres, puis a pelé des oignons et des calebasses pour le petit-déjeuner.

Les tâches sont bien réparties dans le foyer familial. Sa sœur Parbati est allée chercher de l’eau et la plus jeune sœur Janaki (ici en photo) a rapporté du bois pour la préparation du petit-déjeuner.

Le 31 mai, Laxmi et ses sœurs Parbati et Janaki ont dépoussiéré leurs manuels scolaires, déplié leurs uniformes fraîchement lavés, se sont fait des tresses, puis sont descendues de la colline vers leur école dans le village de Balephi, dans le district du Sindhupalchowk.

Grâce au soutien de l'UNICEF, l’école secondaire de Shree Balephi rouvrait ses portes après une interruption de cinq semaines due aux tremblements de terre qui ont secoué le Népal, dont un d’une magnitude de 7,8 le 25 avril 2015. Les salles de classe ont été sévèrement endommagées, comme 32 000 autres dans plusieurs districts touchés par le séisme.

Chacun met la main à la pâte

Laxmi est arrivée à l’école avec ses sœurs, portant fièrement sur le front une tika rouge, en signe de porte-bonheur pour la journée (voir la photo principale en haut de page). Elle fut perturbée de voir la foule rassemblée dans les champs de maïs autour de l’école. Puis en s’approchant, elle a vu quelques professeurs en train de creuser des trous, quelques membres du comité de gestion de l’école scier des bambous, et quelques parents du voisinage déblayer le champ de maïs. Elle observa aussi sa camarade de classe Ramesh Shrestha aider un professeur à ériger un poteau. C’est alors qu’elle réalisa que tout le monde participait à la mise en place d’une école temporaire.

 

Le visage lumineux de Laxmi rayonna de plus belle quand elle salua ses professeurs et retrouva ses meilleurs amis

Les élèves de 10e année se mirent immédiatement à l’action et aidèrent à porter des bureaux, des bancs et des tapis à mettre dans la tente. Avec l’aide de tous, l’école de fortune fut prête en une heure et demie !

Peu après 11 heures, les élèves se sont rassemblés dans l’école et ont commencé à chanter l’hymne national. Après cela, les professeurs se sont assis dans la tente avec les élèves et ont évoqué ensemble leur ressenti et leur changement de vie suite aux tremblements de terre.

Des leçons de vie

Les enfants de Balephi n’ont pas uniquement été témoins de la dévastation et de la destruction ; les tremblements de terre leur ont aussi donné des leçons de vie indélébiles.
Nabina Ban, une élève de 10e année, raconte. Elle était en train de couper de l’herbe sur une pente abrupte lorsque le second tremblement de terre frappa : « Je ne pense pas que je vais avoir peur d’autre chose dans ma vie, ayant vécu trois secousses tellement énormes. J’ai tout de suite couru vers un endroit sûr, d’où j’ai vu la route en contrebas se fendre en deux et la pente au-dessus de moi glisser. »
Et d’ajouter, en se souvenant de son amie Anita, dont le corps a été trouvé sous un lit après le séisme : « Ça ne sert à rien de se cacher sous un lit en bois quand toute la maison peut s’effondrer. »
Pour Laxmi Giri, la leçon est de changer la manière de construire les maisons du village : « Il faudrait assez d’espaces ouverts pour que tout le monde puisse se mettre en sécurité sans rencontrer d’obstacles. »

Plus qu’un bâtiment, l’école est un état d’esprit

Les professeurs de l’école secondaire Shree Balephi se sont unis pour offrir aux enfants un environnement d’apprentissage sécurisé. Le directeur Hari Sharan Nepal raconte : « Nous allons fournir des manuels scolaires et des uniformes gratuitement, et bientôt nous construirons des toilettes temporaires. Nous invitons les parents à une réunion et faisons des visites de porte à porte pour décourager l’abandon scolaire. »

Les professeurs ont cotisé pour acheter des ventilateurs pour les tentes et ont pris contact avec le bureau du District pour l’éducation afin d’avoir plus de soutien. Le professeur Balram Khanal résume bien l’esprit de cette rentrée scolaire : « L’école n’est pas uniquement un bâtiment ; c’est un lieu de vie, et il est de notre responsabilité à tous de le garder vivant, quoi qu’il arrive. »

Les besoins restent énormes

Laxmi Giri et ses amis de l’école secondaire Shree Balephi ont de la chance d’avoir pu recommencer les cours le 31 mai, comme les élèves de 137 autres écoles à ce stade-ci. Mais des milliers d’autres enfants attendent encore que leur école rouvre ses portes. 4 668 écoles devraient être construites grâce au soutien de l'UNICEF dans les districts les plus touchés. Et près d’un million d’enfants népalais, en âge d’être scolarisés, reprennent progressivement le chemin de l’école…

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