Le cauchemar éveillé des enfants d’Alep

Publié le 06 octobre 2016 | Modifié le 19 septembre 2017

Les enfants d’Alep sont pris au piège. Tués, blessés sans accès à des soins, traumatisés, ils sont victimes d’un conflit qui dure depuis bien trop longtemps en Syrie.

Comment ne pas être interpellé ? Comment ne pas être choqué ? Comment ne pas être révolté lorsque l’on connait la situation des enfants pris au piège dans la ville d’Alep en Syrie ?

Selon  Justin Forsyth, le Directeur exécutif adjoint de l'UNICEF, les enfants piégés d’Alep « vivent un cauchemar éveillé. Il n’y a pas de mots pour décrire la souffrance qu’ils endurent ».
Le mot « cauchemar » est loin d’être exagéré : entre les 23 et 28 septembre, 96 enfants ont été tués et 223 blessés à l’Est d’Alep.

Des vies brisées

96 enfants tués. Peut-on concevoir une telle horreur ? 96 enfants, c’est l’équivalent d’environ 4 classes. 96 enfants, ce sont 96 vies anéanties par un conflit dont elles ne sont en rien responsables. 96 enfants, ce sont des dizaines de fils, de filles, de frères, de soeurs, de cousins, de nièces et de neveux qui ne grandiront jamais.

Quant aux 223 autres enfants blessés, leur sort est incertain : le système de santé à l’Est d’Alep est en ruine avec seulement 30 médecins à la fin du mois de septembre, pratiquement aucun équipement ni matériel médical d’urgence pour soigner les blessés, et un nombre toujours croissant de cas de traumatismes.

Un médecin sur place a indiqué à l'UNICEF que les enfants ayant de faibles chances de survivre sont trop souvent laissés pour morts, compte tenu de la capacité d’accueil limitée et du manque d’équipements.

Souffrances et traumatismes

A Alep, les 275 000 civils pris au piège tentent de survivre depuis plusieurs semaines à une opération aérienne et terrestre sans précédent bombardant notamment délibérément des hôpitaux, ce que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon a qualifié de « crime de guerre ».

« Rien ne justifie de telles attaques sur les enfants et un tel manque de respect pour la vie humaine. Nous n’avons jamais vu une telle souffrance – et de tels traumatismes pour les enfants. »

Dans le reste de la Syrie, l'UNICEF a livré des fournitures médicales et nutritionnelles pour environ 7 000 personnes pour la communauté assiégée de Moadamiyeh dans le cadre d'un convoi humanitaire inter-agences des Nations unies. A 11km de la capitale, Damas, Moadamiyeh est une ville de 45 000 personnes dont environ 20 000 enfants. C'était le premier convoi humanitaire à atteindre la communauté depuis le 24 juillet.
Par ailleurs, l’UNICEF a livré de l'aide de première nécessité à 60 000 personnes à Madaya, Zabadani, Foah et Kafraya le lundi 26 septembre.

Il est en revanche extrêmement difficile d’accéder à Alep. Cette ville, l’une des plus vieilles du monde, est devenue  le tombeau de trop nombreux enfants qui ne voulaient rien d’autre que d’aller à l’école, de jouer et de vivre en paix. Ces meurtres d’enfants innocents doivent cesser.

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