Redoubler d'efforts pour mettre fin aux mutilations génitales féminines

Publié le 24 novembre 2020

UNICEF, en tant que garant des droits fondamentaux des enfants et des adolescentes, s’est fixé pour but de mettre fin aux mutilations génitales féminines d’ici à 2030. Un objectif ambitieux qui rencontre encore trop d’obstacles, qui meurtrissent la vie de millions de filles et adolescentes dans le monde.

Reconnues au niveau international comme une violation des droits de l'Homme et une forme extrême de violence à l'égard des filles, les mutilations génitales féminines (MGF) mettent la santé des filles en danger et peuvent avoir des conséquences physiques, psychologiques et sociales à long terme. Les MGF les privent de leurs droits et de leurs chances de réaliser pleinement leur potentiel.

Grâce aux efforts conjoints visant à lutter contre ces pratiques sexistes, les MGF ont décliné et des progrès ont pu être observés au cours de ces dernières décennies :

  • La prévalence des MGF dans le monde a diminué dans les 31 pays possédant des données représentatives sur le plan national – passant de 47 % à 34% en 25 ans,
  • Deux fois plus de femmes dans les pays à forte prévalence qu'il y a 20 ans souhaitent que cette pratique disparaisse.

Toutefois, malgré ces progrès, ces pratiques sociales et culturelles profondément dangereuses restent encore répandues dans de nombreuses régions du monde.

Des progrès qui ne sont pas universels et suffisamment rapides.

D’après les estimations, au moins 200 millions de filles et de femmes vivantes aujourd’hui ont subi des MGF dans les 31 pays pour lesquels des données sont disponibles. Il est impératif de redoubler d’efforts, car même dans les pays où cette pratique est devenue moins courante, les progrès devraient être 10 fois plus rapides pour atteindre l’objectif d’éliminer les MGF d’ici 2030.  Chaque année, plus de 4 millions de filles sont menacées de subir des MGF, dont la plupart sont excisées avant leurs 15 ans.

Une augmentation alarmante de la médicalisation de la pratique est aussi observée : 1 fille et femme sur 4 ayant subi des MGF – soit 52 millions dans le monde, ont été excisées par du personnel de santé. Cette pratique est deux fois plus élevée chez les adolescentes, ce qui traduit qu’il s’agit d’un phénomène récent et en augmentation.

Qui plus est, la pandémie de Covid-19 représente une autre menace sur les droits des filles. La pandémie met en effet à mal les efforts entrepris en matière de lutte contre les mutilations génitales féminines avec un risque de recul des progrès réalisés à ce jour :    

Les crises de santé publiques, telles que celle que nous vivons aujourd’hui, affectent de manière disproportionnée les filles  adolescentes. Elles se retrouvent isolée, en perte de lien social, exposées à un risque accru de violence, d’abus et d’exploitation, n’ont plus accès ’ aux services d’éducation, de santé reproductive et de protection, perte de moyens de subsistance, … Ces facteurs aggravants menacent cruellement de freiner les efforts menés de lutte contre les MGF et donc de retarder les progrès accomplis à date.

UNICEF, en collaboration avec les communautés, et ses partenaires, se mobilise pour réduire l’impact de la pandémie sur les filles et leurs familles.

Redoubler d’efforts pour mettre fin aux MGF

UNICEF, comme acteur historique en matière de lutte contre l’excision et les mutilations génitales sexuelles, œuvre et met à profit son expertise pour l’ensemble des acteurs mobilisés dans ce combat collectif, pouvoirs publics comme professionnels de santé et associations. UNICEF travaille avec les autorités des pays dans lesquels les mutilations génitales constituent encore un véritable danger pour les filles.  

Ainsi, pour éliminer les MGF qui sont une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes, UNICEF insiste sur la nécessité de :

  • élaborer des politiques et des lois destinées à y mettre fin et à les interdire’ - il faut donc un engagement politique fort;
  • d’apporter une réponse intersectorielle intégrée ;
  • d’investir durablement et financièrement dans des services de prévention, protection et des soins de qualité ;
  • d’œuvrer au changement des normes et pratiques sociales à l’échelle communautaire ;
  • et sensibiliser les filles à leurs droits.

UNICEF et le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) dirigent conjointement le plus vaste programme mondial visant à mettre fin aux mutilations génitales féminines :

  • Depuis la création du programme en 2008, 13 pays ont adopté des lois interdisant les mutilations génitales féminines à l’échelle nationale.
  • Plus de 25 millions de personnes réparties dans quelque 18 000 communautés de 15 pays se sont publiquement prononcées pour l’abolition de ces violences.
  • Plus de 2,3 millions de filles et de femmes au sein des 17 pays du Programme conjoint ont bénéficié de services de protection et de soins liés aux mutilations génitales féminines.
  • Près de 700 affaires ont été portées en justice.
  • Le financement des services et des programmes de lutte contre les mutilations génitales féminines a été intégré au budget national de 12 pays.
  • Chacun des 17 pays du Programme conjoint utilise des systèmes efficaces de gestion de l’information afin d’améliorer l’analyse des données et la prise de décisions relatives aux mutilations génitales féminines.

Face à la pandémie actuelle, les stratégies d’élimination des MGF ont aussi dû être adaptées. Par exemple, suite à l’isolement social, la mobilité limitée et l’accès limité aux services de premières lignes, des approches digitales ont vu naître au Burkina Faso, en Egypte, au Kenya, au Nigeria, en Somalie, et au Soudan. Ainsi, l'intensification de l'engagement numérique a été identifiée comme un moyen d'atténuer le risque de MGF des filles et de poursuivre les initiatives communautaires en l'absence de contact en personne pour prévenir les pratiques néfastes. Soutenir l'accès aux outils numériques pour l'éducation, la santé, services de soutien psychosocial et de protection sociale pour adolescents et leurs familles, est essentiel dans le contexte actuel.
 

A l’occasion du 25 novembre, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des filles et des femmes, il est essentiel de rappeler l’urgence de toutes et tous se mobiliser pour mettre fin aux mutilations génitales féminines et ainsi, offrir un avenir meilleur aux filles et adolescentes dans le monde.